Ottawa, le 2 février 2005 2005-008 Documents connexes : Document d'information - Au-delà des PPTE Document d'information - Soutien du Canada à l'Afrique Le ministre des Finances, Ralph Goodale, a annoncé aujourd'hui une proposition de mesures destinées à alléger le fardeau de la dette des pays les plus pauvres du globe. Ces mesures prévoient à la fois une hausse de la valeur des allégements accordés et une augmentation du nombre de pays ayant droit à cette forme d'aide internationale. Le ministre a aussi invité d'autres pays donateurs à appuyer cette initiative canadienne et à accorder des allégements de la dette semblables aux pays en développement. « La proposition canadienne donnera aux pays à faible revenu la possibilité d'investir dans l'avenir de leur peuple plutôt que de payer des dettes contractées dans le passé », a déclaré le ministre Goodale. « Nous pourrions enfin être à même d'apporter une solution permanente au problème de l'endettement des pays pauvres. » En vertu de cette initiative, le Canada versera environ 172 millions de dollars, au cours des cinq prochaines années, à l'Association internationale de développement de la Banque mondiale et au Fonds africain de développement. Cet allégement sera offert immédiatement aux 15 pays ayant franchi toutes les étapes de l'Initiative en faveur des pays pauvres très endettés (une stratégie multilatérale de réduction de la dette), ainsi qu'à quatre autres pays participant au programme des crédits de soutien à la réduction de la pauvreté de la Banque mondiale. Par la suite, 37 autres pays pourraient bénéficier de cet allégement. La proposition exigera des bénéficiaires une saine gouvernance et le respect des droits de la personne et contribuera à la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le développement en 2015. La contribution du Canada représente 4 % de tous les paiements de remboursement de la dette versés à ces institutions, ce qui correspond à la part que le Canada a toujours assumée dans l'aide multilatérale mondiale. De plus, le Canada étudiera les meilleurs moyens de financer un allégement additionnel, soit celui de la dette contractée par les pays admissibles envers le Fonds monétaire international (FMI). Il exhorte les pays donateurs à s'entendre sur la nécessité de fournir un tel allégement et à déterminer les meilleurs moyens d'en financer le coût. « La proposition du Canada vise à alléger immédiatement le fardeau de la dette des pays pauvres en réduisant les paiements qui s'y rattachent. Elle offre un allégement plus considérable que les mesures existantes, car elle prévoit le paiement intégral de tous les paiements de service de la dette qui viendront à échéance d'ici 2015 », a déclaré le ministre Goodale. « Le Canada est aussi disposé à envisager diverses options de financement pour d'autres mesures d'allégement de la dette par l'entremise du FMI. Toutefois, si ces options devaient entraîner une détérioration de la situation financière du Fonds ou des perturbations sur les marchés mondiaux de l'or, le Canada exhorte les pays donateurs à offrir aux pays pauvres, par voie de paiement direct au FMI, un allégement de la dette correspondant à 100 % du montant de leurs paiements de service de la dette. » Cette annonce a été faite avant les réunions des ministres des Finances et des gouverneurs des banques centrales des pays du G-7 qui auront lieu les 4 et 5 février, où l'on devrait discuter davantage des mesures internationales d'allégement de la dette des pays pauvres. Elle précède également le dépôt du rapport final de la Commission pour l'Afrique, mise sur pied par le premier ministre britannique Tony Blair, dont le mandat consistait à recommander des approches innovatrices en vue d'aider l'Afrique à atteindre ses objectifs de développement. Le ministre Goodale est membre de la Commission, tout comme le chancelier de l'Échiquier du Royaume-Uni, Gordon Brown, et le ministre des Finances de l'Afrique du Sud, Trevor Manuel. « On