Semaine nationale de sensibilisation aux victimes
d'actes criminels
le 24 avril 2006
Gatineau (QC)
L'Allocution prononcée fait foi.
Introduction
Merci, [MC] de votre aimable présentation.
Mon collègue le ministre de la Sécurité publique, l'honorable Stockwell Day, et moi-même avons le grand plaisir de vous accueillir aujourd'hui à la cérémonie d'ouverture de la première Semaine nationale de sensibilisation aux victimes d'actes criminels.
Cette Semaine, du 23 au 29 avril, est la première du genre au Canada. Cette année, elle a pour thème « Des gens, des services, des lois : les connaissez-vous? » Le but recherché est d'éclairer davantage les Canadiennes et les Canadiens sur les enjeux concernant les victimes et sur les services et les lois qui peuvent aider les victimes et leurs familles.
Nombre d'entre vous connaissez directement l'effet dévastateur des actes criminels sur les personnes, leurs familles et leurs collectivités. Durant cette première Semaine nationale de sensibilisation aux victimes d'actes criminels, nous ferons en sorte de promouvoir les enjeux ainsi que les préoccupations et les craintes des victimes de la criminalité, et de sensibiliser davantage la population à leurs besoins.
Les coûts de la criminalité
Toutes les fois que je parle des questions liées aux victimes, je me souviens constamment de mon ancien collègue, feu Chuck Cadman. Chuck est un exemple frappant d'une personne ordinaire confrontée par une circonstance tragique - circonstance qui lui a ouvert les yeux sur les difficultés auxquelles les gens font face lorsqu'ils sont affectés par un acte criminel.
En 1992, le fils de Chuck, Jesse, qui avait alors 16 ans, a été victime d'un meurtre. Cette tragédie a incité Chuck et son épouse Dona à mettre sur pied un groupe consacré à la réforme de la justice et à la défense des victimes Crime, Responsibility and Youth . Chuck était un défenseur passionné des victimes et, à titre de député, il a proposé des changements au Code criminel afin de venir en aide aux victimes. Il voulait faire une différence pour les victimes et leurs familles, et il y est parvenu avec succès.
Le nouveau gouvernement est déterminé à sévir contre le crime et à l'empêcher. Notre engagement vise également à reconnaître les besoins des victimes et à faire en sorte que leur voix soit entendue dans le système de justice pénale.
Le crime fait mal de différentes façons. Il entraîne des préjudices à court et à long termes, et il peut être un fardeau terrible pour la victime.
Du point de vue financier : au Canada, la criminalité coûte quelque 70 milliards de dollars par année. Sur cette somme, environ 67 % - ou 47 milliards - sont assumés par la victime. Ces coûts englobent la valeur des biens endommagés ou volés, la perte de revenu et de productivité, ainsi que les services de santé. Dix autres milliards de dollars sont dépensés au chapitre des mesures défensives comme des mécanismes de sécurité et des services de protection. Le coût pour le système de justice pénale - y compris la police, les tribunaux et les services correctionnels - représente 13 milliards de dollars par année.
Même si la valeur financière totale de la criminalité au Canada est estimée à environ 70 milliards de dollars par année, le coût individuel du crime ne peut jamais être véritablement mesuré. Il est impossible de donner un prix à la peur, à la douleur et à la souffrance, de ceux et celles qui sont victimisés par des actes criminels.
Toutefois, lorsqu'un crime est commis, il n'affecte pas uniquement une personne. La collectivité dans son ensemble - famille, amis et voisins - en ressent les effets. Nombre d'entre nous connaissons quelqu'un qui a été victime d'un acte criminel, ou nous l'avons été nous-mêmes. Et nous connaissons fort bien les dommages psychologiques et émotifs qu'occasionne un crime. C'est pourquoi il est vital que nous aidions les victimes d'actes criminels à mieux se faire entendre - et que nous assurions la promotion des services disponibles - au moyen d'événements comme cette première Semaine nationale de sensibilisation aux victimes d'actes criminels.
Les services aux victimes au Canada
Il existe de nombreux organismes de services aux victimes dans tout le Canada, et chacun a son importance dans le système de soutien. Maisons de refuge pour femmes battues, programmes d'aide aux victimes et témoins, centres provinciaux de services aux victimes - tous ces services, et bien d'autres, soutiennent les victimes d'actes criminels.
Le Centre canadien de la statistique juridique signale que 606 organismes ont pour mandat premier d'aider les victimes d'actes criminels. De nombreux autres organismes de services sociaux offrent une aide plus générale.
Ces organismes comptent sur les efforts sans relâche d'employés et de bénévoles. Ce sont de bonnes personnes qui travaillent de façon ardue pour aider les victimes d'actes criminels. Ces personnes traient chaque cas avec une détermination remarquable et beaucoup de compassion, et je les félicite pour tous leurs efforts.
Je voudrais mettre leur travail en perspective : dans un sondage récent qui portait sur plus de 400 organismes de services aux victimes, ceux-ci ont indiqué qu'ils avaient aidé environ 360 000 victimes pendant l'année 2002-2003. Un résumé des données de plus de 370 organismes indiquait que plus de 4 300 personnes peuvent recevoir des services n'importe quel jour.
Mais les statistiques ne sont qu'une partie du tableau. Nous savons que beaucoup de victimes ne font pas appel à des services professionnels. Elles se tournent plutôt vers des sources informelles de soutien, comme des amis, un voisin, ou des membres de leur famille. D'autres s'adressent à un agent de police, à un travailleur social ou à un travailleur du secteur de la santé. Ces personnes font également partie intégrante du rétablissement de la victime. Elles aussi méritent notre reconnaissance et notre gratitude.
