Ottawa (Ontario) Le 7 avril 2005 (SOUS RÉSEREVE DE MODIFICATIONS) Bonne après-midi ! Je suis très heureuse d'être parmi vous aujourd'hui. Je constate que vous faites partie d'un auditoire impressionnant et diversifié. Je connais quelques-uns d'entre vous du secteur privé. D'autres d'entre vous travaillent pour des organismes non gouvernementaux et du milieu éducatif ou du milieu e la recherche. En dépit de la diversité, je sais que nous sommes tous ici aujourd'hui parce que nous partageons une vision commune. Nous savons que les plus démunis des pays en développement sont les plus travaillant au monde. Plusieurs images me viennent à l'esprit. Des fermières qui travaillent dur dans des champs arides... des jeunes vendeurs qui font la concurrence féroce pour s'enquérir des marchés urbains... des entrepreneurs qui se démènent pour trouver du financement et du soutien à la réglementation afin que réussissent leurs plans d'affaires. Ce ne sont pas des documents d'information que ces personnes recherchent, mais plutôt une main forte. Nous sommes ici aujourd'hui pour déterminer comment nous pouvons mieux les soutenir pour qu'ils se facilitent la vie. Avec environ un cinquième de la population mondiale vivant dans une pauvreté misérable avec moins d'un dollar par jour, nous ne pouvons nous permettre de faire abstraction des possibilités que peut offrir le développement du secteur privé pour favoriser la croissance économique et réduire la pauvreté. Nous savons qu'un secteur privé dynamique engendre des emplois intéressants, augmente la productivité, élargit l'assiette fiscale et favorise la venue de fournisseurs locaux qui seront en mesure de répondre aux besoins du milieu. Nous savons également que des millions d'entrepreneurs et de consommateurs pauvres sont systématiquement écartés du secteur privé général. Jusqu'à présent, notre expérience nous a montré qu'en accédant à des capitaux, des nouveaux marchés et des occasions, ces gens ont pu obtenir des résultats concrets remarquables. En rétrospective, l'attribution de microcrédits semble évidente. Mais, nous n'avons qu'à revenir à la première fois que cette proposition a été avancée. Offrons un prêt aux personnes les plus pauvres, plus précisément à des femmes qui n'ont jamais eu de prêt auparavant, travaillant sans salaire et n'ayant pas de pouvoir. Cette proposition avait semblée illusoire, voire impossible à réaliser. Cependant, nous connaissons d'emblée, le succès retentissant rencontré par cette initiative. Cela démontre ce qui peut se produire lorsque nous réunissons le secteur privé au secteur du développement. Comme certains d'entre vous le savent, je me suis présentement engagée avec mes collègues - les ministres de la Défense nationale, des Affaires étrangères et du Commerce international - à élaborer une nouvelle direction prestigieuse en matière de politique internationale pour le Canada. À cet effet, nous augmenterons notre soutien aux pays et aux secteurs qui, selon nous, possèdent l'expérience, les compétences et les ressources pour promouvoir un développement durable. Un des domaines pour lesquels nous concentrerons nos efforts sera dans le développement du secteur privé. Alors, en quoi se résume cet effort pour le programme d'aide canadien ? Pour commencer, cela signifie une sélection plus discriminatoire des interventions et des domaines de concentration spécifiques dans les pays en développement et où le Canada peut tenir le rôle de chef de file. Le Canada se concentrera sur trois aspects où il a fait preuve d'expérience et de compétence. Aider à instaurer un environnement porteur est la première de nos priorités. Cela comprend la création des conditions favorables à l'expansion du secteur privé, incluant : l'accès aux marchés, la réduction du coût et des difficultés liés à l'entreprenariat (par exemple, le coût d'enregistrement et la réglementation), la primauté du droit et l'aide aux associations d'affaires locales qui peuvent déterminer et promouvoir les changements institutionnels les plus pertinents en faveur du développement du secteur privé dans leur pays. La promotion de l'entreprenariat est le deuxième volet. Nous entendons devenir une figure de proue dans l'aide aux entrepreneurs pauvres pour l'établissement de liens entre différents marchés. Nous encouragerons la collaboration des forces et des connaissances entre les collectivités d'affaires et du développement en vue de créer des partenariats voués au succès. Par ailleurs, nous soutiendrons des stratégies financières transparentes pour le secteur privé dans les pays en développement - du microfinancement au financement à petite et à moyenne échelle, en passant par le crédit-bail et les solutions complexes de conversion de dette en