a pu voir récemment des progrès en vue d'alléger la dette des pays qui s'efforcent de vaincre la pauvreté, mais le fardeau de la dette de ces pays demeure beaucoup trop lourd », a ajouté le ministre Goodale. « Les mesures d'allégement de la dette ont été l'un des principaux points soulevés au cours de mon voyage de l'été dernier en Afrique, et il s'agit manifestement d'une question très importante aux yeux des Canadiennes et des Canadiens. À la suite de cette annonce, le Canada et d'autres pays pourront faire leur part afin de contribuer à l'élimination de ce fardeau en permettant à des pays pauvres de dégager immédiatement des ressources qu'ils pourront utiliser pour réduire la pauvreté. » Les documents d'information ci-joints fournissent de plus amples renseignements. Pour en savoir plus sur les mesures déjà prises par le Canada en matière d'allégement de la dette, on peut consulter, sur le site Web du ministère des Finances, le document d'information intitulé Venir en aide aux pays les plus pauvres - Le point sur les efforts du Canada en matière d'allégement de la dette. - 30 - Pour de plus amples renseignements : David Gamble Division des affaires publiques et des opérations (613) 996-8080 Pat Breton Attaché de presse Cabinet du ministre des Finances (613) 996-7861 Si vous désirez recevoir un courriel vous avisant automatiquement à chaque émission d'un communiqué de presse, veuillez visiter le site Web du ministère des Finances Canada à l'adresse suivante : http://www.fin.gc.ca/scripts/register_f.asp. Document d'information - Au-delà des PPTE L'Initiative en faveur des pays pauvres très endettés (PPTE), qui constitue la stratégie internationale en matière d'allégement de la dette, a permis de réduire considérablement la dette des pays les plus pauvres. Il y a toutefois de nombreux pays pauvres, notamment parmi ceux qui ont suivi les différentes étapes de cette initiative, qui continuent à devoir limiter les ressources qu'ils pourraient consacrer à la réduction de la pauvreté, en raison du lourd fardeau que représente le service de la dette - en particulier la dette envers les institutions financières internationales (IFI). Plusieurs pays du G-7 ont mis de l'avant des propositions visant à résoudre le problème de l'endettement des pays pauvres, mais aucun consensus ne s'est dégagé à propos de la solution à préconiser. Dans le but de favoriser l'atteinte d'un tel consensus, le Canada a fait valoir que les mesures additionnelles d'allégement de la dette devraient être conformes à quatre principes. Elles devraient : 1) prévoir des ressources additionnelles; 2) être équitables envers les autres pays à faible revenu; 3) préserver l'intégrité financière des IFI; 4) encourager comme il se doit une saine gouvernance et des mesures de réforme économique. « Au-delà des PPTE » : la proposition du Canada Dans le but de répondre aux besoins immédiats des pays pauvres, le Canada propose que les pays développés accordent un allégement total des paiements de service de la dette multilatérale devant être versés à l'Association internationale de développement (International Development Association, ou IDA) et au Fonds africain de développement (FAD)[1]. De plus, si diverses options de financement d'un allégement additionnel de la dette envers le Fonds monétaire international (FMI) devaient avoir une incidence négative sur la situation financière du Fonds ou causer des perturbations sur les marchés mondiaux de l'or, le Canada exhorte les pays donateurs à verser directement les paiements d'allégement de la dette au FMI. Cet allégement serait offert jusqu'en 2015 à tous les pays ayant franchi les étapes de l'Initiative en faveur des PPTE ainsi qu'à d'autres pays à faible revenu (pays ne bénéficiant que de l'aide de l'IDA[2]) qui sont à même de consacrer au développement les fonds ainsi économisés. Cette proposition est conforme aux quatre principes que nous défendons et permettrait aux pays pauvres de disposer