Notes pour une allocution de L'honorable Albina Guarnieri Ministre des Anciens Combattants Toronto (Ontario)Le 22 octobre 2004 Comparer au discours prononcé Merci et Dobry Wieczoor (d-o-br-1 V-i-e-ch-u-r) (Bonsoir en polonais). Merci à Ursula Voy-no-row-vich pour sa charmante présentation. Et merci à Greg So-bow-ski et aux membres de la direction du Congrès canadien-polonais de m'avoir invitée au 60e anniversaire de votre organisation. Cependant, je ne serais pas ici si ce n'était d'Irene Urbaniak, qui s'est révélée meilleure que le bureau de poste pour livrer des invitations. Il semble en effet que, parce que le numéro d'unité de notre nouveau bureau à Square One ne figurait pas sur l'enveloppe, l'invitation ne nous est jamais parvenue. Mais, comme d'habitude, Irene a vu à ce que tout rentre dans l'ordre. Vous savez que Maximillian faisait partie de l'ancienne circonscription de Mississauga- Est que j'ai représentée pendant 15 ans; alors, je me sens toujours chez moi ici. Et je sais que mon collègue Nav Bains travaille sans relâche pour bien représenter les intérêts de cette collectivité à Ottawa. Donc, vous êtes entre bonnes mains. Le moment est particulièrement bien choisi pour moi, à titre de ministre des Anciens Combattants, de rencontrer le Congrès canadien-polonais. En effet, au cours du mois prochain, nous demanderons aux Canadiens et aux Canadiennes de soutenir et de reconnaître la contribution des Canadiens d'origine polonaise dans la Seconde Guerre mondiale. Les héros de Monte Cassino vivent avec nous, au Canada, et il importe que le peuple canadien connaisse leur fascinante histoire. Au début du mois, je me suis rendue en Belgique avec une délégation d'anciens combattants canadiens pour commémorer le 60e anniversaire de la libération de ce pays. Or, les Belges ont retrouvé la liberté en grande partie grâce à l'héroïsme des soldats polonais qui combattaient aux côtés des forces du Canada, un pays où bon nombre d'entre eux allaient plus tard s'installer. Partout en Belgique, j'ai été frappée par l'appréciation et l'affection sans bornes que les Belges témoignent aux soldats canadiens et polonais qui ont libéré leur pays. Tous les soirs depuis 76 ans, dans la ville d'Ypres, est célébrée une cérémonie du dernier clairon qui attire des gens de la localité et des touristes venus commémorer les morts de la Première Guerre mondiale. Quinze mille Canadiens sont morts en Belgique. Les villes d'Ypres et de Passchendaele sont au nombre des endroits les plus vénérés de l'histoire militaire canadienne au cours de la Seconde Guerre mondiale. Or, c'est la 1re Division blindée polonaise, appuyée par l'armée canadienne, qui a libéré Ypres et Passchendaele et donné aux gens de ces villes la liberté que la Pologne allait malheureusement devoir attendre encore un demi-siècle. J'ai été très impressionnée du fait que presque tous les habitants d'Ypres ont des anecdotes à raconter à propos des soldats canadiens et polonais. Un historien, au Musée des Flandres, m'a parlé de son ami, un soldat polonais, dont le voyage vers les champs de bataille de l'Europe de l'Ouest avait été plus éprouvant que toutes les misères qu'il allait y rencontrer. Il évoquait la tragédie légendaire des soldats libérés des goulags de Sibérie pour se joindre aux forces alliées dans l'ouest : les privations, l'horrible voyage, le courage et le mérite des milliers qui plus tard ont rallié la campagne pour libérer d'autres personnes. Son ami faisait partie d'un groupe de soldats polonais qui ont réussi à joindre les forces britanniques au Moyen-Orient après avoir traversé l'Iran, l'Iraq et la Syrie. Ces mêmes soldats ont par la suite combattu en Europe sous le commandement britannique et ont reçu, pour leur bravoure, des médailles britanniques. Le peuple canadien doit savoir que ce sont des fantassins canadiens et des divisions blindées polonaises qui ont avancé péniblement dans les marais et la boue de l'estuaire de l'Escaut en 1944, et que ce sont ces mêmes hommes qui ont libéré le port d'Anvers, le plus grand port d'Europe, et permis ainsi d'ouvrir une ligne de ravitaillement qui allait assurer la victoire des Alliés. Cette réussite devrait nous être une source commune de fierté. Nous devons