Longueuil (Québec), le 30 juin 2005 - Lancé il y a deux ans par l'Agence spatiale canadienne (ASC), « l'humble télescope spatial » du Canada a rapidement commencé à faire de fascinantes observations, dépassant la capacité de tout autre instrument d'observation spatial ou terrestre. Le télescope MOST, qui a la taille d'une mallette, est installé sur une orbite à 820 km d'altitude et peut fixer une étoile pendant huit semaines. Grâce à sa grande précision et à sa durée d'observation, MOST peut surveiller les subtiles variations des étoiles et révéler des phénomènes impossibles à observer depuis la Terre.
Révolutionner les théories des astronomes
L'une des premières découvertes de MOST et de son équipe scientifique, dirigée par Jaymie Matthews de l'Université de la Colombie-Britannique, a complètement révolutionné les théories des astronomes concernant certaines étoiles. D'ailleurs, les résultats inattendus de ces observations ont été publiés en juillet 2004 dans la prestigieuse revue scientifique Nature. Lors de l'observation de Procyon, l'une des étoiles les mieux connues de la galaxie, l'équipe a remarqué que l'astre ne présentait aucune oscillation, contrairement à ce que laissaient croire les théories et les observations effectuées depuis la Terre au cours des vingt dernières années. À leur grande surprise, Procyon s'est révélé être un astre qui émet une lueur continue. Cette découverte a amené plusieurs astronomes travaillant à l'élaboration de futures missions spatiales à retourner à leurs ordinateurs et à redéfinir leurs modèles.
Une étoile obéissant au pas d'une planète?
MOST a également fait la découverte d'un étonnant système planétaire, tau Bootis, où une planète géante semble forcer son étoile mère à tourner sur elle-même en synchronisme avec le mouvement de la planète sur son orbite. « Les astronomes n'ont jamais rien vu de tel », de dire M. Matthews. Selon toute vraisemblance, seule l'enveloppe gazeuse externe de l'étoile subit l'influence de la planète, un peu à l'instar du système Terre-Lune où la Lune exerce une légère influence sur la mince couche d'eau recouvrant la surface de la Terre (phénomène des marées), influence qui n'est cependant pas suffisante pour entraîner toutes les couches de la Terre dans un mouvement rotatif synchronisé.
Une étoile intrigante, réglée comme une horloge
Le télescope spatial MOST a fourni aux astronomes Laure Lefèvre et Anthony Moffat (de l'Université de Montréal) et à Sergueï Marchenko (de la Western Kentucky University) de nouveaux indices concernant une étoile exotique au moins dix fois plus massive que le Soleil et qui éjecte dans l'espace plus de 100 billions de tonnes de gaz par seconde. L'équipe responsable de la mission MOST, qui a étudié cet astre pendant cinq semaines, a découvert un cycle dans le comportement erratique de cet astre. Ce type d'étoile massive est reconnu depuis longtemps pour ses variations complexes et en apparence irrégulières de luminosité, ainsi que pour ses éjections de vents violents. Or, grâce à ses observations, MOST a permis de découvrir que, sous son aspect chaotique, cette étoile était réglée comme une horloge, la variation de luminosité correspondant à un cycle stable de 10 heures. « La découverte d'un cycle stable dans une étoile de ce type équivaut pour les astronomes à découvrir la pierre de Rosette », exprime Laure Lefèvre, membre de l'équipe scientifique.
De la théorie à la pratique
M. David Guenther de l'Université Saint Mary d'Halifax, en Nouvelle-Écosse, et les membres de l'équipe scientifique responsable de la mission MOST ont découvert des vibrations déphasées dans une étoile proche de notre système et semblable au Soleil appelée eta Bootis. « Nos modèles stellaires théoriques sont quelque peu décalés par rapport aux données sur eta Bootis. Cela signifie que nous devons peaufiner nos modèles informatiques », de souligner M. Guenther. « En utilisant l'étoile eta Bootis comme référence, c'est-à-dire comme un "diapason" stellaire, les modèles informatiques retouchés permettront aux astronomes de mieux comprendre notre propre étoile, le Soleil ».
Partie de cache-cache cosmique avec une planète lointaine
Les instruments de MOST sont si sensibles qu'ils sont capables de détecter la présence de planètes évoluant autour d'étoiles lointaines en mesurant simplement la variation de la lumière émise par ces systèmes. Les scientifiques peuvent même déduire d'importants indices concernant l'atmosphère et la couverture nuageuse des exoplanètes (ces planètes qui tournent autour d'étoiles autres que le Soleil). Vers la fin de l'été 2005, les membres de l'équipe scientifique de MOST pointeront pendant 45 jours le télescope spatial vers la planète HD209458b, qui a été découverte plus tôt cette année par l'observatoire spatial Spitzer de la NASA. Ils espèrent ainsi avoir une meilleure idée de la composition de l'atmosphère de cette planète et obtenir des données sur son climat (température, pression atmosphérique et couvert nuageux).
La mission MOST (microvariabilité et oscillations stellaires) est une initiative dirigée par l'Agence spatiale canadienne. Dynacon Inc., de Mississauga, en Ontario, est l'entrepreneur principal chargé de la fabrication et de l'exploitation du satellite, en collaboration avec l'Institut d'études aérospatiales de l'Université de Toronto (UTIAS) à titre de principal sous-traitant. L'Université de la Colombie-Britannique est le principal entrepreneur en ce qui concerne la mise au point des instruments du télescope et leur exploitation scientifique. MOST est suivi et exploité par le biais d'un réseau mondial de stations au sol réparties à l'UTIAS, à l'Université de la Colombie Britannique et à l'Université de Vienne.
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Nicholas Girard
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