Le programme Bold Eagle met à l’épreuve la force de caractère des candidats

Le 19 août 2025 - Tim Bryant, La Sentinelle de l’Ouest

« Ne vous sous-estimez jamais. Tout est possible, il suffit d’y croire. »

Voilà ce qu’a déclaré la soldate Madison Turner, âgé de 19 ans, peu après avoir obtenu son diplôme du programme Bold Eagle 2025.

Originaire de Saskatoon, en Saskatchewan, et membre des nations dakota et crie de Wahpeton, la soldate Turner a dû faire preuve d’une grande détermination tout au long du programme. Elle a avoué avoir sérieusement envisagé, à plusieurs reprises, de plier bagage et de rentrer chez elle.

« Je me disais : “Bon, encore cinq jours. Je me donne encore cinq jours. Et si je suis complètement à bout, je rentrerai chez moi” », a-t-elle raconté après la cérémonie de fin de cours, le 8 août. « Je me suis simplement accroché et j’ai tenu bon jusqu’à aujourd’hui, la cérémonie de fin de cours. »

Les cinq semaines de Qualification militaire de base (QMB) ont été éprouvantes pour tous les candidats au programme Bold Eagle, mais le jeu en valait la chandelle, a expliqué la soldate Turner.

« Sur le moment, je ne pouvais pas dire que c’était formidable », a-t-elle déclaré. « Mais aujourd’hui, alors que nous sommes à la cérémonie de fin de cours, c’était formidable. »

Bold Eagle est un programme d’été à l’intention des Autochtones offert à la Base des Forces canadiennes (BFC) Wainwright, en Alberta. Le programme Bold Eagle est le plus vaste et le plus ancien des cinq programmes d’été à l’intention des Autochtones offerts par les FAC à travers le pays. Il a été lancé en 1989 à Prince Albert, en Saskatchewan.

Cette année marque une étape importante pour le Programme, qui en est à sa 35e édition. Il y a eu une interruption d’un an en 2020 en raison de la pandémie de COVID-19.

Le programme Bold Eagle est ouvert à toute personne autochtone du Canada, a rappelé le capitaine Trent Gervais, coordonnateur du programme. Pour participer au Programme, les personnes qui satisfont aux exigences suivantes sont les bienvenues : avoir au moins 16 ans, être un ou une Autochtone, et n’avoir jamais suivi un programme d’instruction d’été à l’intention des Autochtones ni la QMB.

Cette année, 47 personnes ont réussi le programme et ont obtenu leur diplôme lors d’une cérémonie où elles ont été félicitées et célébrées par leurs pairs, leurs amis, leurs familles et les dirigeants des FAC.

Les diplômés ont aussi la possibilité de poursuivre leur carrière au sein des FAC, s’ils le souhaitent. Ils peuvent également se contenter de terminer le programme puis de reprendre leur vie en ayant, de surcroît dans leurs bagages, les acquis d’un été à Wainwright.

Peu importe ce que les diplômés feront après Bold Eagle, ou les raisons qui les ont poussés à participer au programme, le capitaine Gervais affirme qu’ils en retirent tous quelque chose.

« Je pense que bon nombre d’entre eux viennent ici à la recherche de plus », ajoute-t-il. « Peut-être est-ce le goût de l’aventure. Ou bien l’aspect financier. Ou encore l’aspect social. Ou peut-être est-ce la discipline et la rigueur de la vie militaire qui les attirent.

C’est ce que nous souhaitons offrir à tous les candidats qui viennent ici, en espérant qu’ils trouveront quelque chose qui leur plaît vraiment. »

Pour finir, il a déclaré que des programmes tels que Bold Eagle, ou le simple fait de rejoindre les FAC sans avoir participé à Bold Eagle, offrent aux jeunes autochtones un moyen de se présenter au monde de manière constructive et positive.

Il n’en reste pas moins que la décision de participer à Bold Eagle relève du choix personnel de chacun.

La soldate Turner a déclaré avoir eu deux raisons de se lancer dans cette aventure.

« Je souhaitais le faire pour me prouver que tout est possible », a-t-elle déclaré. « Je tenais également à montrer l’exemple à mes proches plus jeunes et à être un modèle pour eux. »

Elle a indiqué avoir entendu parler de Bold Eagle par un ami. Cet ami lui a dit que l’expérience avait été difficile et éprouvante, mais qu’il l’encourageait tout de même à s’inscrire.

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Les diplômés du programme Bold Eagle 2025 effectuent un salut général lors de la cérémonie de fin de cours, le 8 août, à la BFC Wainwright.

Photo prise par la Sdt Dessa Wander Obscura, du Groupe de soutien de la 3e Division du Canada (Wainwright)

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Le lieutenant-général Michael Wright, commandant de l’Armée canadienne, effectue la revue des finissants de Bold Eagle 2025.

Photo prise par la Sdt Dessa Wander Obscura, du Groupe de soutien de la 3e Division du Canada (Wainwright)

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Les diplômés du programme Bold Eagle 2025 défilent devant les tipis qu’ils ont installés avant la cérémonie de fin de cours, le 8 août, à la BFC Wainwright.

