Le 28 septembre 2006
VÉRIFIER SUR RÉCEPTION
Aujourd'hui, j'ai rencontré les membres du Comité
permanent de la sécurité publique et nationale.
Comme je l'ai dit aux membres du Comité, j'ai trouvé
qu'il convenait de me présenter devant eux en premier. En
fait, j'aurais souhaité qu'ils m'invitent plus
tôt.
Bien sûr, il est aussi important de vous rencontrer vous, membres
des médias, et de répondre à vos questions concernant
le rapport du juge O'Connor.
Comme tous les Canadiens, j'ai constaté la dignité
avec laquelle la famille Arar a surmonté cette épreuve.
J'ai présenté des excuses au nom de la Gendarmerie
royale du Canada. Personnellement, je ne saurais exprimer à quel
point je regrette l'incidence qu'ont pu avoir les actions
de la GRC sur le cauchemar subi par M. Arar et sa famille.
J'ai remarqué que des députés ont apprécié
le fait que je présente des excuses. Disons que dans mon enfance,
on m'a inculqué des principes bien simples.
Si on fait quelque chose de mal, il faut présenter des excuses
et faire de son mieux pour arranger les choses. J'ai donc fait aujourd'hui
ce que j'ai fait pendant toute ma vie.
En examinant ma déposition devant le Comité, vous constaterez
que j'ai brièvement décrit les changements entrepris
à la GRC en réponse aux questions soulevées dans
le rapport du juge O'Connor. Chacune des recommandations sera mise
en ouvre dans les plus brefs délais.
J'ai aussi fait remarquer que ce rapport équilibré
et réfléchi est riche en détails. Certains éléments
méritent peut-être d'être mentionnés à
nouveau :
Le Projet A-O Canada, l'équipe d'enquête créée
à la GRC à la suite des attentats du 11 septembre, a suivi
des étapes d'enquête appropriées.
Les enquêteurs de la GRC n'ont fait preuve d'aucune
mauvaise foi. Ils n'ont jamais eu l'intention de contribuer
au transfert d'un citoyen canadien vers la Syrie, ni ne savaient
que c'est l'effet qu'auraient leurs gestes.
Les dirigeants de la GRC ne savaient pas que les autorités américaines
avaient décidé de détenir et de renvoyer M. Arar
en Syrie; ils n'ont pas participé à cette décision
et n'y ont pas acquiescé.
Malgré ces remarques positives, le juge O'Connor a exposé
clairement les erreurs commises par la GRC.
Nous assumons l'entière responsabilité de toutes
les erreurs qui ont été commises et j'assure tous
les Canadiens de ma détermination à ce qu'une telle
situation ne se reproduise plus jamais.
Comme l'a souligné le juge O'Connor dans son rapport,
la période qui a suivi le 11 septembre était bien différente
d'aujourd'hui. Je ne m'en sers pas comme d'une
excuse mais plutôt pour mettre les choses en perspective.
Le travail du juge O'Connor ainsi que les analyses que nous avons
faites, à la Gendarmerie, nous fournissent maintenant une plate-forme
formidable pour aller de l'avant.
Dans l'affaire Arar, est-ce que des erreurs ont été
commises? Malheureusement, oui. En avons-nous tiré des leçons?
Oui. Prendrons-nous des mesures pour ne pas reproduire ces erreurs? Oui,
nous l'avons déjà fait et nous poursuivrons sur notre
lancée.
Rien n'est plus important que de prévenir qu'une telle
erreur se reproduise.
Mais rien, non plus, n'est plus important que de protéger
notre mode de vie, notre existence même, contre ceux qui ont juré
notre perte, avec toute l'horreur dont ils se sont montrés
capables.
Je suis plus que jamais engagé à l'endroit des femmes
et des hommes qui travaillent avec moi au service de notre pays et vers
l'atteinte de notre but : une société sûre où
règnent la justice et la paix. J'ai confiance en notre avenir
et j'entends travailler aux côtés de tous les Canadiens
à réaliser ce rêve.
Le commissaire