tous lutter contre l'oubli que le temps apporte quand il est question de préserver le souvenir des Canadiens qui ont combattu et se sont sacrifiés pour le Canada et, ce faisant, nous ne devons pas oublier l'immense apport des Canadiens qui portaient des uniformes des forces alliées. Au mois d'octobre, je mènerai une autre délégation d'anciens combattants, cette fois pour commémorer le 60e anniversaire de la campagne de libération de l'Italie. Cette campagne a permis aux membres des unités canadiennes d'apprendre à connaître les gens qui allaient plus tard devenir leurs voisins au Canada, et c'est la Première Armée canadienne et le Deuxième Corps d'armée polonais qui ont dû livrer certains des combats les plus acharnés. La ville de Cassino et son abbaye bloquaient la route vers Rome. Les troupes allemandes encerclaient l'abbaye et contrôlaient le feu aérien et le feu terrestre contre les Alliés. Les forces américaines et britanniques n'avaient pas réussi à prendre Monte Cassino et s'étaient retirées pour être remplacées par le Deuxième Corps d'armée polonais qui remporta la victoire, au prix de 1 100 vies. La bataille de Monte Cassino restera à jamais un témoignage à la bravoure des soldats polonais. Le Canada est chanceux d'être à présent le pays d'un grand nombre des survivants de cette campagne. On me dit que quelques membres du Deuxième Corps d'armée polonais sont parmi nous ce soir. S'ils veulent bien se lever, je suis sûre que vous les applaudirez avec moi. Lorsque nous rendrons hommage aux victoires et aux sacrifices des Canadiens au cours du voyage en Italie le mois prochain, nous remercierons en particulier les milliers de soldats d'origine polonaise qui allaient devenir des Canadiens. Nous ferons un arrêt spécial à Monte Cassino pour donner aux Canadiens une idée des pages d'histoire qui s'y sont écrites. Nous n'y allons pas seuls. Nous aurons en effet la chance de compter parmi nous quelqu'un qui peut représenter les milliers de soldats qui ont combattu à Monte Cassino et se rappeler la dure réalité de ces journées de 1944. Je tiens à remercier le sergent Zbigniew Gonde, du Deuxième Corps d'armée polonais, d'avoir accepté de se joindre à moi et à la délégation canadienne au cours du voyage. J'ai bien hâte d'entendre votre version de cette page d'histoire que nous nous devons de préserver. Je suis persuadée que le Congrès canadien-polonais ne manque pas de vous rappeler que les Canadiens d'origine polonaise ont également joué un rôle important dans les forces canadiennes. Le plus célèbre d'entre eux est sans doute le pilote Andrew Mynarski, de Winnipeg. Le 12 juin 1944, le sous-lieutenant d'aviation Mynarski s'est sacrifié pour sauver la vie d'un mitrailleur après que leur bombardier Lancaster eut été attaqué par un appareil allemand au-dessus de la France. Il a mérité la Croix de Victoria, qui est notre médaille la plus prestigieuse pour des actes de bravoure. Si les incidents de guerre ont réuni les troupes canadiennes et polonaises en Europe, c'est le travail de votre Congrès qui a permis l'essor d'une communauté polonaise dynamique au Canada. Vous avez en effet aidé des milliers d'immigrants polonais à s'établir au Canada et avez réussi à maintenir en eux l'esprit communautaire qui leur permet de bâtir de grandes choses comme cette église et ce centre absolument magnifiques. L'un des objectifs ou l'une des missions du Congrès est de familiariser la société canadienne à votre apport à la culture et à la civilisation du Canada et du reste du monde. C'est également une part de la mission de mon ministère. Quand on pense aux extraordinaires réalisations à tant d'égards qui ont été l'¿uvre de Canadiens d'origine polonaise pendant la Seconde Guerre mondiale, ce sera un travail à temps plein pour nous tous. J'aimerais donc remercier le Congrès pour le travail considérable qu'il a accompli pendant ses premières soixante années d'existence, et je vous remercie à l'avance de continuer à aider le peuple canadien à connaître et à apprécier la générosité des Canadiens d'origine polonaise qui ont risqué leur vie pendant la guerre pour que nous puissions tous vivre en paix. Merci beaucoup. Dziykujy (dj-en-ku-ye) (Merci en polonais) Bonne fin de soirée. - 30 -