TORONTO, le 25 avril 2005 -- Selon Exportation et développement Canada (EDC), la période 2005 2006 sera propice à une forte montée de la productivité au Canada. Dans ses prévisions semestrielles à l'exportation, EDC dit que la fermeté des économies mondiale et nationale stimulera la productivité canadienne - dont la langueur a terni une performance économique autrement impeccable. Elle ajoute que la disponibilité des capitaux et la force du dollar favoriseront les investissements en capacité au pays et à l'étranger. « Le Canada est bien placé pour accroître sa productivité grâce au commerce international », fait remarquer Stephen Poloz, premier vice-président et économiste en chef à EDC. « La première phase de cette amélioration s'est d'ailleurs déjà concrétisée puisque l'expansion notée en 2004 a permis à de nombreuses entreprises de réactiver leur capacité inutilisée. « Et voilà que plusieurs facteurs préparent le terrain pour une deuxième phase de poussée : hausse de la rentabilité, coûts d'emprunt peu élevés, bonne tenue des marchés boursiers et forte capacité de financement. » Selon EDC, même si la croissance économique mondiale connaît un ralentissement en 2005, celui-ci n'est pas aussi marqué que prévu. Les entreprises canadiennes profitent donc toujours d'un marché propice à une croissance de leurs exportations. La force du huard favorise le développement de chaînes d'approvisionnement mondiales et a réduit le coût d'importation de machinerie au Canada, créant de meilleures perspectives de gains de productivité. EDC précise que de tous les facteurs annonciateurs d'améliorations à cet égard, l'investissement canadien à l'étranger est le plus prometteur. « Les entreprises canadiennes pourraient bien reproduire le miracle de productivité qui a caractérisé le secteur manufacturier aux États-Unis, confie M. Poloz. Le recours à des fournisseurs étrangers par les entreprises américaines a grandement accru les échanges intra entreprise, renforçant ainsi la spécialisation et la productivité nationales. Le temps est venu pour les entreprises canadiennes d'appliquer ce genre de stratégie. » Selon l'analyse par pays et par secteur réalisée par EDC, le rythme de croissance de l'économie mondiale dépassera le taux tendanciel durant deux autres années. Comparativement au point de surchauffe de 5 % atteint en 2004, une croissance plus modérée de 4,2 % et 4,1 % est prévue pour 2005 et 2006 respectivement. Ce scénario constituera une base solide pour les exportations canadiennes, dont l'expansion devrait toutefois se modérer à 3 % au cours de chacune de ces deux années, ce qui contraste nettement avec la progression de 5,6 % enregistrée en 2004. C'est dans la région Asie Pacifique que la croissance demeurera la plus forte, à 7,1 %. La Chine et l'Inde mèneront le bal avec des taux de 8,6 % et 7 % respectivement, contre 9,5 % et 6,9 % en 2004. De 4,4 % qu'il était l'année dernière, le taux de croissance de l'économie américaine reculera à 3,5 % en 2005. EDC prévoit aussi un ralentissement en Amérique latine, où la croissance passera de 6,2 % en 2004 à 4,3 % cette année. La conjoncture demeurera terne en Europe occidentale, où le taux de progression de l'économie fléchira pour passer de 1,9 % à 1,7 %. Quoiqu'en baisse par rapport à un bouillant taux de croissance de 7,3 % l'an dernier, l'expansion économique en Europe centrale et orientale n'en demeurera pas moins respectable cette année, à 5,6 %. Pour le Canada, des fondamentaux intérieurs favorables généreront des taux de 2,4 % et 2,9 % en 2005 et 2006. D'après EDC, il y a au moins huit ans que les pays en développement ont affiché des conditions économiques et un niveau de risque aussi favorables. La croissance rapide de l'économie et les investissements massifs dans de nouvelles infrastructures sonnent le retour des capitaux étrangers sur les marchés en développement. Les expéditions canadiennes vers ces marchés ont été exceptionnellement vigoureuses en 2004 et les indicateurs pointent vers le maintien d'une bonne performance à ce poste en 2005 et 2006. En 2004, la croissance mondiale a été plus forte qu'anticipé, et la plupart des principales monnaies ont bien réagi au rééquilibrage. L'effet sur les cours de l'énergie et des autres produits de base a projeté le dollar canadien au delà des prévisions. Le huard devrait, selon EDC, se situer à près de 0,77 USD d'ici la fin de 2005 et continuer à fléchir graduellement tout au long de 2006, à mesure que les cours de l'énergie diminueront et que se stabiliseront les prix des produits non énergétiques. Si EDC s'attend à ce que les exportations déclinent en 2005 puis se stabilisent en 2006, elle entrevoit dans le même temps le maintien d'une belle performance dans certains secteurs clés. Les fabricants canadiens de machinerie et d'équipement continueront de profiter de la hausse de l'investissement commercial, puisque les entreprises du monde entier s'efforcent de réduire leurs coûts en employant plus de capital productif. Les secteurs des technologies de pointe et des télécommunications se sont ressaisis en 2004 et afficheront une progression soutenue jusqu'à la fin de 2006. Les exportations d'énergie connaîtront une autre bonne année, mais leur valeur devrait régresser en 2006. D'autres produits à base de ressources naturelles comme les métaux, les produits chimiques et les engrais évolueront de la même manière. La valeur des exportations de produits forestiers restera au point neutre cette année, car malgré une demande assez stable pour le bois d'oeuvre et les autres produits du bois, on assistera à un fléchissement des prix. Les expéditions de produits automobiles devraient marquer le pas en 2005, tandis que le secteur de l'aéronautique restera faible, encore que certains sous-secteurs de cette industrie - pièces, hélicoptères, révision et entretien - devraient conserver une bonne tenue. « Après trois années consécutives de déclin, les exportations canadiennes ont rebondi en 2004, de déclarer M. Poloz. Le relèvement des cours des matières premières et de l'énergie pendant la seconde moitié de 2004, conjugué à l'appréciation du CAD, a créé des conditions commerciales plus difficiles. Les nuages persisteront tout au long de 2005, mais des gains de productivité permettront aux exportateurs de tirer leur épingle du jeu. » EDC prévient qu'en raison d'une modération moins rapide que prévu de la croissance mondiale, la formation d'un cycle de taux d'intérêt plus vigoureux et potentiellement destructeur est plus probable aujourd'hui qu'il y a un an. Elle recommande donc la vigilance. EDC note par ailleurs que les risques géopolitiques demeurent élevés dans certaines régions du monde, ce qui fait peser un risque considérable sur le marché mondial du pétrole. Enfin, elle fait observer que l'instabilité et l'incertitude persistent sur les marchés des changes. Les Prévisions à l'exportation d'EDC présentent les plus récentes conditions d'exportation à l'échelle mondiale, notamment les perspectives relatives aux taux d'intérêt et aux taux de change, ainsi que des stratégies d'exportation visant à aider les entreprises canadiennes à minimiser leurs risques. Elles proposent également une analyse des risques de détérioration avec lesquels les exportateurs doivent être prêts à composer. La version intégrale des prévisions semestrielles à l'exportation d'EDC se trouve sur le site Web de la Société, à : http://www.edc.ca/docs/ereports/gef/EFindex_f.htm EDC est une société d'État qui offre aux exportateurs et aux investisseurs canadiens des services de financement du commerce extérieur et de gestion des risques sur quelque 200 marchés. -30- Contacter : Glen Nichols Affaires publiques Téléphone : (613) 598 2876 glnichols@edc.ca