Je suis fière de prendre la parole aujourd'hui pour parler
d'un sujet aussi important que l'environnement canadien. Je suis fière
d'être membre d'un gouvernement qui relève nos défis
d'environnement depuis longtemps et qui trouve des solutions offrant
des résultats tangibles tout en veillant d'abord aux intérêts
des Canadiens.
Plus tôt aujourd'hui, le gouvernement du Canada a soumis deux
séries de documents à la Convention-cadre des Nations Unies
sur les changements climatiques (CCNUCC).
La première série est l'inventaire canadien 2004 des
gaz à effet de serre.
La deuxième série comprend deux propositions faisant
partie des nouveaux commentaires du Canada sur le dialogue mondial relatif à la
coopération internationale future en ce qui a trait aux changements
climatiques.
Que dit notre inventaire 2004 des gaz à effet de serre? Selon
l'inventaire 2004, les émissions canadiennes étaient de
presque 35 % supérieures à la cible fixée par le
Protocole de Kyoto et négociée par les Libéraux.
Les chiffres en sont témoins : nous avons hérité d'une
situation qui rend irréalisable la cible fixée dans le
cadre du Protocole de Kyoto. Pourquoi est-elle irréalisable? Permettez-moi
de mettre les points sur les i.
En 2004, nos émissions dépassaient de 195 Mt notre cible
fixée dans le cadre du Protocole de Kyoto. Que représentent
195 Mt? C'est l'équivalent de plus de toutes nos émissions
des véhicules de transport – c.-à-d. toutes les émissions
des voitures, des camions, des avions et des trains au Canada. Il nous
faudrait retirer tout camion et toute voiture de la circulation, arrêter
tout train et retenir au sol tout avion pour atteindre la cible du Protocole
de Kyoto négociée par les Libéraux.
Ou nous pourrions éteindre toutes les lumières du Canada
demain, mais cela resterait insuffisant, car pour atteindre notre cible
du Protocole de Kyoto, il nous faudrait éteindre toutes les lumières
ET fermer toute l'industrie agricole.
Ou nous pourrions aussi fermer tout foyer individuel canadien, non
pas à une, deux ou trois reprises, mais à QUATRE reprises
pour atteindre la cible du Protocole de Kyoto que les Libéraux
ont négociée pour le Canada.
Ou, nous pourrions suivre la voie des Libéraux qui se rendant
compte que la cible qu’ils avait négociée équivalait à l’arrêt
de l’économie canadienne – c'est-à-dire dépenser
l'argent à l'extérieur du pays en achetant des crédits
internationaux. Les Libéraux avaient en effet mis de côté 600
dollars par ménage canadien, une somme qui aurait été envoyée
dans d'autres pays en vue de respecter la cible qu'ils avaient négociée
pour le Canada.
Soyons clairs, bon nombre de Canadiens avaient affirmé à l'époque
que la cible négociée par les Libéraux n'était
pas réaliste et estimaient qu'un bon plan de mise en œuvre
aurait dû venir en premier. La politique a pris le dessus sur des
décisions réfléchies et les Libéraux ont
négocié une cible sans avoir en main un plan pour être
en mesure de la respecter.
Nous ne pouvons donc pas respecter la cible de Kyoto négociée
par les Libéraux. Cela ne veut pas dire que nous abandonnons la
lutte pour l'environnement. Nous voulons réaliser des progrès
concrets en matière de protection de l'environnement au Canada
et de réduction des gaz à effet de serre. Nous voulons
agir de manière transparente et élaborer des objectifs
réalistes et atteignables pour réduire la pollution et
les gaz à effet de serre.
Nous avons décidé de suivre une nouvelle feuille de route
en ce qui a trait à l'environnement et de veiller à ce
que les fonds alloués à l'environnement soient dépensés
pour régler les problèmes environnementaux ici au Canada.
Nous n'utiliserons pas l'argent des contribuables pour acheter des crédits
dans d'autres pays. Il s'agit de milliards de dollars qui peuvent être
investis au Canada pour aider à réduire la pollution et
les gaz à effet de serre. En fait, ces sommes peuvent être
utilisées pour mettre en place une infrastructure plus écologique, élaborer
de nouvelles technologies et rendre le Canada plus efficace et concurrentiel.
Dans nos initiatives, les Canadiens viennent en premier.
Dans cette même optique, notre gouvernement cherche des solutions
purement canadiennes qui sont inclusives et axées sur les résultats.
Nous respecterons les besoins et les circonstances particuliers de chacune
des provinces et de chacun des territoires – mais nous insisterons
toujours pour que nos initiatives bénéficient directement à la
population canadienne et à l'environnement du pays. Nous voulons
voir des résultats tangibles où cela est le plus important – dans
nos communautés canadiennes.
Nous comptons d'abord concentrer nos efforts ici afin de veiller à ce
que les Canadiens puissent respirer de l'air propre, avoir accès à des
eaux propres, des terres propres et des sources d'énergie propres
et sans danger et vivre dans des communautés saines.
