Ottawa, le 27 avril 2005 - Le Dr James Henry, neurophysiologue et premier directeur scientifique du Michael G. DeGroote Institute for Pain Research and Care à l'Université McMaster, et le Dr Alex Jadad, directeur du Centre for Global e-Health Innovation et titulaire d'une chaire de recherche du Canada en innovation et cyber-santé et de la chaire de la famille Rose en soins palliatifs à Toronto, ont présenté les résultats de leurs travaux sur la douleur et la fatigue à une réunion du Groupe de travail sur l'échange de connaissances (GTEC) les 18 et 19 avril 2005. Le Dr Henry a découvert que la douleur en tant que telle est aussi une maladie. « Notre recherche démontre que la douleur chronique, c'est-à-dire la douleur qui dure plus de six mois - peut amener des changements physiologiques qui sont tels que la douleur devient en soi une maladie » , a-t-il dit. « Cela signifie que nous avons non seulement besoin d'une détection et d'un traitement précoces, mais que nous devons aussi éliminer les nombreux obstacles qui nous empêchent à l'heure actuelle de prendre en charge efficacement la douleur chronique. » « Le manque de connaissances et de formation des médecins par rapport à la douleur chronique, l'idée répandue que la douleur est acceptée et normale, le fait que les patients craignent les analgésiques et leurs effets secondaires, et l'absence de politique sanitaire pour la gestion de la douleur ne sont que quelques-uns des obstacles qui nous empêchent de nous attaquer comme il se doit à cet important problème » , a ajouté le Dr Henry. Le Dr Jadad a souligné un autre obstacle à la prise en charge efficace de la douleur : l'explosion des connaissances et les intérêts concurrents des sociétés pharmaceutiques, des gouvernements, des professionnels de la santé et des chercheurs. « Déjà en 2000, plus de 24 000 études avaient porté sur le soulagement de la douleur, a dit le Dr Jadad, et pourtant nous n'avons pas encore de réponse à la majorité de nos questions au sujet de la douleur musculo-squelettique » . Recommandations des chercheurs : Adopter une approche indépendante de la formation et de la recherche. Réévaluer l'insistance sur des essais visant à prouver l'efficacité potentielle comme pièce maîtresse du processus d'approbation des médicaments. Nommer des protecteurs du public indépendants (p. ex. comités d'éthique, registres des essais et organismes de réglementation). Obliger les sociétés pharmaceutiques à prendre en charge l'essentiel du soutien financier sans conditions. Instituer un mécanisme strict de surveillance post-commercialisation. Le GTEC a été créé à l'initiative de l'Institut de l'appareil locomoteur et de l'arthrite (IALA) des Instituts de recherche en santé du Canada (IRSC) à l'automne 2004. Un de ses centres d'intérêt prioritaires est la douleur chronique, car il s'agit là d'une expérience commune pour les personnes atteintes de maladies et de troubles musculo-squelettiques. « Notre but en formant le GTEC était d'habiliter un groupe de consommateurs-patients à devenir des « ambassadeurs » de la recherche dont les efforts serviraient à promouvoir la recherche et l'éducation sur une vaste gamme de maladies et de troubles musculo-squelettiques qui coûtent actuellement quelque 16 milliards de dollars par année aux contribuables » , a dit le directeur scientifique de l'IALA, le Dr Cy Frank. « À la fin, nous espérons que ce transfert et cet échange accélérés de connaissances entre cliniciens et consommateurs se traduiront par une amélioration de la santé de tous les Canadiens. L'IALA appuie la recherche visant à améliorer la vie active, la mobilité et le mouvement, la santé bucco-dentaire, et à étudier les causes, la prévention, le dépistage, le diagnostic, le traitement, les systèmes de soutien et les soins palliatifs relativement à un large éventail de pathologies liées aux os, aux articulations, aux muscles, au tissu conjonctif, à la peau et aux dents. -30- Renseignements :Doris WardResponsable des communications Institut de l'appareil locomoteur et de l'arthrite(403) 210-9899 ou (403) 217-3966