Récit des FAC | Un colonel honoraire honoré – Paul Hindo de l’Armée canadienne

Vidéo / Le 24 novembre 2020

Transcription

L’avion a atterri très rapidement. J’ai à peine eu le temps de demander « Quelle est l’urgence? » qu’ils ont pointé derrière nous, et on pouvait voir une sorte de fumée noire. J’ai dit « Qu’est-ce que c’est? », et mon officier d’escorte m’a répondu : « Monsieur, c’est là que se trouve Daech. »

Je m’appelle Paul Hindo et je suis colonel honoraire de l’Armée canadienne.

J’ai vécu à Bagdad, en Irak, jusqu’à l’âge de 14 ans. Bagdad en soi était une ville superbe. La ville était magnifique. On y trouvait plein de bâtiments historiques et d’architecture moderne. Il y avait une classe moyenne très florissante. J’y ai vécu une enfance très, très, très heureuse, en fait. En 1972, nous sommes venus en visite au Canada et, pendant notre séjour, un coup d’État modéré, si l’on veut, est survenu en Irak, et mes parents ont décidé à l’époque qu’il était préférable que nous restions au Canada.

Pendant ma première année de cégep, je cherchais un emploi d’été. Il y avait une publicité qui disait « Ça vous dirait d’être garde pour l’été? ». Tout ce que je sais ensuite, c’est que je me suis retrouvé dans ce manège militaire parmi les « Gauche, droite, gauche, droite, gauche, droite! ». Ma mère m’a demandé « Comment s’est passée ton entrevue? » et je lui ai répondu : « Maman, je crois que je viens de m’enrôler dans les Forces armées canadiennes. » Sa réaction a été : « Quoi? »

Quand mon employeur, Royal LePage Commercial, m’a fait déménager à Ottawa, j’ai en quelque sorte pris ma retraite des forces en tant que capitaine. Puis, en 2009, j’ai été nommé colonel honoraire des Cameron Highlanders of Ottawa. Ensuite, j’ai été nommé colonel honoraire de l’Armée canadienne. J’ai donc eu le privilège de visiter des pays intéressants, mais quand la possibilité est venue de visiter l’Irak, j’ai, bien sûr, sauté immédiatement sur l’occasion.

En fait, de nombreuses personnes m’ont déconseillé d’y retourner. Parce que je gardais de bons souvenirs de cette belle ville, de tous mes amis, des beaux quartiers. Le pays était en ruine. Ça brise le cœur. On se demande : « Comment avons-nous pu laisser les choses tourner aussi mal? » L’arrivée de mon vol à Bagdad était un moment assez émouvant pour moi. Je me disais « Oh oui, je me souviens de ça. C’est l’église où j’ai fait ma première communion. » Je voyais tout ça et… Mon père. Je me disais : « Oh, mon père, j’espère qu’il nous regarde de là-haut. »

Là-bas, c’était merveilleux de voir les Canadiens et les Canadiennes en action, de les voir offrir de la formation aux Irakiens pour les aider à devenir plus autonomes, à apprendre à se défendre et à redevenir maîtres chez eux. Et ce qui est intéressant, c’est de rencontrer des Irakiens et de voir leurs yeux qui s’ouvrent tout grands quand ils rencontrent un Canadien qui parle non seulement leur langue, mais leur dialecte. C’était une expérience très émouvante pour moi.

Nous vivons dans le meilleur pays. Notre plus grand défi est notre grande isolation. Parfois, notre vie est trop facile ici. Parfois, nous n’apprécions pas le travail de nos hommes et de nos femmes en uniforme autant que nous le devrions. Et je peux vous dire qu’ils permettent au Canada de dépasser de loin les attentes. Ça peut être difficile à voir maintenant, mais dans 10, 15, 20 ans, vous pourrez regarder en arrière avec fierté et vous dire : « J’ai participé à cette mission qui a permis de reconstruire tout le pays. »

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2020-11-24