Récit des FAC | Dur à tuer
Transcription - Récit des FAC
Le général Hillier est venu visiter notre base d’opérations avancée. Quelqu’un a dit : « Oh, ces gars là, ils ont tous survécu à trois IED. » Il a dit, un peu à la blague, que nous étions les personnes les plus difficiles à tuer de l’OTAN.
Quand j’étais en Afghanistan en 2007, j’occupais le poste de tireur à bord d’un char de combat Leopard.
Le 16 septembre 2007, nous roulions tout bonnement quand, tout d’un coup, il y a eu un énorme boum.
Le 2 novembre 2007, c’est arrivé pendant la nuit, une explosion immense.
Le 14 janvier 2008, je ne suis pas certain d’avoir perdu connaissance, mais j’ai le net souvenir de m’être soudainement retrouvé assis sur le plancher du véhicule.
Je suppose que ce que j’ai appris, c’est jusqu’où je pouvais repousser mes limites sur le plan mental pour me relever et poursuivre le combat ou continuer d’avancer.
Il faut savoir mettre à profit son entraînement pour rester calme, car on a un travail à faire pour que tout le monde puisse s’en sortir.
Ce qui importe vraiment, c’est le gars qui se trouve dans le siège du chargeur, dans celui du commandant ou dans celui du conducteur.
Les gars à qui tu as raconté toutes tes histoires deux ou trois fois. C’est ce que j’aimais le plus d’être dans l’armée, les amitiés qui s’y forment et qui durent toutes la vie.
Quand je me trouvais là bas, on pouvait voir un changement. En 2007 2008, Panjwayi, la ville principale, était pour ainsi dire vide.
Puis on y retourne en 2010 et il y a des boutiques, des gens qui vivent là, des écoles. Je ne pense pas que ça aurait été possible sans la sécurité que nous avons assurée dans la région.
J’ai passé beaucoup de temps en plein air. C’est très calme quand on fait de la randonnée dans les bois, et ça donne le temps de réfléchir aux événements qui sont survenus.
Voir des gens se blesser dans des accidents vraiment bêtes, puis survivre à trois IED en quatre mois – et vous savez, c’est à peine si j’ai eu une égratignure.
Le fait de voir des gens autour de toi subir des blessures ou perdre la vie te fait réaliser que, tu sais quoi, il est possible d’être ici un moment, puis disparu l’instant d’après.
Il faut profiter au maximum de chaque moment passé en famille, donner son 100 % au travail et se fixer des buts pour continuer d’aller de l’avant.