Richard Lipsey, économiste canadien renommé, s'est vu offrir hier soir la Médaille d'or du Conseil de recherches en sciences humaines (CRSH) de 2005 à l'occasion d'une cérémonie tenue à la Simon Fraser University (SFU), à Vancouver. Il s'agit là de la plus grande distinction que le CRSH puisse décerner.« M. Lipsey est aujourd'hui l'un des économistes les plus influents et prolifiques du Canada », a remarqué Stan Shapson, président par intérim du CRSH. «Tout le long de sa carrière, il a remis en question des théories et des vérités acceptées, et a considérablement influencé non seulement le domaine de l'économie, mais la société canadienne dans son ensemble.»En effet, ce professeur émérite de la SFU, principalement reconnu pour avoir déclenché le débat sur le libre-échange dans les années 1980, a consacré les 50 dernières années à la recherche, à l'enseignement et à l'élaboration de politiques en économie, travail qui a contribué à remodeler l'économie canadienne et à changer la façon dont les économistes du monde entier conçoivent leur travail.« Par sa recherche, M. Lipsey a touché à presque tous les aspects de l'économie théorique et appliquée, » a souligné John Pierce, doyen de la Faculté des arts et des sciences sociales de la SFU. « Il s'est engagé à mettre sa recherche à contribution pour les Canadiens, que ce soit par l'amélioration des politiques publiques ou une meilleure compréhension des questions économiques. »Ses plus importantes découvertes de recherche - comme la théorie générale du deuxième choix - ont effectivement remis en question des théories fondées sur des conditions « optimales » et incité les économistes à appliquer leurs travaux à des situations réelles. « J'ai toujours pensé que mes travaux devaient être adaptés au contexte du monde réel ou qu'autrement ils ne servaient à rien », a expliqué M. Lipsey.Grâce à tous les succès qu'il a connus au fils des ans, Richard Lipsey s'est vu attribuer l'Ordre du Canada et neuf diplômes honorifiques d'universités canadiennes et britanniques. Toutefois, malgréces honneurs, il est surtout fier de son travail en classe, où il guide de jeunes étudiants vers de brillantes carrières, et de la rédaction de l'un des manuels scolaires les plus importants du XXe siècle. Publié pour la première fois en 1963, An Introduction to Positive Economics a effacé l'ancienne façon de concevoir la théorie économique et a changé la manière dont tous les économistes envisagent leur travail. Traduit en 15 langues, ce manuel a initié des générations d'étudiants à l'économie.Dans les années 1980, M. Lipsey a entrepris ce qu'il appelle lui-même une « longue et dure bataille » au sujet du libre-échange, laquelle a pris fin en 1992 par la signature de l'Accord de libre-échange nord-américain (ALENA). « Quand j'ai entamé ma recherche, le libre-échange avec les États-Unis était un sujet tabou, a fait remarquer le chercheur. Prononcer le mot était même considéré, pour un politicien, comme un suicide politique. »Mais après avoir rédigé un livre sur les relations économiques entre le Canada et les Etats-Unis, alors qu'il était le conseiller économique principal de l'Institut C.D. Howe, M. Lipsey est devenu convaincu que le libre-échange serait une bénédiction pour le Canada. Il avait l'impression que de nombreuses industries canadiennes étaient assez fortes pour fonctionner seules et s'inquiétait de constater une certaine montée du protectionnisme aux États-Unis. Il a donc conclu que le libre-échange protégerait le Canada contre les tarifs douaniers américains élevés et lui permettrait de prospérer. Il a présenté ses idées à Ottawa ainsi que lors d'émissions télévisées et de débats politiques. Les politiciens n'ont pas tardé à l'écouter et c'est ainsi que la politique commerciale du Canada a changé à tout jamais.D'une valeur de 100 000 $, la Médaille d'or du CRSH est remise chaque année à un chercheur dont les travaux ont permis de mieux faire comprendre le domaine de recherche, d'enrichir la société canadienne et de contribuer au milieu culturel et intellectuel du Canada. Charles Taylor, philosophe de Montréal, et Alex Michalos, expert en qualité de vie, comptent parmi les anciens récipiendaires de cette médaille.La cérémonie de remise des prix a également permis de reconnaître les contributions de nouveaux chercheurs, qui font déjà tourner des têtes dans le monde universitaire. Jill Scott, de la Queen's University, a reçu le Prix Aurore du CRSH pour ses travaux sur le rôle du pardon dans un monde qui a vécu les événements du 11 septembre. Ce prix, d'une valeur de 25 000 $, rend hommage à un nouveau chercheur exceptionnel qui a fait preuve d'originalité et de perspicacité dans ses travaux de recherche en sciences humaines. Originaire d'Edmonton, Valerie Henitiuk a été reconnue comme la meilleure chercheure de l'année ayant reçu une bourse postdoctorale et s'est vu remettre le Prix postdoctoral du CRSH, d'une valeur de 10 000 $. Elle étudie la mondialisation de la culture japonaise à la Columbia University, à New York.Michael Levi, étudiant de doctorat au King's College London, a reçu la Bourse William E. Taylor pour ses travaux sur le terrorisme nucléaire et la sécurité internationale. Cette bourse de 5 000 $ rend hommage au meilleur chercheur de l'année ayant reçu une bourse de doctorat du CRSH. -30-Note à l'intention des journalistes : Le CRSH est un organisme fédéral autonome qui finance la recherche universitaire et la formation des diplômés par l'intermédiaire de concours nationaux avec évaluation par les pairs. Le CRSH conclut également des ententes de partenariat avec des organismes des secteurs public et privé afin de cibler la recherche et d'appuyer l'élaboration de meilleures politiques et pratiques dans les domaines-clés de la vie sociale, culturelle et économique du Canada.
