Récit des FAC | « J’adore aller au travail! » – Une médecin-chef réalise son rêve
Vidéo / Le 28 novembre 2019
Transcription
J’avais 17 ans, je vivais en Nouvelle-Écosse, et j’étais en train de finir mon secondaire, quand un conseiller en orientation m’a dit : « Je ne suis pas certain que ce soit une très bonne idée ». Un peu comme s’il sous-entendait « Peut-être que tu n’en es pas capable ».
Je suis la capitaine Meghan Joiner. Je suis médecin militaire généraliste et j’exerce la fonction de médecin-chef de la base, ici à Suffield.
Je pense que j’ai toujours pris soin des autres. Ça remonte probablement à mon enfance, et je pense que c’est fondamentalement de là que me vient ma motivation. Je veux juste… je veux aider les gens et je veux faire une différence dans leur vie. Et en tant que médecin de famille, c’est ce que je fais pratiquement tous les jours.
Au départ, je suis allée au Collège militaire royal, où j’ai obtenu un baccalauréat ès arts en administration des affaires. Puis, pendant toute ma carrière d’administratrice, je sentais que je n’étais pas vraiment à ma place. J’avais toujours voulu être médecin, mais j’avais perdu cet objectif de vue, quelque part en chemin.
Par la suite, j’ai eu la possibilité d’être déployée en Afghanistan avec le colonel (retraité) Scott MacLeod et le lieutenant-colonel Will Patton. Je les ai vu à l’œuvre, j’ai vu ce qu’ils faisaient pour les gens là-bas, et je me suis dit : Vous savez quoi? Je sais travailler fort et je peux arriver à faire ça. » Les gens qui étaient sur cette rotation avec moi ont été les premiers à dire « oui, tu pourrais le faire ». Et ça, c’était très encourageant
C’est en Afghanistan que j’ai vraiment pris ma décision. Vous savez quoi? Je vais me jeter dans l’arène. Je vais m’inscrire à la faculté de médecine. Ça m’a pris trois essais pour réussir. Et c’est là que l’armée m’a dit « Non, tu ne peux pas y aller maintenant, parce qu’on a encore besoin de toi dans ce poste-là ».
J’ai donc été déployée avec le Quartier général interarmées des Forces canadiennes, comme membre de l’Équipe d’intervention en cas de catastrophe. Nous avons été déployés en Haïti tout de suite après le séisme. Mon travail se résumais pas mal à assurer la liaison avec les différents organismes présents sur le terrain.
J’ai croisé un jour la route d’une équipe de chirurgie américaine. Ils avaient peu de matériel. Seulement eux et leurs instruments. Je les ai aidés à s’installer. Peu après, j’ai reçu un appel au milieu de la nuit : « Eh, nous avons un petit ici qui ne va pas très bien. Nous n’arrivons pas à le stabiliser, nous devons le garder sous oxygène et nous n’en avons pas assez. Alors, pouvez-vous nous aider? »
Immédiatement, l’officier de la logistique, l’officier des opérations et moi avons sauté dans un véhicule pour nous rendre sur place. Au lieu de seulement leur apporter une bombonne d’oxygène, nous avons ramené le petit garçon à nos installations et, au matin, il a pu être transporté par avion jusqu’à un navire hospitalier.
C’est un geste simple. Je veux dire, vous ne faites que trouver une bombonne d’oxygène. Vous ne faites que répondre au téléphone. Et pourtant, ces gestes tous simples peuvent véritablement changer la vie de quelqu’un. C’est très simple, vous savez, juste être prêt à servir et être là quand les gens ont besoin de vous.