immédiatement d'une marge de man¿uvre financière rendant possible la mise en ¿uvre de leurs stratégies de réduction de la pauvreté. Quels sont les avantages de cette proposition? Si l'allégement proposé est accordé intégralement, les pays admissibles profiteraient d'une annulation totale de leurs paiements de service de la dette au FMI, à l'IDA et au FAD, qui constituent les plus importants créanciers multilatéraux des pays pauvres. Cet allégement s'appliquera d'ici 2015 aux obligations existantes. Le Canada acquittera sa part (4 %) des coûts pour l'IDA et le FAD et exhortera les autres donateurs à suivre son exemple. Si un accord multilatéral est conclu pour financer l'ensemble des coûts, y compris ceux liés au FMI, le Canada paiera aussi sa part (4 %) de ces coûts. Qui en sont les bénéficiaires? Cet allégement sera immédiatement offert aux 15 pays ayant déjà achevé le processus prévu dans le cadre de l'Initiative en faveur des PPTE[3] et à 4 autres pays à faible revenu qui ne bénéficient que de l'aide de l'IDA[4] et qui participent au programme des crédits de soutien à la réduction de la pauvreté (CSRP)[5] de la Banque mondiale. Les pays participant à ce programme ont montré qu'ils peuvent intégrer une aide budgétaire directe à un système efficace de gestion des dépenses publiques. Cela contribue à garantir que les ressources dégagées grâce aux allégements additionnels de la dette serviront à appuyer le développement et à réduire la pauvreté. Dans l'avenir, 37 autres pays (22 PPTE et 15 autres pays ne bénéficiant que de l'aide de l'IDA) pourraient devenir admissibles à leur tour. Les PPTE en question auront droit à cet allégement additionnel dès qu'ils auront franchi toutes les étapes de l'Initiative en faveur des PPTE. Quant aux 15 autres pays ne bénéficiant que de l'aide de l'IDA, ils deviendront admissibles dès qu'ils pourront démontrer qu'ils ont mis en place un système de gestion des dépenses publiques suffisamment efficace, dans le cadre du programme des CSRP. Tableau 1 - Pays admissibles Pays immédiatement admissibles Pays pouvant devenir admissibles PPTE (15) Pays à faible revenu ne bénéficiant que de l'aide de l'IDA (4) PPTE (22) Pays à faible revenu de bénéficiant que de l'aide de l'IDA (15) Bénin Bolivie Burkina Faso Éthiopie Ghana Guyana Madagascar Mali Mauritanie Mozambique Nicaragua Niger Ouganda Sénégal Tanzanie Mongolie Népal Sri Lanka Vietnam Burundi Cameroun Comores Côte d'Ivoire Gambie Guinée Guinée-Bissau Honduras Laos Libéria Malawi République centrafricaine République du Congo République démocratique du Congo Rwanda Sao Tomé-et-Principe Sierra Leone Somalie Soudan Tchad Togo Zambie Afghanistan Angola Bangladesh Bhoutan Cambodge Érythrée Haïti Îles Salomon Kenya Kirghizistan Lesotho Moldavie Tadjikistan Timor-Leste Yémen L'allégement sera accordé jusqu'en 2015, à condition que les pays admissibles obtiennent de bons résultats dans le cadre d'un programme appuyé par le FMI (ou d'un programme autre qu'un programme d'emprunt) et qu'ils respectent de façon satisfaisante les droits de la personne. Les pays qui parviennent à dépasser le seuil de faible revenu cesseront progressivement de bénéficier de l'allégement. Combien cette proposition coûtera-t-elle? Pour le Canada, le coût direct d'assumer la totalité des paiements de service de la dette envers l'IDA et le FAD devrait atteindre environ 172 millions de dollars au cours des cinq prochaines années (25 millions en 2005). Si l'on en arrivait à un accord multilatéral visant la dette envers le FMI, le coût total serait plus élevé. Qu'est-ce que cette proposition a de différent? Au contraire de l'Initiative en faveur des PPTE, la proposition canadienne vise à alléger le fardeau de la dette dans l'immédiat en réduisant les paiements de service de la dette. L'allégement accordé va plus loin que celui découlant de l'Initiative en faveur des PPTE, car il correspond à l'annulation de la totalité des paiements de service de la dette venant à échéance. Il