OTTAWA, le 12 janvier 2005 -- Le niveau de confiance des exportateurs est à son plus bas depuis la période qui a suivi les attentats du 11 septembre 2001, selon le dernier sondage semestriel effectué par Exportation et développement Canada (EDC) sur la confiance relative au commerce extérieur. « Etant donné l'essoufflement attendu de la croissance mondiale cette année et la volatilité persistante des cours énergétiques et des taux de change, il n'y a rien d'étonnant à ce que les exportateurs s'attendent à un ralentissement de leurs activités sur les marchés étrangers », explique Stephen Poloz, premier vice-président et économiste en chef à EDC. « Après la marée haute économique qui a déferlé en 2004, nous nous attendons à ce que la croissance mondiale soit bercée par des vagues plus douces mais de plus longue durée et à ce que les entreprises canadiennes connaissent un développement plus modéré sur le plan du commerce extérieur dans certains secteurs clés. » L'indice de confiance commerciale (ICC) d'EDC est un score composé déterminé à partir des réponses à cinq questions portant sur les projections de ventes sur les marchés étrangers et le marché canadien, la conjoncture économique et les débouchés internationaux. Mille entreprises canadiennes, qui constituent un échantillonnage représentatif de tailles, de régions et de secteurs industriels, ont été sondées de façon aléatoire. L'ICC le plus récent s'est établi à 70,6 sur une note possible de 100, en baisse de 5 points par rapport au sondage du printemps 2004, mais néanmoins en hausse relativement à l'ICC de 67,7 obtenu dans le sondage qui a suivi les attentats du 11 septembre 2001. Bien que les exportateurs continuent d'être optimistes relativement à leurs ventes sur le marché canadien, leur niveau de confiance s'est détérioré quant aux débouchés internationaux, aux ventes à l'exportation et à la conjoncture économique dans son ensemble, tant au pays qu'à l'étranger. Selon les répondants, les principaux obstacles à la croissance de leurs exportations incluent notamment la valeur accrue du dollar canadien, le ralentissement de la croissance économique mondiale et l'incertitude du climat géopolitique. Près du quart des entreprises sondées estiment qu'il y aura moins de débouchés internationaux en 2005, proportion considérablement supérieure aux 8 % des répondants qui étaient de cet avis au printemps dernier. La proportion de répondants prévoyant une baisse de leurs ventes à l'étranger a presque triplé et elle atteint maintenant 18 %. Au chapitre des ventes à l'exportation et des débouchés internationaux en 2005, on note un pessimisme plus élevé chez les grandes entreprises que chez les petites. Dans l'ensemble, les deux tiers des entreprises canadiennes citent la valeur du dollar canadien comme facteur critique de leur capacité de soutenir la concurrence sur les marchés étrangers. L'impact du dollar canadien revigoré est surtout ressenti chez les entreprises des secteurs des biens de consommation, de l'agroalimentaire, des produits de base et semi-manufacturés et des équipements industriels, de même que chez les grandes entreprises. La moitié des entreprises sondées s'attendent à voir la valeur du dollar canadien grimper encore plus au cours des six prochains mois, comparativement à 22 % au printemps dernier. Cependant, les exportateurs canadiens n'ont pas modifié leur stratégie pour pouvoir composer avec un dollar raffermi. La plupart indiquent en effet avoir absorbé leurs pertes (29 %) ou encore réduit leurs coûts par de plus grandes efficiences (22 %) ou en couvrant le risque de change (12 %). Environ 60 % des entreprises sondées estiment que la valeur du dollar canadien influe grandement sur la croissance de leurs exportations. Elles ont également mentionné d'autres facteurs, à savoir la hausse des primes d'assurance et la nouvelle réglementation de sécurité à la douane