Semaine des vétérans 2021 – conférenciers des FAC présentant une allocution générale destinée à un public de tous âges

Vidéo / Le 22 octobre 2021

Transcription

L’histoire militaire du Canada, ce n’est pas que des dates et des batailles.

C’est aussi des personnes.

Depuis plus de cent ans, les marins, soldats, aviateurs et membres des forces spéciales du Canada risquent leur vie dans un but commun : créer un monde meilleur.

Certains ont servi à l’étranger pour protéger nos alliés et défendre les droits et les libertés d’autres peuples.

D’autres sont venus en aide à leur collectivité en temps de crise – à la suite de feux ou d’inondations, ou pendant la pandémie.

Chacune de ces personnes a une histoire unique.

La Semaine des vétérans est l’occasion de se souvenir de leur service et de leurs sacrifices.

On se souvient de leur altruisme…
et de leur foi inébranlable dans la démocratie et la paix.

Je suis donc très honorée aujourd’hui de partager certains de leurs récits avec vous.

Des récits qui m’inspirent à être une meilleure militaire…

Une meilleure Canadienne… et une meilleure personne.

J’aimerais que vous vous imaginiez ceci.

Nous sommes en 1916. Vous êtes une jeune personne pleine d’énergie.

Vous avez laissé votre famille chez vous, à Terre-Neuve, et vous vous trouvez maintenant en France, près du village de Beaumont-Hamel. Vous êtes prêt à lutter pour assurer le retour de la paix et de la sécurité en Europe.

C’est le 1er juillet, et vous avancez avec 800 de vos compagnons d’armes vers le front.

Vous combattez sans relâche, alors que ceux qui sont à vos côtés tombent, et vous continuez d’avancer, jusque tard dans la nuit.

Le lendemain matin, il n’y a que 68 membres de votre régiment qui répondent à l’appel, vous compris. Ce sont 700 braves soldats qui manquent. Certains sont portés disparus, d’autres sont blessés, et certains ne répondront plus jamais à l’appel.

C’est ça le coût terrible de la guerre.

Plus de 62 000 Canadiens ont perdu la vie durant la Première Guerre mondiale…

Y compris environ 1 300 militaires du Dominion de Terre-Neuve, qui ont servi avec fierté au sein de leur propre régiment puisque Terre-Neuve n’était pas encore, à l’époque, une province canadienne.

Nous nous souvenons de leurs sacrifices incroyables – et des sacrifices de ceux qui ont été blessés ou qui ont souffert de problèmes de santé mentale à leur retour au pays.

Il nous faut toutefois aussi reconnaître qu’il n’était pas permis à tous de servir de la même manière… comme ce fut le cas notamment pour les membres du 2e Bataillon de construction.

Dans les premiers temps de la Première Guerre mondiale, de nombreux Canadiens noirs se sont vu refuser l’entrée dans les Forces armées canadiennes en raison de la couleur de leur peau.

Ces hommes ont refusé d’accepter un « non » comme réponse et, en 1916, tous en tant que volontaires, ils ont été autorisés à servir dans une unité ségréguée non combattante en France.

Nous ne devons jamais oublier leur détermination à servir leur pays malgré les préjugés dont ils étaient la cible.

Heureusement, les soldats du 2e Bataillon de construction reçoivent enfin la reconnaissance qui leur était due il y a plus de cent ans.

Leur récit en est un de courage et de vaillance extraordinaires en dépit de la haine et de la discrimination à leur égard.

Il constitue un exemple de la résilience, de l’altruisme et du dévouement de ceux et celles qui ont combattu pour notre pays.

Il nous rappelle aussi que nous avons encore du travail à faire pour lutter contre le racisme et l’injustice ici, chez nous.

Nous nous souvenons aussi de nos vétérans qui ont servi durant la Deuxième Guerre mondiale.

Des soldats comme l’adjudant deuxième classe John Robert Osborn qui, avec la compagnie sous ses ordres, s’est avancé sur le mont Butler pour le reprendre pendant la défense de Hong Kong, en 1941.

Ses hommes et lui ont mené une charge à la baïonnette et ont réussi à saisir le sommet des forces japonaises. Cependant, rendus au milieu de l’après-midi, ils se sont trouvés encerclés par les forces ennemies, et ils faisaient face à une pénurie de munitions et de provisions.

Alors que les balles et les grenades pleuvaient sur eux, John Osborn a courageusement ramassé de nombreuses grenades japonaises actives et les a renvoyées à l’ennemi.

Il y a toutefois une grenade qu’il n’a pas pu récupérer à temps. Lançant un cri d’avertissement à son peloton pour qu’il s’éloigne du danger, il a poussé ses hommes sur le côté et s’est jeté sur l’explosif. Il a été tué sur le coup.

Son courage a sauvé de nombreuses vies, et il a reçu la Croix de Victoria à titre posthume pour son acte de bravoure.

Dix ans plus tard et à quelques milliers de kilomètres de là, environ 700 Canadiens ont aidé à vaincre une force de 5 000 soldats chinois à Kapyong, pendant la guerre de Corée.

Même si les troupes ennemies avaient l’avantage numérique, nos forces se sont battues vaillamment et ont persévéré, envers et contre tout.

Alors que la bataille de Kapyong se déroulait sur terre, les Canadiens servant en Corée ont aussi combattu dans les airs et en mer.