a également une portée plus large, car il vise à la fois des PPTE et d'autres pays pauvres. Le Royaume-Uni a mis de l'avant une proposition assez semblable. Toutefois, selon la proposition du Royaume-Uni, on utiliserait le produit de la vente ou de la réévaluation de l'or détenu par le FMI pour payer les montants dus au FMI. Le Canada est disposé à étudier ces options, mais si elles devaient entraîner une détérioration de la situation financière du FMI ou des perturbations sur les marchés mondiaux de l'or, il exhorte les pays donateurs à contribuer à l'allégement de la dette des pays pauvres envers le FMI en versant directement des contributions à la facilité pour la réduction de la pauvreté et la croissance. [6] Comment la nouvelle proposition canadienne se compare-t-elle à l'Initiative canadienne d'allégement de la dette (ICAD)? L'ICAD vise la dette bilatérale contractée auprès du Canada. Elle prévoit un moratoire sur les paiements de la dette des PPTE admissibles ainsi qu'une annulation de la totalité de la dette de ces pays lorsqu'ils ont suivi toutes les étapes de l'Initiative en faveur des PPTE. Les pays admissibles continueront d'avoir droit à cette aide. La nouvelle proposition du Canada concerne la dette payable par les pays pauvres aux institutions multilatérales. Les pays admissibles profiteront d'une réduction de leurs paiements de service de la dette à ces institutions. L'allégement en question s'ajoute aux mesures bilatérales d'allégement de la dette prises par le Canada en vertu de l'ICAD. En outre, un plus grand nombre de pays pourront avoir droit à cet allégement. Document d'information - Soutien du Canada à l'Afrique La plupart des Canadiennes et des Canadiens sont conscients des énormes défis auxquels l'Afrique subsaharienne est confrontée. Ils savent que cette région est des plus pauvres - la moitié de l'ensemble des Africains ont moins de 1 $ par jour pour vivre. Ils ont vu les campagnes lancées pour venir en aide aux enfants - en Afrique, 52 millions d'enfants ne fréquentent pas l'école. Ils savent qu'il faut aider les victimes du sida - plus de 30 millions d'Africains sont séropositifs, et 60 % d'entre eux sont des femmes. Ils savent que les conflits sont omniprésents - une personne sur cinq est touchée par un conflit. On décèle pourtant des signes de changement en Afrique. La démocratie fait des progrès; 19 des 48 pays d'Afrique subsaharienne sont des démocraties électorales, alors qu'aucun d'eux ne l'était il y a 20 ans. Beaucoup de nouveaux dirigeants politiques partagent une vision du bien commun de leurs citoyens. La croissance économique a dépassé 5 % dans 23 pays d'Afrique en 2001, et l'on constate l'émergence d'un nouvel esprit d'entreprise. Des organisations traitant d'un large éventail de questions liées au droit social, à l'environnement, à la culture et aux droits de la personne voient le jour et commencent à presser leurs gouvernements de rendre des comptes. Le Canada aide à soutenir cet élan de changement en Afrique en transformant les désavantages en un nouveau sentiment d'optimisme. Comment le Canada vient-il en aide à l'Afrique? Le Canada a ¿uvré sans relâche sur la scène internationale pour que la question de l'Afrique demeure une préoccupation de premier plan. Alors même que nous réagissions sans hésiter aux événements planétaires - y compris au tout récent désastre du tsunami, à la crise en Haïti et aux ouragans qui ont dévasté les Caraïbes, de même qu'aux événements des dernières années en Afghanistan, en Irak et dans les Balkans -, l'Afrique est demeurée une priorité de tous les instants. C'est sous la direction du Canada que les participants au Sommet du G-8 de Kananaskis, tenu en 2002, ont répondu aux dirigeants africains. Ce sommet a instauré un nouveau mode d'interaction avec l'Afrique, un nouveau partenariat qui demeure présent aujourd'hui. Le Canada a aussi favorisé les progrès au chapitre de la paix et de la sécurité, y compris les efforts visant