David Ernest Hornell

Comme l’indique l’extrait suivant du London Gazette, David Ernest Hornell est récipiendaire de la Croix de Victoria. Cette médaille est décernée pour un acte de bravoure remarquable, un acte de vaillance ou d’abnégation audacieux ou extraordinaire, ou un dévouement extrême au devoir face à l’ennemi.

Croix de Victoria - Seconde Guerre mondiale, 1939-1945

David Ernest Hornell

David Ernest Hornell naît à Toronto, en Ontario, le 26 janvier 1910. En 1941, il s’enrôle dans l’Aviation royale du Canada (ARC), devient pilote puis obtient sa commission d'officier en 1942. À l’époque de l’opération pour laquelle il a mérité la Croix de Victoria à titre posthume, le Capitaine d’aviation Hornell pilote, en tant que commandant de bord, des avions amphibies Consolidated Canso pour l’Escadron de bombardiers de reconnaissance no 162 de l’ARC, à la station Wick de la Royal Air Force (RAF), dans le Nord de l’Écosse.

À la fin de la journée du 24 juin 1944, le Canso de Hornell termine sa patrouille de 12 heures au-dessus de l’Atlantique Nord lorsque le sous-marin allemand U-1225 est aperçu en surface à environ 120 milles au nord des îles Shetland. Au moment où l’avion exécute son vol d’attaque, un feu antiaérien intense et précis en provenance du sous-marin endommage le moteur droit et cause un incendie sur l’aile droite. Avec beaucoup de détermination et d’habilité, le Capitaine d'aviation Hornell maintient la trajectoire de vol du Canso malgré les vibrations, largue ses quatre bombes de profondeur sur la cible et coule le sous-marin. Peu après, le moteur droit se détache de l’aile et force Hornel à abandonner l’avion, tout en flammes, dans une mer agitée. Pendant plusieurs heures, disposant d’un seul canot pneumatique en bon état, les huit membres d’équipage, immergés dans l’eau glacée, s’y accrochent à tour de rôle. Même si le canot pneumatique est repéré par un hydravion à coque Consolidated Catalina appartenant au No. 333 (Norwegian) Squadron de la RAF cinq heures après que Hornell a abandonné son avion, les tentatives de sauvetage échouent durant les 16 heures qui suivent en raison de la mer démontée et du mauvais fonctionnement du matériel. Deux membres d’équipage meurent finalement de froid. À un certain moment, les hommes du Capitaine d’aviation Hornell doivent retenir celui-ci, lorsque, au bout de ses forces et sur le point de devenir aveugle, il propose de nager jusqu’à un canot qui a été lâché des airs. Finalement, au bout de 21 heures, une vedette de sauvetage arrive pour recueillir les survivants, mais toutes les tentatives pour réanimer le Capitaine d'aviation Hornell échouent; il est mort de froid.

Le Capitaine d’aviation Hornell est le premier membre de l’ARC à avoir été décoré de la Croix de Victoria.

Citation

Le Capitaine d'aviation Hornell était capitaine et premier pilote d'un avion amphibie bimoteur faisant partie d'une patrouille anti-sous-marine dans les eaux nordiques. La patrouille se poursuit depuis quelques heures lorsqu'il aperçoit, à la surface de l'eau, un sous-marin allemand filant à toute vitesse par le travers bâbord. Le Capitaine Hornell se prépare immédiatement à l'attaque.

Le sous-marin modifie sa course. Il a aperçu l'avion et il ne peut être surpris. Le sous-marin attaque avec un tir anti-aérien qui devient de plus en plus intense et précis.

À une distance de 1 200 verges, les canons avant de l'appareil répliquent, puis les canons de droite bloquent, n'en laissant qu'un seul en fonctionnement.  La tour de commandement du sous-marin et la surface environnante sont touchées, mais l'avion subit également des dommages, dont deux trous béants à l'aile droite.

Ignorant le tir de l'ennemi, le Capitaine d'aviation Hornell se prépare soigneusement à l'attaque. De l'huile s'échappe de son moteur droit, qui a déjà pris feu, tout comme l'aile droite; les réservoirs sont menacés. Pendant ce temps, l'appareil est touché à plusieurs reprises par les canons du sous-marin. Transpercé en de nombreux endroits, il vibre violemment et devient difficile à maîtriser.

Néanmoins, le capitaine décide de donner l'attaque, sachant que chaque minute qui passe réduit les chances que son courageux équipage et lui ont de s’échapper. Il fait donc descendre son appareil à très basse altitude et lance ses grenades sous-marines en encadrant parfaitement son objectif. La proue du sous-marin est propulsée hors de l'eau avant de sombrer. On aperçoit alors des membres d'équipage à la mer.

Déployant des efforts surhumains, le Capitaine d'aviation Hornell trouve le moyen de prendre un peu d'altitude. L'incendie de l'aile droite s'est intensifié, et la vibration s'est accentuée. Puis, le moteur en feu se détache. La situation de l'appareil et de son équipage est dorénavant désespérée. Avec le plus grand sang-froid, le capitaine reprend l'appareil et, malgré les nombreux dangers, le descend en toute sécurité sur la forte houle. Lourdement endommagé et en flammes, l'appareil s'immobilise rapidement.

Les avaries attribuables au feu sont suivies de celles occasionnées par l'eau. L'appareil ne compte qu'un seul canot pneumatique utilisable et il est impossible d'y faire monter tous les membres d'équipage. Ils s'accrochent donc aux bords de l'embarcation, à tour de rôle. Lorsque le canot chavire dans les eaux houleuses et qu'il est redressé avec beaucoup de difficultés, deux membres d'équipage meurent de froid.

Un canot aéronautique leur est lancé, mais il est poussé par le vent à 500 verges d'eux. Les hommes s'efforcent en vain de l'atteindre et le Capitaine d'aviation Hornell, qui les a constamment encouragés par son entrain et son leadership inspirant, leur propose de nager jusqu'à l'embarcation, bien qu'il soit au bord de l'épuisement. Il a été difficile de l'en empêcher. Les survivants sont enfin secourus après avoir passé 21 heures dans l'eau. À ce stade, le Capitaine d'aviation Hornell a perdu la vue et il est complètement épuisé. Il meurt peu après avoir été secouru.

Le Capitaine d’aviation Hornell a accompli 60 missions opérationnelles comportant 600 heures de vol. Il connaissait bien le danger et les difficultés liés aux attaques contre les sous-marins. En donnant l'attaque malgré une féroce opposition et avec un appareil en piteux état et en stimulant et en encourageant ses camarades dans l'épreuve qui a suivi, cet homme a fait preuve d'une bravoure et d'un sens du devoir peu communs.
(London Gazette, no 36630, le 28 juillet 1944)

Détails de la page

Date de modification :