Récit des FAC | Tatouée sur le cœur

Vidéo / Le 14 mai 2019

Transcription

Les tatouages me passionnent. Même s’ils sont maintenant passés dans la culture populaire, il reste encore bien des gens qui vous regardent drôlement. On m’a demandé à plus d’une reprise : « Pourquoi vouloir s’infliger ça? »

Les tatouages me fascinent, car avant tout, je les trouve beaux. Je suis convaincue qu’ils peuvent être magnifiques, même si l’on peut certainement voir plusieurs tatouages qui ne sont pas trop de notre goût… Mais pour moi, c’est une manière de m’exprimer davantage. Les tatouages nous enseignent beaucoup sur nous, tout comme ils en révèlent beaucoup sur nous aux autres.

Hawaï. J’adore Hawaï. J’ai aimé l’endroit dès l’instant où j’y ai mis les pieds. C’est tout simplement mon lieu zen, l’endroit où je suis le plus moi-même. Je voulais donc le refléter sur moi d’une certaine façon.

Il n’y a pas que le côté artistique des tatouages qui me passionne; je suis aussi fascinée par le rituel de l’encrage, qui porte ce nom parce que c’est la création d’une marque tangible de l’identité.

Quand je songe à me faire tatouer, je passe par un processus en quatre étapes et chaque étape est vraiment intéressante et prenante. Bien entendu, l’étape qui rebute sans doute bien des gens est celle de l’encrage et du tatouage en soi. C’est douloureux. Ça fait partie du rituel, c’est inévitable. Une fois que c’est fait, vous avez une nouvelle identité et le tatouage fait partie de vous pour le reste de votre vie et vous devez l’assumer.

À l’époque où j’envisageais de me faire tatouer pour la première fois et de passer par tout ce processus, je servais déjà dans les Forces armées canadiennes. Mon mari, mon partenaire, était un officier supérieur et m’a dit : « Ne fais pas ça. Tu es un officier, et les officiers ne portent pas de tatouage. Et je lui ai répondu : « Oui, regarde autour de toi! ». C’est devenu si commun, vous savez. Et pas seulement chez les militaires, mais aussi chez les vedettes et les politiciens.

Donc c’est devenu plus commun, et c’est certainement mieux vu. Lorsque je suis entrée dans le salon de tatouage, j’ai tracé une ligne sur mon bras à l’endroit où s’arrête ma manche et j’ai dit au tatoueur : « Si vous pouviez ne pas dépasser cette ligne, ce serait formidable ». Vous vous trouvez dans un genre de période transitoire. Les règles concernant les tatouages évoluent.

C’est une grosse partie de votre identité. Ça affecte la perception que les gens ont de vous et l’image que vous projetez.

L’une des choses que j’ai découvertes, c’est qu’il est très facile d’affirmer : « Je prends cette décision pour moi. C’est la personnalité que je veux montrer, c’est l’identité que je veux avoir ». Mais cette décision se répercute aussi sur vos proches. Si mon mari et moi marchons bras dessus bras dessous en public et que je porte un chandail comme celui-ci, les gens me remarqueront peut-être et s’ils n’aiment pas les tatouages, ils le regarderont aussi et se diront : « Que peut-il bien penser de cela? Il doit sûrement approuver au fond». Cette identité se reflète en quelque sorte sur lui, même s’il n’est pas tatoué.

Comme je suis dans les Forces armées canadiennes, et surtout maintenant que j’ai le grade d’officier supérieur, c’est un peu à moi qu’il incombe de montrer comment respecter cette norme liée à la tenue.

Cela dit, les tatouages sont permis dans les règlements sur la tenue. Je pense que tant que nous suivons les règles et que nous ne portons pas de tatouage offensant…et pourquoi voudrait-on faire ça de toute façon? Donc rien de raciste ou de dérogatoire.

Ce sont donc mes tatouages et c’est ce que je suis. Ça fait partie de moi depuis des années maintenant; je n’y pense même plus tant que ça. C’est comme lorsque je colore mes cheveux de temps à autre ou que je me maquille différemment. Ça fait tout simplement partie de ma manière de m’afficher.

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2019-12-10