à bannir les mines antipersonnel à l'échelle planétaire et à limiter le commerce des diamants de la guerre. Le Canada appuie fermement l'initiative accélérée Éducation pour tous en vue de doter les pays de bonnes stratégies en matière d'éducation. Le Canada a nettement accru son soutien pour l'Afrique au cours des dernières années, d'abord par l'entremise du Fonds canadien pour l'Afrique de 500 millions de dollars annoncé dans le cadre du budget de 2001. Dans son budget de 2003, le gouvernement s'est engagé à doubler les crédits de l'aide internationale d'ici 2010 et à consacrer la moitié des sommes supplémentaires à l'Afrique. Le soutien de l'Afrique est au c¿ur des efforts du Canada au plan de l'aide internationale, qui reflètent des valeurs chères à l'ensemble des Canadiennes et des Canadiens : la compassion, la justice sociale, la générosité et la paix. De nos jours, le soutien du Canada envers l'Afrique totalise plus de 1 milliard de dollars par année. Allégement de la dette Le Canada a joué un rôle de premier plan en 1996 et en 1999 lorsque la communauté internationale a lancé puis bonifié l'Initiative des pays pauvres très endettés (PPTE). On a établi, à l'insistance du Canada, un tout premier mécanisme pour faire en sorte que tous les créanciers accordent un allégement comparable de la dette et que le produit de cet allégement soit consacré à des priorités sociales. À l'heure actuelle, 27 pays bénéficient de l'Initiative des PPTE. En bout de ligne, pour ces pays, cela représentera un allégement de leur dette totalisant 54 milliards de dollars américains. L'effort combiné de la communauté internationale réduira l'encours de la dette totale des pays pauvres de plus des deux tiers, dégageant ainsi des ressources qui pourront être consacrées à des priorités sociales. Depuis 1999, dans les pays bénéficiaires, le fardeau du service de la dette a chuté de plus du tiers, tandis que les dépenses sociales ont bondi de 44 %. Le Canada continue de contribuer nettement à ces retombées, ce dont tous les Canadiens ont raison d'être fiers. Points saillants de la contribution du Canada Le Canada a pris des mesures pour garantir le succès de l'Initiative des PPTE en aidant les créanciers multilatéraux à consentir un allégement de la dette des plus nécessaires. Ces créanciers, dont les banques multilatérales de développement, interviennent pour près de la moitié du coût de l'Initiative des PPTE. Le Canada a fourni une aide de 312 millions de dollars pour que les pays les plus pauvres et les plus endettés du globe bénéficient pleinement de l'allégement de la dette dont ils ont besoin. Le Canada est allé au-delà des attentes à son endroit dans le cadre de l'Initiative des PPTE. En 1999, grâce à l'Initiative canadienne d'allégement de la dette (ICAD), le Canada a été le premier pays à promettre de radier entièrement la dette de certains PPTE. En 2000, le ministre des Finances de l'époque, Paul Martin, a étendu l'offre de cette mesure à tous les PPTE. En janvier 2001, le ministre Martin a annoncé que le Canada cessait immédiatement de recouvrer les paiements de service de la dette des PPTE instaurant des réformes et s'engageait à remettre entièrement la dette de ces pays à mesure qu'ils termineraient le processus. C'est ainsi que le Canada annulera presque entièrement les dettes des PPTE à son endroit, soit plus de 1 milliard de dollars. À ce jour, le Canada a réduit de 590 millions de dollars la dette des pays d'Afrique dans le cadre de l'ICAD (annexe 1). Depuis le lancement de l'ICAD, la plupart des pays donateurs ont suivi l'exemple du Canada et annulé leurs dettes bilatérales. La dette multilatérale demeure toutefois un fardeau, surtout lorsque l'on compare les frais de service de cette dette aux ressources disponibles pour les programmes sociaux. C'est pourquoi le Canada a annoncé, le 2 février 2005, son intention d'aller plus loin, de prendre appui sur le leadership dont il a déjà fait preuve et de chercher à