Merci, Monsieur Gagnier (Daniel Gagnier d'Alcan, qui préside cette séance plénière),
Gérald Tremblay (maire de Montréal),
Dr Kaberuka (Président de la Banque africaine de développement),
M. Lamy (Directeur général, Organisation mondiale du commerce),
Distingués invités,
Mesdames et Messieurs.
Au nom du gouvernement du Canada, je souhaite d'abord la bienvenue à Montréal à nos visiteurs de l'étranger.
Vous êtes ici dans la deuxième ville francophone du monde. La métropole du Québec est l'expression de la diversité canadienne. Elle est le reflet de la richesse de notre histoire et du dynamisme de notre économie.
C'est avec grand plaisir que je prends part à la 12e Conférence de Montréal. Je salue son Président-fondateur, M. Gil Rémillard. Il a su en faire un forum incontournable sur les enjeux de la mondialisation.
Notre gouvernement a été élu au cours de l'hiver. C'est donc pour moi une première participation à la Conférence de Montréal à titre de ministre de l'Industrie du Canada.
Les thèmes que nous abordons aujourd'hui s'inscrivent parfaitement dans la vision de notre gouvernement : « partenariat et prospérité mondiale ».
Ce sont deux thèmes qui sont indissociables. Pour prospérer dans le monde d'aujourd'hui, il faut savoir cultiver les alliances.
C'est vrai pour les entreprises. Elles doivent conclure des partenariats avec leurs employés pour aborder les défis ensemble. Elles doivent conclure des ententes stratégiques avec des centres de recherche pour soutenir leur innovation. Elles doivent se doter de chaînes d'approvisionnement souples et efficaces dont chaque maillon est un partenaire précieux.
C'est vrai pour les États. C'est la nouvelle Europe. L'ALENA. Le MERCOSUR. C'est aussi la solidarité internationale qui s'est exprimée encore une fois à la suite du tremblement de terre tout récent en Indonésie. C'est aussi la sécurité. Nos collègues mexicains et américains feront certainement allusion au travail précieux accompli dans le cadre du Partenariat nord-américain pour la sécurité et la prospérité (PSP).
C'est vrai aussi à l'intérieur même des États. Chez nous, au Canada, nous avons entrepris de renouveler le partenariat entre le gouvernement fédéral et les provinces. Nous respectons pleinement les compétences des provinces et des territoires. Et nous faisons en sorte que chaque ordre de gouvernement ait les ressources pour répondre aux besoins des citoyens. Nous orientons le partenariat canadien vers la prospérité, celle de nos villes, celle de nos régions, celle de nos citoyens.
Dans le monde d'aujourd'hui, les enjeux sont complexes. c'est vrai en affaires comme en diplomatie. Dans ce contexte, le pouvoir, ou le leadership, est devenu collégial. Les défis sont globaux et ils appellent des solutions globales.
Plus notre monde devient un monde de concurrence, plus il devient un monde d'interdépendance. C'est un des paradoxes de la mondialisation.
Nous sommes aussi souvent face à face que côte à côte. Alcan en est une illustration : en concurrence avec les entreprises chinoises au Québec, mais en même temps partenaire avec les Chinois en Chine.
Il en va de même pour le gouvernement du Canada. En septembre dernier, le Canada a entamé la négociation d'un Accord de science et technologie avec la Chine. Cet accord offrira un cadre destiné à faciliter les relations et à améliorer la coopération en science et technologie. Le Canada a pris un engagement similaire avec le gouvernement de l'Inde.
Au Canada, nous avons décidé de jouer à fond la carte de l'ouverture sur le monde. Et cette carte, c'est aussi celle du partenariat avec le monde. Nous avons influencé la libéralisation du commerce.
Et ce pari nous réussit.
Aujourd'hui, l'économie du Canada est la plus forte et le ratio dette-PIB le plus bas au sein du G7.
Notre économie est parmi les plus modernes. Au Canada, on compte environ 32 000 firmes dans le seul secteur des technologies de l'information et de la communication.
Ici, au Québec, se trouvent des groupes d'entreprises de biotechnologie parmi les plus importants de l'Amérique du Nord, avec ceux de l'Ontario, de la Californie et du Massachusetts.
La croissance économique du Canada repose sur des bases solides. Nous avons notamment des réserves de pétrole abondantes, Mais nous faisons face, comme tout le monde industrialisé, à la concurrence des économies émergentes.
Pour faire face à ces réalités, nous devons miser sur l'innovation, sur la croissance des investissements en R&D et sur l'amélioration de notre productivité.
Ce n'est pas en faisant ressurgir le protectionnisme que nous ferons face à ces défis, c'est en faisant du Canada un lieu de savoir et d'innovation. C'est en concluant davantage de partenariats internationaux par lesquels la mise en valeur de notre savoir sera source d'enrichissement mutuel.
Le Canada, dépense plus en recherche universitaire, en pourcentage de son PIB, que tout autre pays du G7. En 2004-2005, les dépenses directes dépassaient les 9 milliards de dollars.
Mais nous devons faire encore mieux.
Notre gouvernement appuie l'innovation et notamment, pour ce faire, vise à augmenter la marge de manœuvre des entreprises. Nous voulons qu'elles puissent investir davantage dans la R&D et dans l'amélioration de leur productivité.
C'est notre manière d'être partenaires de leur croissance. Le premier budget de notre gouvernement a montré notre détermination :
Nous avons annoncé une diminution de la taxe fédérale à la consommation.
Nous avons aboli l'impôt fédéral sur le capital.
Nous avons annoncé une baisse générale du taux d'imposition des sociétés.
Nous croyons dans le libre marché et la libre concurrence.
Mon objectif, à titre de ministre de l'Industrie, est que les entreprises canadiennes évoluent dans le meilleur environnement pour prospérer, innover et faire travailler les Canadiens. Ça veut dire une compétitivité fiscale et une réglementation simple et claire. Ça veut dire aussi, dans un grand pays comme le nôtre, des infrastructures de qualité.
Mon objectif, c'est aussi que le Canada soit reconnu dans le monde entier comme terre d'accueil des compagnies, des entrepreneurs et des investisseurs prospères.
Pour nous, la concurrence, y compris celle des pays émergents, n'est pas une menace, mais un levier. C'est un incitatif permanent à l'innovation, au développement de notre savoir et à la valorisation de notre recherche.
Cette concurrence est porteuse de partenariats nouveaux entre les entreprises, entre les gouvernements et entre les peuples.
For us, globalization is an opportunity.
(Pour nous, la mondialisation est un progrès.)
Nous croyons que ce sont les entreprises qui sont génératrices de richesse. Et c'est cette richesse qui nous permet ensuite, comme gouvernement, d'investir dans l'amélioration de la qualité de vie des Canadiens. C'est cette richesse qui nous permet de mieux répondre aux besoins de notre population vieillissante, de mieux soigner les Canadiens partout au pays, de mieux soutenir les familles canadiennes.
Pour nous, une économie libre n'entre pas en contradiction avec des valeurs sociales fortes. Elle permet au contraire de les réaffirmer dans le monde d'aujourd'hui.
C'est de cette manière que nous devenons partenaires de nos citoyens et que nous participons à la prospérité mondiale.
Merci.