TORONTO, Le 2 novembre 2005 -- La croissance mondiale demeure solide à court terme mais elle ralentira considérablement en 2006, selon les Prévisions à l'exportation semestrielles publiées aujourd'hui par Exportation et développement Canada (EDC).
« Les exportateurs canadiens traversent une période très stressante, et rien n'indique que les choses vont s'améliorer. Ce qui nous fait dire que 2006 sera une année de ralentissement », a fait remarquer Stephen Poloz, premier vice-président, Affaires générales, et économiste en chef à EDC. « La croissance économique et les ventes à l'exportation ont amorcé la descente, et elles poursuivront leur chute en 2006. Les taux d'intérêt augmentent, et ils n'ont pas fini de progresser. Le dollar est très fort, et le demeurera à moins d'une correction soudaine des cours pétroliers. »
EDC prévoit une expansion économique mondiale nettement plus modeste de 4,2 % en 2005 et de 4,1 % en 2006 après un taux de croissance de 5,1 % en 2004. Au Canada, la croissance devrait demeurer stable à 2,8 % en 2005 et 2,9 % en 2006. Aux États Unis, elle devrait ralentir à 3,5 % en 2005 et en 2006 (un recul par rapport à 4,2 % en 2004).
La croissance mondiale des dernières années a alimenté la forte demande liée aux ressources primaires et a donné lieu à une poussée des cours, plus particulièrement en ce qui a trait à l'énergie et aux métaux communs. La progression des cours de l'énergie a stimulé l'inflation, faisant craindre une accélération généralisée des hausses de prix. EDC fait toutefois remarquer que l'inflation de base est demeurée relativement stable à l'extérieur du secteur de l'énergie. Elle prévoit un cycle de taux d'intérêt modérés ainsi qu'un relâchement des cours des ressources (incluant le pétrole), et s'attend à ce que le dollar canadien redescende mais se maintienne au-dessus de 0,80 USD en 2006.
« Cette combinaison de facteurs risque d'ouvrir la porte à de légers symptômes du syndrome hollandais, selon lequel l'essor du secteur de l'énergie entraîne un resserrement des autres secteurs, de poursuivre M. Poloz. Il y a toutefois une bonne nouvelle - ce phénomène est aussi à la base de l'accroissement de la productivité, la solidité du dollar permettant de réduire nettement le coût d'achat de nouvel équipement et de mondialiser les chaînes d'approvisionnement. »
Le relâchement de l'activité économique mondiale donnera lieu à un ralentissement de la croissance des exportations canadiennes. La valeur des exportations de biens et de services canadiens devrait en effet s'accroître de 4 % en 2005 et de 3 % en 2006 - en baisse comparativement à l'expansion de 8 % de 2004. Les exportations sur les marchés en développement sont bien positionnées pour dépasser une fois de plus les expéditions vers les pays industrialisés. Les ventes canadiennes vers les pays en développement devraient terminer l'année 2005 en hausse de 11 %, alors que celles vers les pays industrialisés afficheront une progression de 3.8 %. EDC s'attend à un écart semblable en 2006, soit à une augmentation de 8 % des exportations vers les marchés en développement et de 2 % de celles vers les marchés industrialisés.
L'agroalimentaire et les engrais seront en tête de peloton des secteurs d'exportation en 2006, avec des gains respectifs attendus de 8 %. Les secteurs les plus faibles seront ceux des biens de consommation (recul de 4 %) et des minerais et métaux (repli de 5 %), la baisse du secteur des métaux étant attribuable à une diminution des cours. La plupart des autres secteurs connaîtront un taux d'accroissement des exportations de l'ordre de 3 à 5 % en 2006, notamment l'aéronautique (6 %), les télécommunications (5 %), l'énergie (5 %), la machinerie et l'équipement, de même que les services (4 %) et les véhicules à moteur (3 %). Le secteur de la foresterie continuera d'en arracher, encore qu'une hausse de 2 % soit prévue pour 2006.
L'an prochain, les taux de croissance des exportations les plus élevés seront réalisés au Manitoba (9 %, comparativement à 5 % en 2005), au Nouveau-Brunswick (7 %, contre 8 % en 2005) et en Saskatchewan (6 %, ce qui est toujours bien même s'il s'agit d'un recul par rapport au taux de 11 % réalisé en 2005). Comme il fallait s'y attendre, le nivellement des cours pétroliers réduira la croissance des exportations dans les provinces où le secteur de l'énergie est important, notamment l'Alberta (4 %, comparativement à 12 % en 2005) et la Colombie Britannique (3 %, contre 7 % en 2005). Terre-Neuve-et-Labrador passera d'une situation de repli de 5 % en 2005 à une stabilisation de ses exportations. En Nouvelle Écosse, les ventes à l'étranger augmenteront de 3 % l'an prochain, après avoir reculé de 6 % cette année.
« Après l'atteinte du sommet économique mondial, la descente sera difficile pour certains exportateurs. Toutefois, les entreprises canadiennes ne restent pas là à rien faire, et nous voyons déjà des signes d'amélioration », d'ajouter M. Poloz.
On peut consulter les Prévisions à l'exportation d'EDC au site http://www.edc.ca/docs/ereports/gef/EFindex_f.htm.
Exportation et développement Canada (EDC), organisme de crédit à l'exportation du Canada, offre des solutions commerciales novatrices pour aider les exportateurs et les investisseurs canadiens à réussir sur les marchés mondiaux. Chaque année, quelque 7,000 entreprises canadiennes et leurs clients étrangers tirent profit de ses connaissances et de ses partenariats pour faire des affaires sur environ 200 marchés. Société financièrement autonome, EDC est un chef de file reconnu dans l'établissement de rapports financiers, l'analyse économique et la gestion des ressources humaines.
- 30 -
Contact :
Phil TaylorAffaires publiques (613) 598-2904ptaylor@edc.ca