Longueuil (Québec) le 31 mars 2006 -- Lancé en juin 1999 pour une mission d'une durée prévue de trois ans, le télescope d'exploration spectroscopique dans l'ultraviolet lointain (FUSE) de la NASA est de nouveau complètement opérationnel grâce à une équipe de scientifiques et d'ingénieurs du centre d'exploitation de l'Université Johns Hopkins. Tout au long de l'année 2005, ces derniers ont travaillé sans relâche à reprogrammer le système embarqué de contrôle logiciel pour que la mission puisse continuer. Il faut dire que le télescope FUSE a frôlé la catastrophe en 2004, lorsque la troisième de ses quatre roues à réaction a cessé de fonctionner, le rendant instable et incapable de s'orienter avec précision.
« La remise en service de FUSE est une excellente nouvelle, a déclaré Jean Dupuis, astronome à l'Agence spatiale canadienne. Cet instrument d'une grande sensibilité continuera d'offrir des occasions de recherche fort intéressantes aux astronomes canadiens et étrangers. »
Le télescope FUSE utilise maintenant des magnétomètres embarqués pour effectuer ses mouvements giratoires et les caméras canadiennes de pointage fin pour mesurer sa déviation après ces manuvres, fonctions qui n'avaient pas été prévues à l'origine. En janvier 2006, FUSE a retrouvé ses capacités opérationnelles de départ, ce qui lui permettra de poursuivre la réalisation d'une vaste gamme de programmes scientifiques pour le compte de centaines d'astronomes du monde entier. À ce jour, plus de 350 articles reposant sur des observations faites par FUSE ont été publiés en astronomie professionnelle, et plusieurs autres le seront bientôt. De ce nombre, 74 ont été publiés par des scientifiques canadiens.
FUSE est un télescope orbital exploité conjointement par la NASA, l'Agence spatiale canadienne et le Centre national d'études spatiales, à Toulouse, en France. Dans le cadre de ce projet, le Canada a fourni le système de caméras de pointage fin qui permet au télescope de s'orienter avec précision. Ce système a été conçu par la société COM DEV, avec l'aide de l'Institut Herzberg d'astrophysique de Victoria, en Colombie-Britannique, lequel a fourni des conseils techniques et travaillé à sa conception. Parmi les partenaires du projet FUSE, on retrouve également la société Honeywell Technical Services Inc., le Johns Hopkins Applied Physics Laboratory, l'Université du Colorado, établie à Boulder, l'Université de la Californie, à Berkeley, et l'Orbital Sciences Corporation. Les grilles spectroscopiques uniques du système ont été fournies par la France.
Les observations de FUSE ont notamment contribué à découvrir un vaste halo ténu de gaz très chauds entourant la Voie lactée et à mettre en évidence des anneaux gazeux semblables autour d'autres galaxies. En outre, FUSE a décelé pour la toute première fois de l'hydrogène moléculaire dans l'atmosphère de Mars, ce qui aura une incidence sur l'histoire de l'eau de la planète rouge. D'autres observations ont aussi permis de détecter pour la première fois de l'azote moléculaire dans des nuages de poussière et des gaz interstellaires denses, mais à des concentrations bien inférieures à celles anticipées par les astronomes, ce qui a poussé ces derniers à revoir leurs théories sur la chimie interstellaire.
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