Conseils de santé aux voyageurs
Diffusion : 10 février 2006
L'Agence de santé publique du Canada surveille une importante éclosion du virus Chikungunya - une maladie transmise par les moustiques - en cours dans le territoire français de l'île de la Réunion située dans la région sud-ouest de l'océan Indien. Du 28 mars 2005 au 8 janvier 2006, le système de surveillance de la Réunion a enregistré un nombre total de 7 138 cas d'infections au virus Chikungunya, dont 2 147 cas (30 %) ont été confirmés par des analyses en laboratoire.
Au début de 2005, il y a eu une importante éclosion de Chikungunya aux îles Comores, situées au large de la côte est africaine. De là, le virus s'est propagé aux autres îles de l'océan Indien et on a enregistré des cas aux îles Mayotte et Maurice, aux Seychelles et à la Réunion. Avant cette éclosion, aucun autre cas n'avait été enregistré à la Réunion.
Depuis janvier 2006, la transmission se poursuit et des cas sont signalés à Maurice, aux Seychelles, à Mayotte et à la Réunion..
Les autorités françaises de la santé collaborent étroitement avec les autorités locales et les professionnels de la santé pour contrôler cette éclosion. L'on continue de mettre en œuvre d'importantes mesures pour interrompre la transmission; on accroît notamment la surveillance et les mesures de lutte contre le moustique.
Source : Eurosurveillance, Institut de veille sanitaire (France)
Le virus Chikungunya est habituellement transmis aux hommes par la piqûre d'un moustique infecté, plus précisément les moustiques du genre Aedes, qui piquent habituellement pendant le jour.
Les symptômes de l'infection, qui durent habituellement de trois à sept jours, sont une fièvre soudaine, des frissons, des céphalées, des nausées, des vomissements, des douleurs articulaires aiguës (arthralgies) et des éruptions cutanées. Dans de rares cas, l'infection peut provoquer une méningo-encéphalite (enflure des méninges); cela se produit le plus souvent chez les nouveaux-nés et les personnes ayant des conditions médicales préexistantes. Chez la femme enceinte, le virus peut se transmettre de la mère au foetus. On peut souffrir d'arthrite résiduelle (raideurs matinales, tuméfactions et douleur associée au mouvement) pendant des semaines, voire des mois, après la guérison. Des cas graves d'infection peuvent se déclarer chez les personnes âgées ou immunocompromises, ainsi que chez les nouveau-nés. L'éclosion du virus Chikungunya provoque généralement plusieurs centaines ou milliers de cas d'infection, mais rarement la mort.
Le virus Chikungunya est très probablement d'origine africaine. De récentes éclosions se sont produites en Afrique subsaharienne, en Inde, en Asie du Sud-Est et aux Philippines.
Il n'existe pas de vaccin contre le virus Chikungunya. Le traitement porte généralement sur les symptômes et comprend l'alitement et le recours à des analgésiques autres que l'aspirine dans la phase aiguë de la maladie, où les symptômes sont les plus graves. La seule façon de réduire les risques d'infection est d'utiliser des mesures de protection personnelle contre les piqûres de moustique.
Recommandations
L'Agence de santé publique du Canada (ASPC) rappelle aux voyageurs qui se rendent en zones tropicales et subtropicales qu'ils courent le risque de contracter une maladie transmise par des moustiques comme le paludisme, la dengue, l'encéphalite japonaise, la fièvre jaune et d'autres maladies moins communes comme la Chikungunya. Il est fortement recommandé aux voyageurs de consulter leur médecin ou une clinique santé-voyage pour discuter de leur risque individuel d'exposition à de telles maladies.
Mesures de protection contre les moustiques
Afin de réduire le risque d'exposition aux moustiques, l'ASPC recommande fortement aux voyageurs de prendre les précautions suivantes :
Demeurez dans un endroit muni de moustiquaires ou dans des lieux complètement fermés et climatisés
Portez des vêtements de couleur claire (chemise à manches longues et pantalon long)
Utilisez des insectifuges sur la peau exposée.