mettre au point un mécanisme d'allégement permanent de la dette. De meilleurs soins de santé en Afrique Les défis qui pèsent sur le continent africain en matière de santé sont écrasants. Malgré cela, les pays d'Afrique et les donateurs relèvent ces défis en instaurant des réformes des plus nécessaires au sujet des soins de santé. L'instauration, en 1999, des cadres stratégiques de lutte contre la pauvreté (CSLP) nationaux aide les différents pays à élaborer leur propre plan intégré et permet aux pays donateurs de mieux cibler leurs programmes d'aide et à en établir l'ordre de priorité. Cette démarche d'initiative nationale se double d'activités d'envergure planétaire axées sur la santé qui ont permis de mieux cibler la lutte contre certaines maladies importantes. Le Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme est l'un des plus importants en Afrique; il s'agit d'un partenariat innovateur entre les secteurs public et privé qui tient compte des besoins et des méthodes propres aux bénéficiaires. Le Canada a joué un rôle de premier plan dans le lancement de cette initiative, et il siège à son conseil de direction. Points saillants de la contribution du Canada En mai 2004, le premier ministre Paul Martin a annoncé une somme additionnelle de 170 millions de dollars pour la lutte mondiale contre le VIH/sida. Cela comprend le soutien du Programme de vaccination de l'Afrique contre le sida pour appuyer la mise au point d'un vaccin contre le VIH/sida. Le Canada est aussi le principal bailleur de fonds de l'initiative de l'Organisation mondiale de la santé visant à traiter 3 millions de personnes d'ici 2005, avec une contribution de 100 millions de dollars. À ce jour, l'engagement du Canada dans la lutte contre le VIH/sida totalise 600 millions de dollars. Le Canada est le premier pays à mettre en ¿uvre la décision de l'Organisation mondiale du commerce de 2003 pour offrir des versions moins coûteuses de médicaments brevetés aux pays en développement confrontés à des crises de santé publique. Il sera ainsi plus facile pour les pays en développement d'obtenir des médicaments génériques, y compris des antirétrovivaux. Le Canada a versé récemment une contribution de 42 millions de dollars pour combler un manque à gagner critique pour le financement de l'Initiative mondiale pour l'éradication de la poliomyélite afin de disposer des ressources nécessaires afin d'éliminer cette maladie d'ici la fin de 2005. Le Canada est au nombre des plus importants bailleurs de fonds pour l'éradication de cette maladie. La Fondation des Nations Unies l'a reconnu en remettant au Canada son Prix du Leadership exceptionnel de l'Initiative mondiale pour l'éradication de la poliomyélite la semaine dernière. Soutien des entrepreneurs : le rapport Martin-Zedillo L'élimination de la pauvreté requiert un secteur privé énergique, capable d'alimenter la croissance économique, la création d'emplois et les revenus des pauvres. Il faut donc veiller à ce que les marchés travaillent pour les pauvres, et plus particulièrement les agriculteurs ruraux et les entrepreneures. Le premier ministre Paul Martin, de concert avec l'ancien président mexicain Ernesto Zedillo, a élaboré une vision et un plan conçus pour aider les entrepreneurs des pays en développement. Intitulé Libérer l'entrepreneuriat ou, plus couramment, le « rapport Martin-Zedillo », ce document souligne que ce sont les microentreprises et les petites entreprises ainsi que les familles agricoles qui sont le fer de lance du secteur privé dans les pays en développement. C'est en Afrique que cette réalité est la plus vitale pour la prospérité économique. Le Canada s'est engagé à appliquer les recommandations du rapport. Cela passe notamment par la participation aux travaux de la Commission pour l'Afrique. Mise sur pied par le premier ministre britannique Tony Blair en février 2004, la Commission vise à remettre l'accent sur l'appui des pays donateurs au développement en Afrique en prévision