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2005-49
HAMILTON, ONTARIO (3 novembre 2005) - D'après une étude mondiale publiée dans le numéro de cette semaine de The Lancet, le rapport taille-hanches, et non l'indice de masse corporelle (IMC), serait la mesure de l'obésité la plus fiable pour évaluer les risques de crise cardiaque.
Si on redéfinit l'obésité par le rapport taille-hanches au lieu de l'IMC, la proportion de la population prédisposée à une crise cardiaque est multipliée par trois, selon les calculs des auteurs.
Des recherches antérieures ont démontré que l'obésité augmente les risques de maladies cardiaques. Toutefois, ces études ont surtout été menées auprès de populations d'origine européenne ou nord-américaine. Les données disponibles sur les autres populations sont donc limitées. Dans la dernière étude, Dr Salim Yusuf, directeur du Population Health Research Institute de l'Université McMaster et de Hamilton Health Sciences, et ses collègues ont entrepris de déterminer si d'autres marqueurs de l'obésité, en particulier le rapport taille-hanches, pouvaient s'avérer plus fiables que l'IMC traditionnel pour prédire les risques de crise cardiaque au sein de différents groupes ethniques.
Les chercheurs ont examiné l'IMC, le rapport taille-hanches, le tour de taille et le tour de hanches de plus de 27 000 personnes de 52 pays. La moitié des sujets avaient déjà fait une crise cardiaque; l'autre moitié était formée d'un groupe témoin composé de sujets de même âge et de même sexe (personnes qui n'ont pas fait de crise cardiaque et qui sont du même âge et du même sexe que le premier groupe). L'équipe a découvert que les personnes ayant déjà fait une crise cardiaque avaient un IMC légèrement plus élevé que dans le groupe témoin et qu'il n'y avait pas de différence entre le Moyen-Orient et l'Asie du Sud à cet égard. En revanche, on a observé que le rapport taille-hanches des personnes ayant fait une crise cardiaque était étonnamment plus élevé que dans le groupe témoin, sans égard aux autres facteurs de risque de maladies cardiovasculaires. Les chercheurs n'ont pas constaté de différence entre les sexes, les groupes d'âge et les régions du monde.
Les auteurs mentionnent que le rapport taille-hanches est trois fois plus fiable que l'IMC pour prédire les risques de crise cardiaque. Un tour de taille élevé (indicateur du gras abdominal) s'est révélé dommageable, tandis qu'un tour de hanches élevé (pouvant indiquer la masse musculaire du bas du corps) a démontré un effet protecteur.
Le rapport taille-hanches est calculé en divisant le tour de taille par le tour de hanches. Le seuil établi pour les facteurs de risque de maladies cardiovasculaires est inférieur à 0,85 pour les femmes et à 0,90 pour les hommes. Un chiffre élevé signifie qu'il y a plus de risque.
« Nos résultats semblent indiquer qu'il faut procéder à une importante réévaluation de l'importance de l'obésité comme facteur de risque de maladies cardiovasculaires dans la plupart des régions du monde » , a conclu Dr Yusuf.
Dr Yusuf est professeur de médecine à la Michael G. DeGroote School of Medicine de l'Université McMaster. Il est également cardiologue au Hamilton Health Sciences et est titulaire de la chaire de recherche de la Fondation des maladies du coeur de l'Ontario en cardiologie à l'Université McMaster. Son financement a été obtenu des Instituts de recherche en santé du Canada, de la Fondation des maladies du coeur de l'Ontario et de 37 autres sources, y compris plusieurs sociétés pharmaceutiques qui ont offert un soutien sans réserve.
Dans un commentaire publié conjointement, Charlotte Krageland de l'Université d'Oslo, en Norvège, a déclaré que « le principal message émanant du nouveau rapport est que l'IMC n'est plus une mesure fiable de l'obésité. Le rapport taille-hanches, simple à calculer, permet de mieux évaluer les risques associés à l'obésité » .
Dr John Kelton, doyen de la Michael G. DeGroote School of Medicine ainsi que doyen et vice-président de la Faculté des sciences de la santé de l'Université McMaster, a déclaré que les résultats de cette étude nous amèneront à changer, à l'échelle internationale, la façon dont nous évaluons les risques de maladie cardiaque chez les patients. Le fait de pouvoir facilement évaluer ces risques nous permettra de mieux saisir les enjeux à cet égard et d'établir un traitement.
Dr Alan Bernstein, président des Instituts de recherche en santé du Canada, a affirmé : « Le lien entre l'obésité et les maladies cardiovasculaires est connu depuis longtemps. Grâce à la recherche menée par le Dr Yusuf, nous comprenons mieux maintenant les risques associés à l'obésité, ce qui nous permettra de prévoir des interventions plus efficaces en matière de santé ».
Laura Syron, vice-présidente de la recherche pour la Fondation des maladies du coeur de l'Ontario, a déclaré : « Pour la fondation, c'est très gratifiant d'être témoin encore une fois d'un autre des nombreux succès du Dr Yusuf et de son équipe. Nous avons appuyé cette initiative depuis le début et c'est merveilleux de suivre le fil de cette histoire de l'Ontario à travers le monde. »
Murray Martin, président-directeur général du Hamilton Health Sciences, a déclaré : « une partie de notre mission, en tant qu'hôpital d'enseignement, consiste à faire progresser les soins de santé par l'éducation et la recherche. La détermination du Dr Yusuf à trouver des réponses aux importantes questions de santé cardiovasculaire qui touchent des gens partout dans le monde illustre bien le rôle de chef de file que nous assumons au Hamilton Health Sciences » .
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