QUÉBEC - Le 10 mai 2005 - Selon les perspectives provinciales d'Exportation et développement Canada (EDC), les exportateurs du Québec peuvent être généralement optimistes pour 2005, mais un recul des ventes d'avions et une concurrence accrue dans le secteur du vêtement limiteront à 2 % la croissance des exportations de la province en 2005. « La majorité des exportateurs québécois connaîtront une autre bonne année en 2005 », prévoit Stephen Poloz, premier vice président et économiste en chef à EDC. « Le rythme de croissance ne sera pas aussi frénétique qu'en 2004, mais plusieurs industries demeureront très dynamiques. » Après une poussée de 15,1 % l'an dernier, les ventes à l'étranger de biens industriels devraient afficher une hausse encore très appréciable cette année, de l'ordre de 7 %. La vigueur des cours des métaux et l'augmentation de la capacité de production des alumineries de Bécancour et Alouette d'Alcan soutiendront les ventes de métaux. La demande de produits chimiques et de plastiques restera ferme elle aussi, grâce à des fondamentaux mondiaux généralement solides. En 2006 toutefois, les exportations de biens industriels fléchiront probablement de 1 %, résultat d'un ralentissement de l'économie mondiale et d'un repli des cours des produits de base. « Dans le secteur de la machinerie et de l'équipement (M É), les exportations seront stimulées par des dépenses en immobilisations qui devraient demeurer soutenues aux É. U. en 2006, déclare M. Poloz. Une rentabilité accrue des entreprises, des taux d'intérêt relativement bas et une capacité limitée sur le marché américain devraient entraîner une augmentation de 6 % des exportations québécoises de M É en 2005. » Cette année, la hausse touchera tous les sous secteurs, mais elle sera plus prononcée aux postes de la machinerie agricole et du matériel de TI. Pour 2006, EDC prévoit toujours une solide croissance de 4 % des exportations de M É, ce qui est considérable vu les taux de croissance déjà élevés des deux années précédentes. La faiblesse de certains secteurs clés limitera cependant la croissance globale des exportations québécoises. Dans le cas de l'aéronautique, la forte dépendance envers les ventes à l'étranger d'avions de transport régional à réaction (ATR) de 50 à 70 places continuera de peser sur les prévisions établies pour l'ensemble du secteur du matériel de transport. Selon EDC, la saturation progressive du marché des ATR, la faiblesse persistante de la demande dans l'industrie mondiale de l'aviation et la pression toujours sentie d'un dollar canadien fort feront reculer de 15 % les ventes de matériel de transport de la province cette année. Cette conjoncture défavorable se prolongera en 2006, ce qui fera fléchir les exportations d'un autre point de pourcentage. Mais comme le souligne M. Poloz, « il n'y a pas que des mauvaises nouvelles dans l'aéronautique. Des sous secteurs comme ceux des pièces d'avion, des hélicoptères et de l'avionique affichent de solides résultats. Mis à part le marché des ATR, les exportations du secteur des transports se redressent et on assiste à une reprise de la demande de matériel ferroviaire. » Dans le secteur du vêtement - un des moteurs de l'industrie des biens de consommation de la province - la situation demeurera difficile et les exportations en souffriront. L'abolition graduelle de l'accord multifibres, l'intensification de la concurrence des pays à bas salaires et la vigueur du huard nuiront aux exportateurs de ce secteur. Et le tableau est assombri davantage par un relèvement des taux d'intérêt et un renchérissement du pétrole qui comprimeront la demande américaine pour les autres biens de consommation. « Nous entrevoyons de belles possibilités d'expansion pour l'ensemble de l'industrie en Europe et au R. U., où les monnaies devraient rester fortes par rapport au dollar canadien », note Stephen Poloz, qui précise toutefois que de façon générale, les expéditions de biens de consommation à l'étranger déclineront en 2005 et 2006. Après avoir augmenté de 10,4 % en 2004, les exportations québécoises de produits forestiers perdront de l'élan et ne progresseront que de 3 % cette année. « La hausse de cette année ne reposera que sur les prix car la faiblesse des fondamentaux de cette industrie entraîne une contraction de la capacité », fait remarquer M. Poloz. « Les exportations de papier journal, principal produit forestier du Québec, continuent de subir les contrecoups de nombreuses fermetures d'usines et de conversions vers des papiers de meilleure qualité, une situation causée par les prix élevés de l'électricité et la force du huard, explique M. Poloz. Quant aux producteurs de pâte, ils sont frappés par des hausses des prix de la fibre de bois parmi les plus élevées dans l'Est, tandis que l'industrie du bois d'¿uvre se heurte à des limites de capacité de transport qui réduisent l'accès au marché crucial des É. U. » De plus, une commission mandatée par le gouvernement provincial a recommandé une réduction de 20 % des droits de coupe de bois afin de maintenir la durabilité de la ressource. La mise en ¿uvre de ces restrictions en 2005 influerait négativement sur les prévisions. En 2006, les fondamentaux resteront essentiellement inchangés, mais une détérioration de la conjoncture des prix et une baisse de la construction résidentielle aux É. U. feront stagner les exportations. À l'échelle nationale, EDC prévoit que de bons fondamentaux intérieurs feront progresser l'économie canadienne de 2,4 % en 2005 et de 2,9 % en 2006, et les exportations de 3 % au cours de chacune des deux années. On peut consulter les Prévisions à l'exportation d'EDC sur le site Web de la Société, à l'adresse suivante : http://www.edc.ca/docs/ereports/gef/EFindex_f.htm. EDC est une société d'État qui offre aux exportateurs et aux investisseurs canadiens des services de financement du commerce extérieur et de gestion des risques sur quelque 200 marchés. -30- Contact Glen Nichols Affaires publiques, EDC Téléphone : (613) 598 2876 Courriel : glnichols@edc.ca