Dans les airs, ils ont détruit les chasseurs ennemis et transporté des gens et des marchandises grandement requises.

Et sur l’eau, des marins comme Ted Jamieson, un membre autochtone des Forces armées canadiennes originaire de la bande Upper Cayuga des Six Nations, ont aidé à patrouiller dans les côtes, à perturber l’approvisionnement de l’ennemi et à mener des activités de surveillance.

Un spécialiste en guerre anti-sous-marine, le premier maître de 1re classe Jamieson a été envoyé en Corée à bord du NCSM Iroquois.

Par malheur, il se trouvait à bord du navire quand celui-ci a été attaqué le 2 octobre 1952 – une attaque qui a entraîné les seules pertes au combat de la Marine royale canadienne pendant cette guerre.

Ted Jamieson a survécu et est rentré au pays pour transmettre ses vastes connaissances à d’autres militaires, en tant qu’instructeur principal à l’École de l’Artillerie d’Halifax.

Peu de temps après la guerre de Corée, l’Organisation des Nations Unies a lancé son premier effort de maintien de la paix à grande échelle en réponse à la crise du canal de Suez.

C’est ainsi qu’en novembre 1956, des forces canadiennes se sont jointes à celles de neuf autres pays au Moyen-Orient dans le cadre de la toute première Force d’urgence des Nations Unies.

Leurs efforts ont permis de mettre fin à la crise et d’instaurer la paix dans cette région pour les dix années suivantes.

Plus tard, au début des années 1990, les Forces armées canadiennes sont retournées au Moyen-Orient pour participer à la guerre du Golfe.

On souligne, cette année, le 30e anniversaire de la fin de ce conflit.

Plus de 4 000 Canadiens et Canadiennes ont servi dans la région du golfe Persique en 1990 et en 1991, dont la major Lynn Doucette – une contrôleuse des armes aériennes originaire d’Ingonish Beach, en Nouvelle-Écosse.

Elle est partie en mission dans le golfe Persique en 1991 et a été affectée à une base aérienne américaine en Turquie.

Dans le cadre de cette affectation, elle était aux commandes d’un aéronef du système de surveillance et d’alerte aéroporté américain.

Elle surveillait attentivement l’ennemi et rapportait ce qu’elle observait sur le radar aux généraux sur le terrain. Elle leur faisait des recommandations sur les mesures à prendre.

Mais en tant que femme en uniforme, elle a dû surmonter des obstacles importants. Notamment, les restrictions culturelles locales de la base aérienne turque interdisaient aux femmes de mettre le pied dans les centres des opérations.

On lui refusait sa place à la table, en raison de son sexe.

Malgré tout, elle ne s’est pas laissée décourager et a continué d’accomplir son devoir avec excellence et bravoure.

Son travail, ainsi que celui de ses compagnons d’armes, a été essentiel au maintien du contrôle de l’espace aérien pendant la guerre du golfe Persique.

Nous avons répondu à l’appel à maintes reprises. Après les attaques survenues le 11 septembre 2001, nous avons entrepris nos opérations de combat en Afghanistan.

Ce sont plus de 40 000 membres des Forces armées canadiennes qui ont combattu courageusement pour aider la population de ce pays pendant ce conflit.

En plus des dangers intrinsèques au combat, les conditions étaient épouvantables et ont laissé des cicatrices profondes sur de nombreux militaires ayant servi pendant ce conflit.

Ils ont fait face à des chaleurs extrêmes.

À des tempêtes de poussière.

Et à la menace constante de bombes en bordure de route et d’autres engins explosifs.

Au total, 158 membres des Forces armées canadiennes ont consenti l’ultime sacrifice – dont la capitaine Nichola Goddard.

Elle était une leader formidable et une officière respectée, qui croyait en la nécessité de bâtir un monde meilleur pour les autres.

Et elle reste une source d’inspiration pour ceux et celles qui servent aujourd’hui.

Aujourd’hui, moi et d’autres personnes comme moi perpétuons l’héritage de ceux et celles qui nous ont précédés, que ce soit sur terre, dans les airs ou en mer.

Nos opérations dans le monde entier ont pour but d’appuyer nos alliés et nos partenaires.

Et, ici au pays, quand une catastrophe survient, nous sommes toujours prêts à prêter main-forte aux Canadiens et Canadiennes dans le besoin.

Quelle que soit la situation, nous trouvons toujours une façon d’aider. Nous nous adaptons. Nous apprenons. Nous assumons de nouveaux rôles.

Car c’est pour cela que nous nous sommes enrôlés dans les Forces armées canadiennes : pour défendre le Canada et sa population. Pour faire le bien dans le monde. Pour vivre une vie qui a un but et un sens.

Je vous encourage donc à profiter de chaque occasion pour réfléchir aux efforts déployés par nos membres des Forces armées canadiennes, passés et présents.

Célébrez la vie de ceux et celles qui sont revenus chez eux, qui ont survécu et qui ont pu fonder une famille et vieillir.

Honorez ceux et celles qui n’ont pas eu cette chance.

Et souvenez-vous qu’encore aujourd’hui, des milliers de militaires mettent leur vie en jeu pour défendre notre pays, notre peuple et nos valeurs.

Nous nous souviendrons d’eux.

Merci.

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2021-10-22