TORONTO, le 25 avril 2006 -- L'économie américaine commence à se ralentir, ce qui déclenche un effet domino qui se répandra d'un secteur à l'autre et d'un pays à l'autre et qui modérera la croissance mondiale en 2006 et en 2007, d'après les Prévisions à l'exportation semestrielles publiées aujourd'hui par Exportation et développement Canada (EDC).
« La mondialisation des économies signifie que, lorsque les États-Unis éternuent, tout le monde attrape le rhume », affirme Stephen Poloz, premier vice-président, Affaires générales, et économiste en chef. « Les dominos économiques ont commencé à tomber. Il y a d'abord eu des modérations au Royaume-Uni, en Australie et maintenant aux États-Unis. Dans une conjoncture où les cours du pétrole restent élevés et le dollar canadien est fort, les exportateurs canadiens n'auront pas la vie facile. »
EDC prévoit une expansion mondiale de 4,3 % en 2006 et de 4,1 % en 2007, en baisse par rapport à la croissance de 4,5 % en 2005. Au Canada, la croissance économique a été de 2,9 % en 2005, et elle devrait rester stable, à 3 %, en 2006, puis reculer un peu à 2,7 %, en 2007. Aux É.-U., la croissance continue de faiblir. Elle devrait se situer à 3,1 % en 2006 et à 2,7 % en 2007, comparativement à 3,5 % en 2005.
L'inflation étant largement maîtrisée et une croissance plus lente étant prévue vers la fin de 2006, les banques centrales approchent de la fin de leur cycle de durcissement. EDC s'attend à ce que le cours du dollar canadien, qui constitue clairement une « pétromonnaie » actuellement, se situe en moyenne à 0,85 USD en 2006 et se replie à environ 0,80 USD à la fin de 2007, quand les cours du pétrole déclineront. EDC prévoit que le cours du pétrole descendra à 60 USD le baril en 2006 et à 56 USD en 2007.
« En plus des dominos mondiaux qui tombent les uns après les autres, une partie plus stratégique et plus complexe se joue au niveau géopolitique, poursuit M. Poloz. Nous constatons que les puissances mondiales manuvrent pour renforcer leur sécurité énergétique, en même temps que les discours et les mesures protectionnistes s'intensifient. Ces deux courants contraires pourraient provoquer de grands remous sur les marchés financiers mondiaux dans les mois qui viennent. »
La modération de l'activité économique mondiale devrait entraîner un ralentissement correspondant de la croissance des exportations canadiennes. Les exportations de biens et de services canadiens devraient augmenter de 3 % en 2006, puis à un taux encore plus faible de 1 % en 2007, en baisse par rapport à une croissance de près de 6 % l'an dernier.
Les ventes à l'exportation canadiennes sur les marchés émergents continueront de dépasser les expéditions vers les pays industrialisés. En effet, les exportations vers les marchés émergents devraient augmenter de 10 % en 2006 et de 7 % en 2007, tandis que les expéditions vers les grands pays industrialisés afficheront une croissance de 3 % en 2006, et de 0 % en 2007. L'expansion des exportations au Brésil, en Russie, en Inde et en Chine restera forte, mais certains des taux de croissance les plus rapides seront observés sur les marchés des pays riches en pétrole du Moyen-Orient et de l'Afrique.
À l'échelle provinciale, la croissance la plus élevée des activités d'exportation pour 2006 et 2007 sera enregistrée par Terre-Neuve-et-Labrador (7 et 10 %), le Nouveau-Brunswick (8 et 3 %) et le Manitoba (7 et 2 %), les exportations d'énergie jouant un rôle de premier plan dans la plupart des cas. Les taux de croissance les plus faible seront probablement constatés au Québec (4 et 0 %), en Colombie-Britannique (1 et 0 %) et en Ontario (1 et -1 %), où sont concentrées la majorité des activités de fabrication.
Quelques secteurs afficheront une forte croissance des exportations en 2006 et en 2007. Les exportations du secteur de l'énergie devraient demeurer robustes, avec une expansion de 8 % en 2006, avant de se ralentir à 4 % en 2007, à cause du tassement des prix. Le secteur des technologies de pointe devrait afficher une croissance des exportations de 4 % en 2006 et en 2007, tandis que la reprise dans le secteur des télécommunications s'essoufflera, avec une expansion de 8 % en 2006 et de 5 % en 2007, par rapport au bond de 13,8 % en 2005. La reprise des expéditions de bovins aux É.-U. stimule le secteur agroalimentaire, dont les exportations devraient augmenter de 8 % en 2006 et de 3 % en 2007, après un déclin de 1,5 % en 2005. Les exportations du secteur aéronautique ont augmenté de 4,9 % en 2005, à la faveur de la vitalité des exportations d'hélicoptères, d'avions d'affaires et de pièces. Ces créneaux seront les moteurs de la croissance de 5 % en 2006 et de 2 % en 2007.
Les autres secteurs trouveront la conjoncture mondiale beaucoup plus difficile, surtout ceux des produits forestiers, de l'automobile et des biens de consommation. Le secteur forestier continuera d'en arracher au cours des 12 à 18 prochains mois, à cause de la vigueur persistante du dollar canadien, des coûts de production élevés, de la concurrence internationale accrue et de la faiblesse des prix dans certains sous-secteurs. Après un recul de 5,7 % en 2005, EDC prévoit d'autres déclins des exportations de 5 % en 2006 et en 2007. Les exportations du secteur de l'automobile devraient diminuer de 3 % en 2006 et de 5 % en 2007. Celles des biens de consommation devraient elles aussi poursuivre leur tendance à la baisse, avec un repli de 6 % en 2006 et de 7 % en 2007.
« La vigueur est parfois étonnante, vu la sensibilité historique de certains secteurs à un dollar fort, a indiqué M. Poloz. Normalement, les technologies de pointe et les télécommunications panseraient leurs plaies dans ce type de cycle, mais nous constatons les retombées positives de la mondialisation de la production, qui permet aux exportateurs canadiens de mieux amortir la hausse du dollar. Malheureusement, pour les secteurs qui font moins bonne figure, les pressions en jeu devraient continuer de s'exercer pendant un certain temps. »
Les Prévisions à l'exportation présentent les plus récentes conditions d'exportation à l'échelle mondiale, notamment les perspectives relatives aux taux d'intérêt et aux taux de change, ainsi que des stratégies d'exportation visant à aider les entreprises canadiennes à minimiser leurs risques. Elles proposent également une analyse des risques de détérioration avec lesquels les exportateurs doivent être prêts à composer.
Les Prévisions à l'exportation semestrielles d'EDC sont affichées sur le site Web d'EDC à http://www.edc.ca/docs/ereports/gef/EFindex_f.htm
EDC, organisme de crédit à l'exportation du Canada, offre des solutions commerciales novatrices pour aider les exportateurs et les investisseurs canadiens à réussir sur les marchés mondiaux. Chaque année, quelque 7 000 entreprises canadiennes et leurs clients étrangers tirent profit de ses connaissances et de ses partenariats pour faire des affaires sur environ 200 marchés. Société financièrement autonome, EDC est un chef de file reconnu dans l'établissement de rapports financiers, l'analyse économique et la gestion des ressources humaines.
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