Photo prise par l’aviatrice Natalie Chilcott, de la section d’imagerie de la BFC Wainwright

Le défi s’est avéré de taille, en grande partie à cause de la solitude, alors qu’elle s’efforçait de tenir bon « cinq jours de plus ».

« L’expérience m’a fait sortir de ma zone de confort, et je ne pouvais parler ni à ma famille ni à mes amis », a-t-elle ajouté.

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Les diplômés du programme Bold Eagle 2025 participent à une course pour construire un tipi avant la cérémonie de fin de cours, le 8 août à la Base des Forces canadiennes Wainwright.

Photo prise par l’aviatrice Natalie Chilcott, de la section d’imagerie de la BFC Wainwright

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Une personne exécute une performance de danse lors de la cérémonie de fin de cours du programme Bold Eagle 2025, le 8 août, à la BFC Wainwright.

Photo prise par la Sdt Dessa Wander Obscura, du Groupe de soutien de la 3e Division du Canada (Wainwright)

Néanmoins, Bold Eagle favorise la camaraderie, et la soldate Turner s’est fait de nouveaux amis parmi ses camarades de peloton.

« Je pense que ce qui m’a aidée à tenir le coup, ce sont ces nouveaux amis qui partageaient la même expérience que moi, celle de se sentir seul, et le fait d’être là les uns pour les autres », a-t-elle déclaré.

Pour le soldat Jakob Nault, un Métis de 21 ans originaire d’Edmonton, en Alberta, le programme Bold Eagle a été l’occasion de découvrir l’esprit communautaire, le travail d’équipe et la famille.

« Je voulais faire partie de quelque chose de plus grand que moi, explique-t-il. Mes attentes envers le programme Bold Eagle ont été surpassées. »

À son arrivée à Wainwright, le soldat Nault a déclaré qu’il ne savait pas à quoi s’attendre. Les instructeurs, le personnel et ses camarades ont joué un rôle essentiel pour l’aider à traverser cette expérience.

« Il y a eu des moments difficiles, mais je suis fier de pouvoir dire que tout cela en a valu la peine », a-t-il déclaré.

Tout comme la soldate Turner, le soldat Nault a déclaré qu’il lui était arrivé de se sentir dépassé par les événements. Il a raconté comment, au début, il lui arrivait parfois de se demander s’il allait y arriver et s’il était suffisamment préparé.

Il a expliqué que c’est dans ces moments-là qu’il s’est souvenu des paroles de son commandant adjoint du peloton, le caporal-chef Mabrouk Echikr.

« Il répétait constamment : “Dites-vous : je peux y arriver, je vais y arriver, je dois y arriver. Et continuez à persévérer.” » a précisé le soldat Nault. « C’est une leçon dont je vais me souvenir à l’avenir. “Je peux y arriver. Je dois y arriver. Je vais y arriver.” C’est ce qui me motive à aller de l’avant dans la vie. »

Quels sont les projets d’avenir du soldat Nault?

Rien n’est encore officiel, mais il a indiqué qu’il prévoyait de rester dans les FAC et qu’il était en cours de mutation vers le South Alberta Light Horse à Edmonton.

« J’espère que je serai un bon militaire dans cette unité de réserve », a-t-il déclaré.

L’avenir de la soldate Turner est un peu plus nuageux, au sens propre comme au figuré.

Plus jeune, elle souhaitait devenir pilote. Ce rêve s’est estompé au fil des ans, et elle a commencé à développer un intérêt pour le droit autochtone. Toutefois, lors de la journée des carrières du programme Bold Eagle, elle a eu l’occasion de voir l’intérieur d’un hélicoptère et de discuter avec les aviateurs au sujet de leur travail.

« À ce moment-là, ma flamme s’est ravivée », a-t-elle déclaré.

Maintenant diplômé du programme Bold Eagle, le soldat Nault recommande vivement aux autres jeunes autochtones de s’inscrire au programme. Il espère toutefois que, même s’ils ne suivent pas sa recommandation, ils vivront leur vie au jour le jour.

« Prenez chaque jour comme il vient, a-t-il déclaré. Croyez en vous-même. Croyez en vos camarades. Ne vous dites jamais que vous ne pouvez pas faire quelque chose. Dans la vie, la seule chose qui vous limite, ce sont les contraintes que vous établissez pour vous-même. Sans elles, rien n’est impossible. »

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La lieutenante-gouverneure de la Saskatchewan, Bernadette McIntyre, effectue la revue des diplômés du programme Bold Eagle 2025.

Photo prise par l’aviatrice Natalie Chilcott, de la section d’imagerie de la BFC Wainwright

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Pour la première fois dans l’histoire du programme Bold Eagle, la cérémonie de fin de cours a été marquée par un défilé aérien de l’avion CF-188 Hornet de l’Aviation royale canadienne.

Photo prise par l’aviatrice Natalie Chilcott, de la section d’imagerie de la BFC Wainwright

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2025-08-19