Le 1er novembre OTTAWA -- La croissance économique mondiale progressera à un rythme plus modeste en 2005, d'après les Prévisions à l'exportation semestrielles publiées aujourd'hui par Exportation et développement Canada (EDC). « L'économie mondiale a franchi la limite des hautes eaux et des signes de modération de la croissance commencent à apparaître », a souligné le premier vice-président et économiste en chef d'EDC, Stephen Poloz. « Le rythme de croissance devrait donc être plus soutenable, ni trop chaud ni trop froid, bref à peu près ce qu'il faut. » EDC prévoit un taux de croissance économique mondiale de 3,9 % en 2005, soit une baisse par rapport à celui de 4,4 % anticipé pour cette année. En même temps, au Canada, elle s'attend à une croissance de 3,2 % en 2005, soit à peu près le même taux qu'en 2004. C'est l'Asie hors Japon qui donnera une fois de plus la température de l'économie l'an prochain. On y prévoit une expansion moyenne d'environ 6,5 %, alors qu'elle devrait être supérieure à 7 % en 2004. L'économie américaine devrait croître de 4,2 % cette année et de 3,3 % en 2005. En Europe de l'Ouest, l'expansion sera de l'ordre de 2 %, tandis qu'en Europe centrale et en Europe de l'Est, elle s'établira à 4,7 % en moyenne. Le Moyen-Orient et l'Afrique du Nord, qui continueront à tirer profit des cours élevés du pétrole, progresseront de près de 5 % en 2005, et l'Afrique subsaharienne, de presque 4 %. Les exportateurs canadiens bénéficieront de la croissance économique mondiale cette année. En effet, les projections des ventes à l'étranger montrent une expansion de 9 %, mettant ainsi fin aux baisses enregistrées depuis trois ans. Cependant, l'environnement mondial commence à changer, la croissance économique reprend un rythme plus soutenable et il faut donc s'attendre bientôt à un léger ralentissement de l'expansion de nos exportations. Même si, en volume, elles augmenteront de 4 % en 2005, en valeur, elles connaîtront une hausse modérée de 1 % en raison de la baisse des cours de certains produits à base de ressources. La majorité des industries canadiennes ont enregistré une meilleure croissance de leurs exportations cette année, tendance qui devrait continuer l'an prochain, même si la force variera d'un secteur à l'autre. En 2004, ce sont les secteurs à base de ressources (mines, énergie, produits chimiques, foresterie) qui se sont révélés les plus vigoureux; leur hausse est en effet estimée à 14 %, l'amélioration étant notée tant en volume qu'en valeur. Tout en restant solides dans l'ensemble l'an prochain, les exportations devraient progresser à un rythme plus modéré compte tenu de la baisse des cours. Les transports, les voyages, le tourisme et les services commerciaux devraient aussi continuer à enregistrer des gains en 2005. On prévoit une hausse de 5 %, ce qui porterait le total à 66,7 milliards de dollars américains. Les secteurs des technologies de pointe et de la machinerie et de l'équipement ayant quant à eux atteint le creux de la vague, ils devraient retrouver une croissance soutenue l'an prochain. Les exportations agroalimentaires ont repris, mais les perspectives sont assombries par un certain risque dû à l'incertitude relative aux derniers rendements des récoltes et à l'interdiction continue des exportations de bétail. L'aéronautique est la seule industrie importante qui a montré des signes de faiblesse en 2004, et on prévoit peu d'amélioration en 2005. La conjoncture restera aussi incertaine pour les biens de consommation et l'automobile au cours des 12 à 18 prochains mois. Pour les provinces, la performance des exportations dépendra des industries de chacune d'entre elles. La Colombie-Britannique, la Saskatchewan, le Manitoba, le Québec et le Nouveau Brunswick, qui ont été les phares de la croissance nationale des ventes à l'étranger cette année, exportent une grande partie des produits de base et des biens intermédiaires à base de ressources. La croissance de leurs exportations sera vraisemblablement plus modérée l'an prochain par suite de la baisse des cours des produits forestiers et métalliques. Il en sera de même pour les provinces exportatrices de produits énergétiques – l'Alberta, le Nouveau-Brunswick, Terre Neuve, la Nouvelle Écosse et la Saskatchewan – car les cours de l'énergie se stabiliseront ou baisseront en 2005. Des secteurs tels que les biens industriels et l'agroalimentaire, en Ontario et au Québec, ont connu une bonne performance cette année, mais les principales industries de ces provinces – l'aéronautique au Québec et l'automobile en Ontario – ne seront toujours pas en bonne santé, ce qui est signe de faible croissance des exportations pour l'an prochain. Les tensions géopolitiques, particulièrement au Moyen-Orient, persisteront l'an prochain, ce qui veut dire que les cours pétroliers seront encore sensibles à l'évolution de la situation dans cette région. « Il faut surveiller de près les cours du pétrole, a indiqué M. Poloz. S'ils continuent à grimper, le dynamisme économique que nous prévoyons pour 2005 pourrait en souffrir. » Dans les 12 à 18 mois à venir, les principales banques centrales continueront vraisemblablement à appliquer des hausses graduelles de taux d'intérêt. « Il s'agit jusqu'à un certain point d'une mesure de précaution de la part des banques, qui doivent se préparer pour un possible ralentissement économique, a ajouté M. Poloz. Sinon, au niveau où sont les taux actuellement, elles n'auraient aucune marge de man¿uvre. » Par contre, des pays comme le Brésil, la Chine, l'Inde et la Pologne doivent déjà faire face à des poussées inflationnistes. Selon M. Poloz, la volatilité des taux de change devrait persister étant donné que les taux d'intérêt bougeront en fonction des pressions inflationnistes locales. Cependant, à mesure que la croissance mondiale fléchira, que les cours des ressources naturelles baisseront et que les taux d'intérêt convergeront, le CAD devrait s'affaiblir, et s'échanger en moyenne à 0,75 0,78 USD en 2005. Il faudra néanmoins s'attendre à des fluctuations temporaires en dehors de cette fourchette. On peut consulter les Prévisions à l'exportation d'EDC à : http://www.edc.ca/docs/ereports/gef/EFindex_f.htm EDC offre aux exportateurs et aux investisseurs canadiens des services de financement du commerce extérieur et de gestion des risques sur quelque 200 marchés. Créée en 1944, EDC est une société d'État qui applique des principes commerciaux. -30- Information : Daniela Pizzuto EDC – Affaires publiques Tél. : (613) 598-6829 Courriel : dpizzuto@edc.ca