Nous savons aussi que même s'il existe des services et du soutien, beaucoup de victimes - et les Canadiennes et Canadiens en général - ne sont pas toujours au courant de leur existence. C'est pourquoi il est crucial de mieux sensibiliser la population à leur sujet. Nous devons nous assurer que ceux et celles qui en ont besoin puissent trouver, dès que possible après un crime, le soutien nécessaire pour eux et les êtres qui leur sont chers, car c'est à ce moment-là qu'ils peuvent en tirer le plus grand avantage.
J'estime surtout que le nombre et l'éventail des services, ainsi que le dévouement des personnes qui en assurent la prestation, nous donnent une idée toute spéciale de la société canadienne : la valeur que nous accordons à l'aide à autrui. Qu'il s'agisse d'un travailleur d'un organisme, d'un bénévole, d'un voisin ou d'un ami, nous avons pour nature d'aider nos compatriotes canadiens. Les victimes doivent savoir qu'elles ne sont pas seules. Nous devons tous jouer un rôle pour contribuer à changer les attitudes, à mieux sensibiliser la population et à satisfaire aux besoins fondamentaux des victimes d'actes criminels.
Programmes et lois
Il incombe au gouvernement du Canada de se renseigner sur les enjeux concernant les victimes, d'édicter des lois et de mettre des services sur pied à ce chapitre. Notre nouveau gouvernement poursuit avec plaisir ce travail important au nom des victimes.
Cette première Semaine nationale de sensibilisation aux victimes d'actes criminels est l'occasion de reconnaître nos réussites passées tout en continuant à améliorer nos programmes et nos lois pour qu'ils répondent aux besoins des victimes.
En fait, nous ne pouvons pas promouvoir les questions concernant les victimes si nous nous contentons de maintenir simplement les programmes et les lois qui existent. Lors du dernier discours du Trône, la gouverneure générale a souligné que certaines victimes estiment ne pas avoir souvent voix au chapitre. Nous devons uvrer ensemble pour donner force à leurs voix, écouter leurs préoccupations et y répondre.
Par exemple, des victimes nous ont dit que leur participation aux audiences de la Commission des libérations conditionnelles est essentielle, mais que cela coûte cher. Maintenant, une nouvelle composante de financement du Fonds pour les victimes fournit une aide financière aux victimes pour leur permettre d'assister aux audiences de la Commission nationale des libérations conditionnelles.
Grâce à cette aide supplémentaire, davantage de victimes seront en mesure d'assister aux audiences de libération conditionnelle - si elles le souhaitent - simplement pour observer ou pour présenter leur déclaration.
La responsabilité du système de justice pénale au Canada est partagée. Même si la prestation des services et d'aide aux victimes est d'abord provinciale, notre nouveau gouvernement collaborera avec nos homologues provinciaux et territoriaux sur ces initiatives importantes. Nous le ferons en fonction de l 'Énoncé canadien de principes fondamentaux de justice relatifs aux victimes d'actes criminels, qui guide l'élaboration de politiques, de lois et de pratiques dans les provinces et les territoires et dans les domaines de compétence fédérale.
Depuis que cet énoncé a été adopté en 1988, toutes les provinces ont édicté des lois relatives aux victimes, notamment des lois sur les victimes d'actes criminels ou des déclarations des droits des victimes. Certaines provinces ont des lois régissant l'indemnisation des victimes d'actes criminels. Les provinces ont également mis sur pied ou agrandi des divisions de services aux victimes, tant dans le cadre des tribunaux que dans celui des corps policiers. Ces mesures énoncent des principes de traitement des victimes que doit suivre le personnel du système de justice pénale. Dans certaines juridictions, des services ont également été mis sur pied pour fournir aux victimes des renseignements et de l'aide financière.
Au niveau fédéral, le Code criminel a été modifié en vue de rehausser le rôle des victimes et de faciliter le déroulement des actions en justice et de les rendre moins traumatisantes. La Loi sur le système correctionnel et la mise en liberté sous condition comprend aussi des dispositions en vue de renseigner les victimes sur la situation des contrevenants et sur d'autres questions.
Le Centre de la politique concernant les victimes élabore constamment des politiques et des lois fédérales, met en uvre une stratégie fédérale en matière de victimes et aide à administrer des programmes d'aide aux victimes. Il favorise également une plus grande coopération entre tous les ordres de gouvernement et les ONG, ainsi que de nouvelles approches pour mieux servir les victimes. Par exemple, le Fonds pour les victimes fournit chaque année deux millions de dollars en contributions et subventions à des organismes gouvernementaux et non gouvernementaux qui travaillent à l'amélioration de l'intervention du système de justice pénale pour aider les victimes.
Conclusion
Pour conclure, mesdames et messieurs, je voudrais réitérer l'engagement que le gouvernement du Canada a pris afin d'intensifier la sensibilisation aux préoccupations et aux enjeux auxquels les victimes d'actes criminels font face au Canada, et de promouvoir les lois et les services qui les aident.
En misant sur les partenariats actuels avec les gouvernements des provinces et des territoires, les organismes non gouvernementaux et les autres intervenants, nous continuerons d'élaborer des services aux victimes efficaces et efficients.
La Semaine nationale de sensibilisation aux victimes d'actes criminels fera connaître aux Canadiennes et aux Canadiens les systèmes de soutien aux victimes et permettra aux victimes d'avoir voix au chapitre dans le système de justice canadien. En travaillant tous ensemble, je suis convaincu que nous pourrons faciliter ce processus difficile pour ceux et celles qui ont le plus besoin de notre appui.
Je vous souhaite à tous une semaine productive et inspirante. Merci.