Semaine des vétérans 2021 – conférenciers des FAC présentant une allocution destinée aux jeunes de la 3e à la 6e année du primaire
Vidéo / Le 22 octobre 2021
Transcription
Quand on parle de se souvenir de nos vétérans, qu’est-ce que ça veut dire pour vous?
Vous pensez peut-être à la guerre – comme les grandes guerres auxquelles le Canada a participé dans le passé.
Vous pensez peut-être à des personnes.
Aux militaires qui ont participé à ces guerres…
Ou à leurs familles, qui s’inquiétaient pour eux.
Vous pensez peut-être aux personnes dans votre propre vie qui ont servi dans les forces armées, ou qui servent aujourd’hui.
Pour moi, se souvenir de nos vétérans, c’est se souvenir de leurs histoires.
Et c’est partager ces histoires avec d’autres personnes pour qu’elles puissent, elles aussi, s’en inspirer.
Je suis membre des Forces armées canadiennes.
Cela veut dire que je suis responsable d’assurer la sécurité des autres – c’est-à-dire des Canadiens et des Canadiennes, mais aussi de nos amis partout à travers le monde quand ils sont en danger.
Les membres des Forces armées canadiennes comme moi aident nos communautés à lutter contre les inondations, les feux et les tempêtes de verglas – nous avons aussi prêté main-forte aux gens pendant la pandémie.
Nous aidons les militaires d’autres pays à s’entraîner pour qu’ils puissent, eux aussi, protéger leurs citoyens.
Et, quand il le faut, nous participons à des guerres.
C’est un travail difficile.
Certains membres des Forces armées canadiennes sont gravement blessés dans l’exercice de leur travail.
Il arrive même que certains ne reviennent jamais chez eux.
Mais ce qui me motive, c’est de savoir que je fais une différence… et que je fais partie d’une fière tradition avec tous les militaires qui sont venus avant moi.
Aujourd’hui, j’aimerais vous raconter quelques histoires sur ces militaires.
Des histoires qui m’inspirent à être un meilleur militaire.
Un meilleur Canadien.
Une meilleure personne.
Imaginez-vous que nous sommes en 1916 – plus d’un siècle dans le passé.
Vous avez quitté le Canada pour aller vous battre en France dans les tranchées.
Les tranchées sont pleines de boue, étroites et bondées.
Les tirs ennemis volent au-dessus de vos têtes.
Vous êtes loin de vos amis, de vos êtres chers et de votre maison.
C’est une période effrayante.
Vous êtes l’un des Canadiens qui participent à la bataille de la Somme – l’une des grandes batailles de la Première Guerre mondiale…
Une guerre qui a duré quatre longues années.
Maintenant, imaginez-vous que nous sommes en 1945 – tout à la fin de la Deuxième Guerre mondiale.
Vous êtes un pilote aux commandes d’un avion-chasseur.
Votre avion a été frappé et vous réussissez à vous échapper – mais seulement pour atterrir en territoire ennemi.
Vous courrez et vous vous cachez… et après quelques journées difficiles, vous avez la chance d’être secouru par vos amis.
C’est ce qui est arrivé au commandant d’aviation Hart Finlay. Il a survécu à la guerre et il est retourné au Canada.
Mais ce n’est pas tout le monde qui a eu cette chance.
Les histoires comme celles-ci, et comme les milliers d’autres histoires militaires du Canada sont des histoires de bravoures, de dévouement et de sacrifices.
Elles nous montrent aussi le coût terrible de la guerre.
Au total, ce sont plus de 100 000 Canadiens qui ont perdu la vie au cours des deux guerres mondiales.
Et beaucoup d’autres ont été blessés gravement ou ont souffert de problèmes de santé mentale à leur retour chez eux.
Il est important que nous nous souvenions de toutes leurs réalisations et de tous leurs sacrifices.
Mais il est aussi très important que nous nous souvenions de ceux qui n’ont pas été autorisés à servir d’une manière égale aux autres…
Au cours des premières années de la Première Guerre mondiale, beaucoup de Canadiens noirs n’ont pas pu s’enrôler dans les forces armées du Canada en raison de la couleur de leur peau.
Ils ont toutefois refusé d’accepter un « non » comme réponse et, en 1916, ils ont finalement été autorisés à servir dans une unité non combattante qui portait le nom de 2e Bataillon de construction.
Cette unité était composée entièrement de soldats canadiens noirs déterminés à servir leur pays.
Malheureusement, à leur retour au pays, ils n’ont pas reçu la pleine reconnaissance qu’ils méritaient.
Beaucoup d’années se sont écoulées avant que les gens reconnaissent à quel point le travail qu’ils avaient fait était important.
Alors que nous pensons à tous ceux et celles qui ont servi notre pays et qui se sont battus pour défendre notre liberté, il est donc important que nous prenions aussi le temps de réfléchir aux chapitres inconfortables de notre histoire.
Nous devons y réfléchir pour nous assurer de ne plus répéter les mêmes erreurs.
L’histoire militaire du Canada ne s’arrête pas en 1916.
De nombreuses années plus tard, nos forces armées luttaient dans un conflit qu’on appelle la guerre de Corée.
L’un des moments dont notre Armée est la plus fière s’est produit il y a 70 ans, pendant cette guerre.
Durant la bataille de Kapyong, environ 700 Canadiens ont dû faire face à 5 000 soldats ennemis. Et ce sont nos soldats canadiens qui ont gagné.
Cette bataille s’est déroulée sur la terre ferme, mais les Canadiens déployés en Corée ont aussi servi dans les airs et en mer.
Parmi ces braves Canadiens, il y avait un marin, Don Jatiouk, qui était opérateur radar à bord du NCSM Nootka.
Une nuit, il a remarqué un écho, sur l’écran de son radar, qui montrait qu’un navire ennemi posait des mines à proximité.
Il a donc averti son capitaine qu’il fallait modifier leur route, ce qui a permis de sauver la vie de beaucoup de personnes et, par la suite, d’aider à capturer le navire ennemi.
Puis, quelques années plus tard seulement, une crise a éclaté au Moyen-Orient pour le contrôle du canal de Suez. Le Canada a aidé en participant à l’une des premières missions de maintien de la paix des Nations Unies.
Même aujourd’hui, bien que le Canada ne participe à aucune guerre en ce moment, nos militaires continuent d’aider les gens dans le besoin.
Nous prêtons main-forte ici, au pays, quand des Canadiens et des Canadiennes sont en difficulté.
Et nous aidons nos alliés à l’étranger pour qu’eux aussi soient en sécurité.
Il y a des milliers d’histoires, de récits et d’anecdotes sur les militaires canadiens.
Des histoires qui nous parlent de notre pays et de ceux et celles qui le servent.
Certaines de ces histoires sont tristes.
Mais elles occupent aussi une place importante dans notre histoire.
Alors aujourd’hui – et chaque fois que vous le pouvez – j’aimerais que vous preniez un moment pour vous rappeler de ces histoires.
Et que vous vous souveniez des personnes qui sont au cœur de ces histoires, et qui ont tant donné pour nous.
Si vous connaissez des vétérans ou des militaires actifs, assurez-vous de leur dire merci.
Rendez-leur hommage, ainsi qu’à ceux et celles qui les ont précédés.
En portant le coquelicot…
En participant à des activités du jour du Souvenir ou de la Semaine des vétérans…
Et en prenant le temps d’en apprendre plus à leur sujet.
Nous nous souviendrons d’eux.
Merci.