participation. Finalement, le Canada aidera les pays en développement à intégrer le système commercial international et à promouvoir des occasions économiques justes pour les entrepreneurs. Nous aiderons nos partenaires des pays en développement à implanter des ententes commerciales - au moyen, par exemple, d'une coopération technique et d'un partage des connaissances - et nous aiderons les entrepreneurs à distribuer leurs produits ou services sur les marchés locaux, régionaux et internationaux. D'autre part, nous aiderons les pays à renforcer leurs systèmes de marchés publics. En définissant clairement nos priorités, nous serons en mesure d'avoir une incidence optimale. Nous désirons tirer parti de nos réussites et investir dans un portefeuille de projets. Nous reproduirons, améliorerons et adapterons ceux qui portent fruit. Et nous favoriserons les investissements « intelligents ». La meilleure façon d'aider les entrepreneurs des pays en développement est de s'assurer qu'ils ont accès à de bons conseils et à un savoir-faire utile. Cela signifie également que nous devons travailler ensemble de façon coordonnée et cohérente. Pour ce faire, nous dresserons, au cours des douze prochains mois, un bilan complet des principales compétences canadiennes ainsi que des forces des autres donateurs et des organisations multilatérales. Au cours de cette période, nous étudierons également les rapports entre les programmes bilatéraux, multilatéraux et de partenariat en développement du secteur privé, afin de déterminer quels instruments et quelles institutions sont les plus aptes à prendre en charge ces programmes. Nous mettrons également sur pied un conseil consultatif d'experts de pays développés et en développement qui aura pour mission de diffuser des conseils. Ces experts assisteront l'ACDI dans cette approche stratégique et établiront des points de référence afin de mesurer le taux de réussite et de réviser de façon périodique les progrès des programmes. Nous voulons promouvoir une meilleure coordination et établir un forum international d'échange d'idées et de leçons apprises dans ce domaine critique. Nous prévoyons organiser une rencontre annuelle réunissant des penseurs et des praticiens afin de discuter des stratégies qui fonctionnent et de celles qui ne fonctionnent pas ainsi que des priorités des principaux intervenants. La première conférence aura lieu au début de l'année prochaine. Il me fait plaisir d'annoncer que nous entendons respecter notre engagement envers le développement du secteur privé par le biais d'investissements judicieux. Nous offrirons notre soutien à six projets, totalisant plus de 25 millions de dollars, visant à promouvoir le développement durable et la prospérité en Afrique, en Asie et dans les Amériques. Au Mozambique, OXFAM Canada renforcera la capacité des organisations de la société civile à promouvoir l'esprit d'entreprise chez les petits paysans et à aider les entrepreneurs agricoles à avoir accès aux marchés locaux et nationaux. Nous établirons un Fonds d'affectation spéciale ayant pour but d'aider les pays d'Afrique subsaharienne à attirer et à conserver des investissements étrangers directs. Nous collaborerons avec CARE Canada et les universités canadiennes, y compris la Schulich School of Business à l'Université York, afin de mobiliser des étudiants canadiens de maîtrise en administration des affaires qui désirent mettre leur savoir-faire au service de projets en faveur des pauvres dans des pays en développement. Au Cambodge, nous contribuerons à améliorer les systèmes d'enregistrement foncier et d'attribution de titres de propriété au profit des travailleurs agricoles qui ne possèdent pas de terre ou dont la terre est peu fertile, afin d'encourager l'investissement dans des entreprises rurales et l'infrastructure agricole. Dans la région de Banda Aceh, qui a été dévastée par le tsunami, nous aiderons des femmes entrepreneures à avoir accès à des ressources financières et autres afin de participer aux efforts de reconstruction. En Amérique Latine et dans les Antilles, nous fournirons une assistance technico-commerciale répondant aux besoins des petites économies. Cette conférence offre une excellente occasion de partager notre savoir-faire et de découvrir des moyens qui nous aiderons à mieux promouvoir une croissance économique durable en faveur des pauvres. Il me tarde d'entendre les résultats de vos discussions. Et, comme vous le savez, le premier ministre Martin a démontré un vif intérêt dans le développement du secteur privé, et je compte partager avec lui les résultats que vous me donnerez. Comme vous, il comprend que lorsque le secteur privé fonctionne bien et de manière équitable, tout le monde y gagne. Et cela contribue à un monde meilleur. Merci.