Nous avons déjà commencé en investissant dans
des solutions canadiennes qui offrent aux Canadiens de vrais avantages
pour la santé et l'environnement, comme de nouveaux moyens de
transport plus propres et plus écologiques et des incitatifs pour
que les Canadiens utilisent le transport en commun. Cet aspect est important
car les transports représentent le facteur qui contribue le plus à la
pollution et aux gaz à effet de serre. Au Québec, les transports
sont la cause principale des gaz à effet de serre.
Très bientôt, nous nous réunirons avec les provinces
pour la première fois dans l'histoire de ce pays afin de lancer
une stratégie nationale sur les carburants renouvelables, laquelle
comportera des avantages réels et tangibles pour l'environnement
et des avantages économiques pour le secteur agricole. Nous mettons
de l'avant un examen tant attendu de la Loi canadienne sur la protection
de l'environnement, la politique environnementale la plus importante
au Canada, afin de trouver des façons de la renforcer. Les Libéraux
ont remis à plus tard l'examen, mais nous nous sommes engagés,
dans notre discours du Trône, à accorder à la loi
l'examen approfondi qu'elle mérite par égard pour l'environnement
au Canada. Nous avons commencé à revoir l'Accord Canada-États-Unis
sur la qualité de l'eau dans les Grands Lacs qui n'a pas fait
l'objet d'un examen depuis 1987.
Le ministre de la Santé et moi-même présenterons
bientôt une vision et une orientation sur le besoin important de
prendre des mesures concernant les polluants atmosphériques transfrontaliers
et de collaborer avec les autorités sanitaires du Canada et les
provinces pour élaborer la loi sur la lutte contre la pollution
atmosphérique canadienne. Aujourd'hui, le Canada arrive derrière
les États-Unis dans chaque secteur d'activité relativement à la
lutte contre la pollution. Et nous ne voulons pas seulement rattraper
les États-Unis, nous voulons rivaliser, nous voulons être
en tête.
Les effets de la pollution sur la santé sont mortels et les
coûts associés au réseau de santé se chiffrent
en milliards de dollars. L'année dernière, 53 avis de smog
ont été émis en Ontario et 34 au Québec,
et, pour la première fois dans l'histoire du Canada, 10 avis de
smog ont été émis durant l'hiver. Ces jours-là,
les jeunes enfants asthmatiques et les personnes âgées atteintes
de maladies respiratoires ne peuvent sortir de leur maison. Il s'agit
d'une situation inacceptable aux yeux de notre gouvernement. La réponse
n'est pas de jeter le blâme sur les États-Unis ou sur d'autres
pays relativement à la pollution qui traverse nos frontières,
nous devons, nous aussi, assainir notre environnement.
Nous avons commencé à avoir des discussions avec les
provinces à propos d'une stratégie nationale sur l'eau
en vue d'échanger de l'information sur la quantité d'eau
et sur la qualité de l'eau. Nous voulons ainsi nous assurer que
les Canadiens ont accès à de l'eau potable saine et propre
et définir les problèmes en matière de ressource
et de quantité qui naissent à travers le Canada.
Nous
nous efforcerons de mettre au point un système qui obligera
les grands émetteurs à traiter des gaz à effet de
serre et veillera à ce que nous prenions les bonnes mesures qui
permettront au Canada de relever ce défi international au plus
fort de sa capacité – par l'élaboration et le déploiement
d'une technologie moins polluante.
Ces mesures figurent parmi les quelques solutions que nous poursuivons – toutes
typiquement canadiennes – des avantages réels, des résultats
tangibles pour les Canadiens et Canadiennes et pour l'environnement canadien.
Nous veillerons à ce qu'il y ait harmonie entre notre politique
nationale et notre politique internationale. Cette politique veillera également à ce
que le Canada continue à jouer un rôle de chef de file dans
le cadre des forums de consultation et de la coopération internationales
en faisant valoir des solutions internationales réalistes et englobantes
au sein des Nations Unies. Le Canada explorera d'autres moyens de réduire
les émissions de gaz à effet de serre de façon à refléter
exactement les circonstances nationales du pays et à protéger
efficacement les intérêts du pays.
Nous souhaitons voir une approche internationale plus englobante
où les
grands émetteurs comme la Chine et l'Inde s'engageront à réduire
la pollution et les gaz à effet de serre dans le cadre du Protocole
de Kyoto. Pour obtenir une solution mondiale, chacun doit faire partie
de l'équation.
Ce gouvernement s'engage à adopter une nouvelle feuille de route
et à produire des résultats en ce qui concerne l'environnement.
Voilà de quoi retourne notre approche typiquement canadienne.
Des mesures nationales pour atteindre des résultats environnementaux
tangibles ayant des résonances jusqu'à nos collectivités
locales.