du Sommet du G-8 qui se tiendra à Gleneagles, en juillet. À titre de l'un des 17 commissaires, le ministre des Finances, Ralph Goodale, a entrepris de vastes consultations en Afrique et au Canada. L'exercice a porté notamment sur le besoin d'améliorer l'infrastructure en Afrique, l'établissement d'un climat permettant aux entreprises de prospérer, des réformes pour aider l'Afrique à miser davantage sur l'exportation, et des mesures pour atténuer les graves problèmes de santé des peuples d'Afrique. Le rapport de la Commission pour l'Afrique devrait être publié au début de mars 2005. Points saillants de la contribution du Canada Le Canada s'est engagé à faire en sorte que le cycle du développement de Doha de l'Organisation mondiale du commerce donne des résultats d'envergure, et il y travaille. Dans l'intervalle, en 2003, il a annoncé unilatéralement l'annulation des droits de douane et des contingents sur presque toutes les importations originaires des 48 pays dits « les moins développés » par les Nations Unies, dont 34 sont en Afrique. Il a également consacré quelque 74 millions de dollars depuis 2001 à l'aide technique à caractère commercial pour l'Afrique. Le développement du secteur privé profite en outre d'initiatives du Fonds canadien pour l'Afrique. Des investissements totalisant 35 millions de dollars ont été effectués afin de promouvoir le développement de technologies de l'information et des communications pour combler le fossé numérique planétaire. Le Fonds canadien pour l'Afrique, doté de 100 millions en crédits publics et auquel le secteur privé doit fournir autant, vise à stimuler l'investissement étranger et à l'échelle du continent africain. En Afrique occidentale, l'Agence canadienne de développement international a appliqué une approche régionale et stratégique pour appuyer des réseaux de microcrédit, de même que les lois et les règlements qui régissent les coopératives d'épargne et de crédit. Conscient de l'importance de l'infrastructure pour favoriser à la fois la croissance et l'accès des pauvres aux services et aux marchés, le Canada se joint à d'autres donateurs pour réclamer un net accroissement des crédits pour l'infrastructure de la part de l'Association internationale de développement, le volet concessionnel de la Banque mondiale. Le Canada a également réussi à conclure une entente afin que la moitié de ces ressources soient consacrées au développement de l'Afrique. Annexe 1 Notes : [1] L'IDA et le FAD sont les guichets de prêts à condition de faveur de la Banque mondiale et de la Banque africaine de développement. [Retour] [2] Les pays en question sont ceux qui remplissent les conditions suivantes : (i) leur produit national brut (revenu) par habitant est inférieur à un seuil déterminé, qui est actuellement de 865 $US par année; (ii) ils n'ont pas une solvabilité suffisante pour pouvoir contracter des emprunts aux conditions du marché, de sorte qu'ils doivent absolument obtenir à des conditions de faveur les ressources nécessaires au financement de leur programme de développement; (iii) ils ont obtenu des résultats probants au chapitre de la mise en application de politiques économiques et sociales aptes à promouvoir la croissance économique et la réduction de la pauvreté. [Retour] [3] Les PPTE ayant atteint le point d'achèvement et admissibles à l'aide proposée sont : le Bénin, la Bolivie, le Burkina Faso, l'Éthiopie, le Ghana, le Guyana, Madagascar, le Mali, la Mauritanie, le Mozambique, le Nicaragua, le Niger, l'Ouganda, le Sénégal et la Tanzanie. [Retour] [4] Ces quatre pays sont : la Mongolie, le Népal, le Sri Lanka et le Vietnam. [Retour] [5] Ce type de prêt ne sert pas à effectuer des investissements particuliers mais plutôt à financer l'exécution du budget national. [Retour] [6] Auparavant appelée « facilité d'ajustement structurel renforcée », la facilité pour la réduction de la pauvreté et la croissance est le guichet de prêts à condition de faveur du FMI. [Retour]