américaine. Le quart des exportateurs canadiens croient que la conjoncture économique mondiale se détériorera, comparativement à 17 % le printemps dernier. A l'exception de l'énergie et des technologies de l'information, tous les secteurs ont affiché un ICC plus bas sur le plan du commerce extérieur. On a enregistré les baisses les plus marquées dans les secteurs des transports, de la foresterie, des biens de consommation et de l'agroalimentaire, les cours énergétiques élevés et la valeur accrue du dollar grevant la capacité concurrentielle et les recettes d'exportation. Bien que le sondage ait révélé une baisse de l'ICC dans toutes les régions, elle a été plus prononcée en Ontario, ce qui reflète les perspectives d'une moins bonne performance du secteur des transports, et dans l'Ouest canadien, où elle illustre l'incertitude relative aux exportations de bovins sur pied, et le fléchissement des ventes d'énergie et de bois d'oeuvre. Malgré la baisse de l'ICC au chapitre du commerce extérieur, le sondage reflète une légère augmentation de l'investissement direct à l'étranger (IDE) du Canada. Quelque 23 % des entreprises sondées ont déjà ou prévoient avoir des installations de production à l'extérieur du Canada, proportion légèrement supérieure à celle indiquée au printemps dernier (19 %). L'agrandissement ou la modernisation d'installations existantes, les coentreprises et les nouveaux investissements directs sont les méthodes d'investissement privilégiées. Le marché de choix de l'IDE à l'étranger demeure les Etats Unis (45 %), suivi de l'Europe de l'Ouest (15 %) et de la Chine (8 %). Les Etats-Unis continuent également de contribuer le plus à la croissance des exportations canadiennes. On note cependant un intérêt renouvelé pour l'Europe, le sondage indiquant une hausse de la confiance dans la croissance économique de l'Europe centrale et de l'Europe de l'Est. Malgré l'attention accordée en 2004 à l'économie chinoise croissante, la perception des entreprises canadiennes à l'égard de l'Asie comme marché d'exportation privilégié est demeurée inchangée depuis 2003, le marché asiatique demeurant en troisième place derrière les Etats-Unis et l'Union européenne. Cependant, la proportion d'exportateurs canadiens qui perçoivent l'Asie comme un marché à risques a grimpé à 38 %, contre 26 % au printemps. Fait à noter, les entreprises canadiennes ont considéré le Moyen-Orient comme moins risqué (18 %) à l'automne 2004 qu'au printemps de la même année (26%). Même si elles ont indiqué une baisse de confiance relativement au commerce extérieur, les entreprises restent optimistes quant à leurs intentions d'embauche, le tiers d'entre elles prévoyant augmenter leur effectif. Les Services économiques d'EDC prévoient que le taux de croissance de l'économie mondiale glissera à 3,9 % en 2005 comparativement à 4,5 % en 2004. La croissance devrait se maintenir à un rythme modeste mais durable partout au monde : 2,9 % au Canada, 3,6 % aux Etats-Unis, 6,5 % en Asie, 8,2 % en Chine, 5,1 % en Europe centrale et en Europe de l'Est, 4,6 % en Russie, 1,7 % en Europe de l'Ouest et 1,7 % au Japon. Opinion Search Inc. a mené ce sondage en novembre 2004. Les résultats du sondage sont considérés exacts 19 fois sur 20 et la marge d'erreur est de +/- 3 %. On peut consulter intégralement les résultats du sondage à http://www.edc.ca/docs/ereports/tradeconfidence/index_f.htm . Une mise à jour des Prévisions à l'exportation d'EDC établies à l'automne 2004 est offerte à : http://www.edc.ca/docs/ereports/gef/EFindex_f.htm . EDC offre aux exportateurs et aux investisseurs canadiens des services de financement du commerce extérieur et de gestion des risques sur quelque 200 marchés. Créée en 1944, EDC est une société d'Etat qui applique des principes commerciaux. - 30 - Renseignements : Glen Nichols Affaires publiques - EDC Tél. : (613) 598-2876 Courriel : Glnichols@edc.ca