Au Cours d'une réunion sur l'aide humanitaire aux populations touchées par les tsunamis Notes pour une allocution De l'honorable Aileen Carroll, ministre de la Coopération internationale, Genève (Suisse) Le 11 janvier 2005 (SOUS RÉSERVE DE MODIFICATIONS) Au nom du gouvernement et de la population du Canada, je tiens à offrir nos sincères condoléances à ceux qui ont perdu des êtres chers dans cette effroyable tragédie. La semaine dernière, je me suis rendue dans la région de Banda Aceh. Deux choses là-bas m'ont fortement impressionnée. La première, c'est l'ampleur colossale des dommages causés par les tsunamis. Des édifices ont été détruits. Des villages entiers portent les marques de cette catastrophe. Des gens voient leur vie brisée. Au cœur de la ville de Banda Aceh, des bateaux de pêche se sont fracassés sur des édifices à plusieurs kilomètres de la mer. J'ai parlé à un homme qui avait perdu 16 membres de sa famille. Le drame qu'il vit est inimaginable. La deuxième chose qui m'a impressionnée, c'est l'optimisme. J'ai beaucoup de respect pour les hommes et les femmes qui se sont déjà retroussé les manches. À Banda Aceh, des équipes s'affairaient à déplacer des blocs de pierres au moment de mon passage. Et l'homme qui avait perdu tant de membres de sa famille a insisté pour continuer à travailler, conduisant les travailleurs humanitaires là où ils doivent se rendre. Je ne doute pas que ces populations reprendront le dessus et qu'elles sauront reconstruire leur milieu de vie avec l'aide de leur gouvernement et l'appui de la communauté internationale. Je peux vous donner l'assurance que le Canada est déterminé à faire tout son possible pour venir en aide aux victimes de la catastrophe. Nous serons là, aussi longtemps qu'il le faudra. Le premier ministre du Canada sera dans la région sinistrée ces prochaines semaines. Il ira discuter de la façon dont le Canada peut collaborer au mieux avec ses amis de cette région et d'ailleurs dans le monde pour faire en sorte que les interventions de la communauté internationale soient efficaces au moment et à l'endroit voulus. Je suis ravie de rappeler aujourd'hui l'annonce du premier ministre Paul Martin : la contribution du Canada aux victimes des tsunamis s'élève maintenant à 425 millions de dollars. De cette somme, 265 millions serviront à soutenir les secours humanitaires et les efforts de relèvement dans les régions sinistrées. Une part de cette contribution servira à honorer l'engagement du gouvernement du Canada de verser une contribution égale à la somme des dons des Canadiens, qui ont fait preuve d'une grande générosité ces derniers jours. Une autre part ¯ 36 millions de dollars ¯ sera versée aux Nations Unies en réponse à l'appel de fonds consolidé. En outre, la participation du Canada aux efforts de reconstruction visera le rétablissement à long terme, afin que les populations puissent panser leurs blessures et reprendre le dessus. Nous nous tournons vers la Banque mondiale et la Banque asiatique de développement pour coordonner les programmes de reconstruction en collaboration avec les gouvernements des pays touchés. Mais nous devons aussi respecter nos engagements et verser les fonds promis en temps utile. Les principes de l'action humanitaire doivent guider nos efforts. Nous devons bien coordonner nos interventions, faire preuve de souplesse et axer notre aide sur les besoins et la demande. Au moment où nous renforçons le rôle de premier plan que jouent les Nations Unies dans la coordination de l'aide humanitaire internationale, il est essentiel de veiller à ce que ce rôle soit renforcés et soutenus à la fois par les pays donateurs et les gouvernements des pays sinistrés. Nous devons prendre au sérieux les risques d'embrouillement et de chevauchement des interventions. Les populations des pays donateurs ont apporté une énorme contribution pour venir en aide aux victimes sous forme de dons et de divers engagements. Elles ne toléreront pas que l'aide ne soit pas distribuée efficacement et ne soit pas rapidement mise à la disposition de toutes les personnes et collectivités sinistrées. Toutefois, on ne doit pas oublier pour autant les autres crises qui continuent de sévir ailleurs dans le monde, comme au Soudan, en République démocratique du Congo et en Haïti. Ces deux dernières semaines, notre principale préoccupation a été de répondre aux besoins humanitaires immédiats. Ce sera encore le principal secteur d'intervention dans bien des régions. Toutefois, il est clair que certains milieux sont déjà prêts à commencer à rétablir leurs moyens de subsistance. Par exemple, dans plusieurs villages qui vivent de la pêche le long du littoral de l'océan Indien, les gens ne pourront pas réorganiser leur vie avant d'avoir reconstruit leurs bateaux. Rétablir les moyens de subsistance est une étape importante du processus. Cela fera en sorte que les camps temporaires pour les personnes déplacées, dont le nombre ne cesse de croître, restent bel et bien ce qu'ils sont, c'est-à-dire temporaires. Le respect des droits de la personne et de la dignité humaine doit se trouver au centre de ces efforts. Il est des plus importants que les sinistrés participent pleinement aux efforts de reconstruction, et que les femmes jouent un rôle à part entière à cet égard. Comme certaines régions ravagées par les tsunamis sont aux prises avec des conflits internes, il est essentiel que l'aide accordée n'aggrave pas les tensions. Nous devrons aussi saisir les occasions qui se présenteront de mener des activités de consolidation de la paix. Par ailleurs, la catastrophe a fait ressortir l'importance de renforcer la capacité d'intervention mondiale en cas de catastrophe et les mécanismes d'alerte rapide. La conférence de Kobe nous donnera l'occasion de poursuivre les discussions sur le sujet. Ces dernières semaines, l'actualité nous a rappelé à quel point la pauvreté aggrave la dévastation que provoquent les catastrophes naturelles. Partout dans le monde, beaucoup de gens ne sont pas en mesure de prévoir ce type de situation, d'y échapper ou d'intervenir de façon adéquate si elle se produit. Les tremblements de terre, les inondations, les éclosions de maladie et la sécheresse chronique ne cessent de faire de nombreuses victimes parmi les pauvres, tout à fait inutilement. Nous pouvons éradiquer la pauvreté et créer un monde plus sûr, plus équitable et plus prospère pour tous. Ensemble, nous pouvons faire avancer les choses.