On recommande fortement d'utiliser un insectifuge sur la peau exposée. Parmi les insectifuges homologués au Canada, ceux qui contiennent N,N diethyl-methyl-toluamide (DEET) sont les plus efficaces. Vous devriez connaître certaines choses concernant le DEET, notamment en ce qui a trait à son utilisation sur de jeunes enfants.
La concentration de DEET varie d'un produit à l'autre; cependant les ratios d'efficacité insectifuge s'équivalent en grande partie. En règle générale, les concentrations les plus élevées protègent pendant plus longtemps mais il y a peu d'avantages liés à la prolongation de la durée dans les formulations d'une concentration de plus de 50 % de DEET; en outre, il pourrait y avoir un risque accru d'intoxication avec des concentrations élevées. De nouveaux produits micro-encapsulés contenant du DEET à une concentration de 33 % sont maintenant homologués au Canada et devraient fournir une protection de huit heures.
Les enfants et le DEET
En de rares occasions, l'application d'insectifuges contenant du DEET a été associée à l'occurrence de crises épileptiques chez de jeunes enfants (seulement 14 cas en 30 ans de pratique et des milliards d'applications par année). La concentration véritable de DEET varie selon les insectifuges, pouvant aller jusqu'à 95 %. Cependant, les insectifuges contenant 10 % de DEET sont très efficaces et devraient le demeurer pendant trois ou quatre heures après l'application. Par conséquent, chez les enfants, il s'agira d'appliquer légèrement l'insectifuge contenant une concentration de 10 % ou moins sur les surfaces exposées seulement, et laver la peau des enfants lorsqu'ils reviennent à l'intérieur.
On peut minimiser la probabilité d'effets secondaires en observant les pratiques suivantes :
Appliquez l'insectifuge légèrement, et seulement sur la peau exposée;
Évitez d'appliquer des produits très concentrés;
Évitez d'appliquer les insectifuges aux parties des mains des enfants pouvant entrer en contact avec les yeux ou la bouche;
N'utilisez jamais d'insectifuges sur une blessure ou sur la peau irritée;
Lavez la peau traitée avec un insectifuge dès que les enfants reviennent à l'intérieur. Si vous soupçonnez une réaction à un insectifuge, lavez la peau traitée et consultez un médecin.
Au Canada, on ne recommande pas l'utilisation de produits à base de DEET chez les enfants de moins de deux ans.
Le Comité consultatif de la médecine tropicale et de la médecine des voyages (CCMTMV) de l'Agence de santé publique du Canada publie des déclarations et des directives fondés sur des preuves. Pour en savoir davantage sur la prévention des piqûres ou morsures d'arthropodes, veuillez consulter la Déclaration relative aux mesures de protection individuelle pour prévenir les piqûres ou morsures d'arthropodes du CCMTMV.
À titre de rappel…
L'ASPC recommande fortement aux voyageurs d'inclure à leurs préparatifs de voyage une consultation dans une clinique santé-voyage ou chez leur médecin, de six à huit semaines avant leur départ. Selon l'évaluation des risques personnels encourus, le professionnel de la santé pourra déterminer les besoins en matière d'immunisation ou de médication préventive (prophylaxie) et donner des conseils quant aux précautions à prendre pour éviter les risques de maladie.
L'ASPC recommande également aux voyageurs qui deviendraient malades ou ne sentiraient pas bien à leur retour au Canada de consulter leur médecin et de l'informer, dès le début de l'entrevue, de leur voyage ou séjour à l'étranger, en précisant les endroits visités.
Renseignements additionnels de l'Agence de santé publique du Canada :
Renseignements sur la prévention des piqûres d'arthropodes.
Pour des renseignements sur le paludisme, consultez les Recommandations canadiennes pour la prévention et le traitement du paludisme (malaria) chez les voyageurs internationaux du CCMTMV.
Renseignements au sujet de la fièvre dengue.
Renseignements sur la fièvre jaune.
Diffusion : 10 février 2006
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