RICHARD LIPSEYMédaille d'or du CRSH pour les réalisations en rechercheRévolutionnant l'enseignement de l'économie et remodelant l'économie canadienne au moyen du libre-échange, Richard Lipsey pourrait bien être aujourd'hui l'économiste le plus influent du Canada.Ce professeur émérite de la Simon Fraser University s'est vu décerner la Médaille d'or du CRSH de 2005 pour les réalisations en recherche en raison des nombreuses contributions qu'il a apportées à la recherche, à l'enseignement et aux politiques dans le domaine de l'économie au cours des 50 dernières années.« J'ai toujours pensé que mes travaux devaient être pertinents dans le contexte du monde réel ou qu'autrement ils ne servaient à rien, explique M. Lipsey. Cette croyance a été pour moi autant l'inspiration de mes projets de recherche pure que de ma méthode d'enseignement et de mon travail d'élaboration de politiques. »En effet, l'une des plus importantes contributions du chercheur porte sur la méthodologie et, plus particulièrement, sur la façon de donner de l'utilité aux théories économiques dans un monde imparfait.Ses articles sur la théorie générale du deuxième choix, les courbes de Phillips et divers autres sujets ont remis en question des vérités acceptées et changé la manière dont les économistes, les responsables de l'élaboration des politiques et les chefs d'entreprise effectuent leur travail.Grâce à tous les succès qu'il a connus au fils des ans, Richard Lipsey s'est vu attribuer l'Ordre du Canada, une bourse de la Société d'économétrie et neuf diplômes honorifiques d'universités canadiennes et britanniques. Toutefois, malgré ces honneurs, il est surtout fier de son travail en classe, où il guide de jeunes étudiants vers de brillantes carrières, et de la rédaction de l'un des manuels scolaires les plus importants du XXe siècle. Publié pour la première fois en 1963, An Introduction to Positive Economics a effacé l'ancienne façon de concevoir la théorie économique et a changé la manière dont tous les économistes effectuent leur travail. Traduit en 15 langues, ce manuel a initié des générations d'étudiants à l'économie. « Il a presque été le seul utilisé en Angleterre pendant 35 ans, remarque M. Lipsey. Chaque fois que je passais aux douanes, on me reconnaissait et on me demandait si j'étais bien l'auteur du livre. »Et ses travaux ont non seulement changé la profession, mais ils ont aussi permis de remodeler l'histoire économique du Canada. Au début des années 1980, M. Lipsey est devenu le conseiller économique principal de l'Institut C.D. Howe et a entrepris ce qu'il appelle lui-même une « longue et dure bataille » au sujet du libre-échange avec les États-Unis. Il a rédigé trois livres sur le sujet ainsi que des brochures et des discours qui ont contribué à faire du libre-échange le débat politique le plus important et le plus controversé du Canada au cours des 50 dernières années. « Le débat sur le libre-échange m'a occupé pendant près de huit ans, observe le chercheur. Non seulement j'effectuais des travaux scientifiques, je faisais de la recherche et je rédigeais des articles sur le sujet, mais je devais aussi prendre part à des émissions et à des débats télévisés. Un travail épuisant! »Pourtant, 25 ans plus tard, M. Lipsey ne semble pas être prêt à ralentir le pas. Ce sont la curiosité intellectuelle et l'esprit pratique ayant inspiré ses premiers travaux qui continuent à le pousser aujourd'hui à étudier les liens entre le changement technologique, la transformation sociale et la croissance économique. Avec un tout nouveau livre en librairie et des demandes incessantes de conseils provenant de ministères, M. Lipsey continue à modeler la vie économique et intellectuelle du Canada.