Entrevue Nouvelles de l’Équipe de la Défense : La capitaine Jan-Marie Gill et la caporale Natasha Schroeder nous parlent de l’exercice BRISONSLESPRÉJUGÉS
Vidéo / Le 30 mars 2022
Transcription
GG : Le 5e Groupe de patrouille des Rangers canadiens a récemment effectué l’exercice BRISONSLESPRÉJUGÉS à Terre-Neuve. Il s’agissait du premier exercice du genre, car seules des femmes y participaient. L’exercice a donné aux participantes l’occasion de mettre en pratique les compétences uniques des Rangers canadiens. De plus, des conférencières invitées ont parlé de leur expérience en tant que femmes au sein de l’Équipe de la Défense.
Aujourd’hui, deux personnes se joignent à nous : la principale responsable de la planification de l’exercice, la capitaine Jan-Marie Gill, et une des instructrices qui ont animé l’exercice, la caporale Natasha Schroeder.
Caporale Schroeder, quelles sont les compétences et les connaissances acquises par les Rangers canadiens dans le cadre de cet exercice?
NS : Nous nous sommes entraînées à allumer des réchauds et des lanternes, en plus d’avoir appris comment utiliser correctement les GPS, la procédure radio, ainsi que les cartes et les boussoles. Nous avons construit des abris à l’aide de matériels que nous avons trouvés dans le bois, nous avons établi un site de bivouac, ainsi que mis sur pied notre nouveau système de latrines accessible à tous les Rangers sur le terrain, système nous permettant de nous isoler davantage sur le terrain. À cet égard, nous avons discuté de l’hygiène féminine sur le terrain, sujet dont on ne parle pas habituellement, car les exercices sont souvent dirigés par des hommes. Ainsi, le fait d’avoir pu discuter avec elles de ce qu’il faut faire lorsqu’on a ses menstruations, de l’utilisation d’une coupe menstruelle, a été une expérience très révélatrice pour bien des gens, et c’était une discussion bien intéressante.
GG : Capitaine Gill, pouvez-vous nous dire pourquoi les exercices auxquels participent uniquement des femmes, comme l’exercice BRISONSLESPRÉJUGÉS, sont bénéfiques pour les personnes concernées, et pour l’ensemble des FAC?
JMG : L’exercice a permis aux femmes des Rangers canadiens et des Rangers juniors canadiens l’occasion de se rassembler, de mettre en valeur leurs compétences et leurs connaissances. Nous tenions à créer un environnement… où elles se sentaient appuyées et à l’aise de parler ouvertement de leurs préoccupations et de leurs questions, le cas échéant. Ainsi, elles ont appris que leur voix est entendue, que leurs préoccupations sont signalées à l’équipe de commandement, et qu’elles ont été des vecteurs de changement, parce que grâce au processus, nous constatons déjà que certains changements qu’elles ont demandés ont été entrepris au sein du 5 GPRC.
GG : Caporale Schroeder, y a-t-il un aspect ou l’autre de l’exercice qui vous a surprise?
NS : Témoigner de la camaraderie entre tous les Rangers canadiens, ainsi que les Rangers juniors canadiens, et les voir s’entraider et transmettre des compétences les unes aux autres. Les amours-propres n’avaient pas leur place durant l’exercice. Si quelqu’un avait une question, on prenait le temps de lui répondre, de sorte que toutes les participantes puissent acquérir ces compétences et qu’aucune d’entre elles ne soit laissée dans l’ignorance. C’était tout à fait merveilleux d’entendre les propos de femmes ayant entre 20 et 30 ans d’expérience dans les forces militaires et d’apprendre qu’il s’agissait de la première fois dans leur carrière qu’elles se trouvaient dans une pièce remplie de femmes. Cela me donne tant d’espoir et m’enthousiasme pour l’avenir des forces militaires canadiennes.
GG : Capitaine Gill, c’est à vous que revient le mot de la fin : y a-t-il autre chose que vous aimeriez souligner au sujet de l’exercice BRISONSLESPRÉJUGÉS?
JMG : C’était une expérience extraordinaire pour mon équipe du 5 GPRC et moi, car nous avons eu l’occasion d’échanger nos connaissances et nos compétences, et de nous présenter comme mentores aux nouveaux membres des Rangers, de même qu’aux jeunes Rangers juniors canadiens. Par ailleurs, les participantes ont eu l’occasion d’établir un système de réseautage; elles pourront désormais communiquer avec une personne qui comprend leurs préoccupations et elles jouiront de soutien si elles téléphonent à l’une d’entre nous.
GG : Merci à vous deux d’avoir échangé avec nous aujourd’hui.
NS : Merci.
JMG : Je vous en prie.