Récit des FAC | Faire fleurir son talent dans les forces armées
Vidéo / Le 23 février 2024
Transcription
En musique classique, il faut montrer beaucoup de discipline, car il faut pratiquer tous les jours, rester en forme, dormir huit heures par nuit… le plus important, c’est la discipline. Dans les forces armées aussi, la discipline est un aspect clé, alors je pense que c’est l’une des choses les plus importantes que j’ai retiré de ma formation classique comme chanteuse d’opéra.
Je m’appelle Josée Sulyma, mais mon nom de jeune fille, c’est Fortin. Je suis maître de 1re classe et administratrice senior des ressources humaines à bord du NCSM Winnipeg.
Musique. Marche. Lente.
J’avais un ami qui étudiait comme moi la musique à l’université. Il s’est enrôlé comme trompettiste dans la Musique Royale du 22e Régiment. Et ça m’a convaincu que, oui, que les artistes pouvaient avoir leur place dans les forces armées.
En gros, je cherchais un défi à relever, quelque chose qui me donnerait la possibilité de voyager et de me rendre utile pour mon pays. Cet aspect-là comptait parce que me suis enrôlée durant la guerre en Afghanistan. C’est pourquoi j’ai choisi de me joindre à la Marine. Oh, l’instruction de base a été une partie de plaisir!
[Rires]
Il fallait apprendre à jouer son rôle et à devenir soldat. C’était défi après défi. Je n’étais pas parmi les plus jeunes, alors j’ai dû faire preuve d’une grande détermination pour passer au travers. En fait, mes camarades m’ont donné un surnom durant l’instruction de base; c’était « Si bémol », une note de musique, car ils savaient que j’avais une formation de chanteuse d’opéra. Pendant les marches avec sac à dos, j’interprétais des airs d’opéra.
L’avantage pour les chanteurs et les musiciens, c’est qu’à bord des navires, il y a souvent des orchestres, alors nous pouvons monter des concerts. Si vous vous trouvez dans un port étranger et que les gens organisent une activité ou un événement social, on peut vous demander de chanter, comme ça m’est arrivé une fois à l’improviste lorsque j’effectuais la tournée des Grands Lacs à bord du Ville de Québec.
Les Blue Jays jouaient à Detroit, et on m’a demandé si je voulais interpréter l’hymne national au stade des Tigers, vous savez, cet immense stade, qui contient je ne sais trop combien de gens?... Mais je n’arrivais à distinguer le visage de personne, juste de petits points noirs, mon visage devant le micro et un écran géant. Évidemment, j’étais nerveuse. Je ne voulais pas rater mon coup, parce que je représentais mon pays. Lorsque je me suis installée sur la côte ouest, j’ai commencé à donner des représentations avec la musique des forces armées également, mais dans un contexte un peu différent; nous faisions surtout des hymnes nationaux et des cérémonies officielles.
[Applaudissements]
Je ne crois pas qu’il y a de mot pour décrire la fierté que l’on ressent quand on interprète l’hymne national et qu’on représente son pays. C’est… oui, c’est extraordinaire.