18 octobre 2006
Ottawa (Ontario)
LE DISCOURS PRONONCÉ FAIT FOI
Monsieur le Président Weinstein,
Monsieur le Vice-Président Dimant,
Mesdames et Messieurs les Membres du B’nai Brith,
Distingués Invités,
Mesdames et Messieurs,
Je vous remercie, Ralph et Frank, de cette aimable introduction et merci à tous pour cet accueil chaleureux.
Je suis ravi de me trouver ici ce soir à la remise de prix annuelle du B’nai Brith.
C’est pour moi un honneur de m’adresser aux membres d’une organisation si distinguée.
Au Canada, le B’nai Brith est en œuvre depuis plus de 130 ans.
Et au cours de ces années, non seulement a-t-il servi de tribune importante à la communauté juive, mais il a également été un ardent défenseur des valeurs qui importent aux Canadiennes et aux Canadiens : l’égalité des chances, le respect universel des droits de la personne et la démocratie pour tous.
Je remercie ceux et celles qui, au fil des ans, se sont associés au B’nai Brith et qui ont apporté une contribution si marquée et durable à notre pays. Je les remercie d’avance pour leur contribution future.
Permettez-moi de parler de notre pays et de notre avenir.
Mesdames et Messieurs, depuis son arrivée au pouvoir, le nouveau gouvernement du Canada a suivi un programme ciblé et dynamique.
Nous avons réduit les impôts, nous nous sommes attaqués à la criminalité et avons déposé un projet de loi exhaustif sur la responsabilité.
Demain, nous progresserons dans une nouvelle direction, nous prendrons une première étape historique, lorsque nous déposerons le projet de Loi canadienne sur la qualité de l’air premier cadre réglementaire national pour le contrôle et la réduction à long terme de la pollution atmosphérique et des émissions de gaz à effet de serre.
Cependant, je crois qu’au gouvernement, nous avons tous été surpris du nombre d’heures que nous avons consacré aux relations internationales depuis notre arrivée au pouvoir.
Je parle ici, bien entendu, de questions aussi variées que l’entente sur le bois d’œuvre entre le Canada et les États-Unis, la défense de notre souveraineté dans l’Arctique et la prolongation de notre participation à la mission des Nations Unies en Afghanistan.
Dans ces dossiers, notre nouveau gouvernement a vigoureusement défendu et mis de l’avant nos valeurs et nos intérêts nationaux sur la scène internationale.
Cependant, comme vous le savez tous, l’une des questions de politique étrangère les plus importantes et épineuses auxquelles notre nouveau gouvernement a dû faire face a été celle de la situation au Moyen-Orient.
Notre approche de cette région du monde a été, comme toutes nos approches, guidée par nos valeurs : la liberté, la démocratie, les droits de la personne, la primauté du droit et une opposition sans compromis au terrorisme.
Ces valeurs, mes amis, ne datent pas d’hier.
Il s’agit de valeurs fondamentales que notre nation a toujours défendues.
L’État d’Israël, nation démocratique, a été attaqué par le Hezbollah, organisation terroriste. En fait, une organisation terroriste illégale et inscrite sur une liste au Canada.
Nous luttons contre les terroristes en Afghanistan. Nous avons arrêté de présumés terroristes ici à Toronto.
Par conséquent, lorsqu’il est question d’un conflit entre Israël et une organisation terroriste, notre pays et notre gouvernement ne peuvent rester neutres.
Mesdames et Messieurs, j’ai affirmé que cette position s’appuyait sur les valeurs que nous avons longtemps défendues comme pays.
Quand j’étais enfant, j’ai eu la chance d’être le plus influencé par mon père, et l’un des événements marquants de la vie de mon père a été la Deuxième Guerre mondiale.
Il était trop jeune pour s’enrôler, mais assez vieux pour en avoir tiré des leçons.
Le monde n’était pas prêt à comprendre l’ampleur de la menace du fascisme, trop disposé à l’excuser, trop aveugle pour voir ce qu’elle signifiait pour nous tous.
Comme vous le savez, cet été, nous avons fait l’objet d’attaques sans merci de la part de l’opposition pour la position que nous avons prise dans le conflit au Moyen-Orient.
Je comprends pourquoi.
Je comprends que, avec les manchettes, le bruit du combat, les images de destruction et la souffrance d’innocents, il est parfois difficile de dégager les vrais enjeux.
Le fait est que ceux qui ont lancé des attaques contre Israël, et ceux qui appuient pareilles attaques, ne cherchent pas qu’à s’assurer du pouvoir, à changer certaines frontière ou à réparer des injustices.
Ils cherchent ce qu’ils, et ce que d’autres comme eux, ont toujours cherché : la destruction d’Israël et celle du peuple juif.
Pourquoi? Il existe des milliers de rationalisations compliquées, mais une seule raison bien simple. C’est que les Juifs sont différents. Ils ne sont pas comme eux.
Et parce qu’Israël est différent et seul dans une partie du monde très complexe. Il est trop facile d’adhérer aux rationalisations et d’ignorer la vérité.
Et il est trop facile de ne pas tenir compte de ce qu’implique cette vérité au sens large, ce qui est ressorti comme une évidence au cours de la Deuxième Guerre mondiale.
Que ceux qui cherchent à détruire les Juifs chercheront aussi, au bout du compte et pour la même raison, à nous détruire tous.
Voilà pourquoi le nouveau gouvernement du Canada a réagi aussi rapidement et s’est prononcé aussi clairement au sujet des événements survenus récemment au Moyen-Orient. Tout comme nous l’avons fait dans le contexte du terrorisme en Afghanistan.
Voilà pourquoi nous avons été la première nation autre qu’Israël à avoir coupé le financement au gouvernement du Hamas.
Voilà pourquoi nous avons appuyé le droit d’Israël de se défendre vigoureusement et efficacement contre le Hezbollah.
Et voilà pourquoi nous nous opposons à la résolution à sens unique proposée au Sommet de la Francophonie. Elle était injuste. Elle n’était pas équitable. Elle était non conforme aux valeurs canadiennes.
Maintenant, mes amis, dans le même esprit de vérité et d’ouverture que nous permet l’amitié, je dois également vous dire que je cherche aussi à faire en sorte que le peuple palestinien jouisse d’un avenir juste et équitable.
Les questions de respect de la dignité humaine et celles de donner aux gens la possibilité de bâtir leur communauté et de réaliser leurs propres rêves pour autant qu’ils respectent les droits et la dignité d’autrui sont des valeurs que nous avons en commun.
Notre gouvernement croit en une solution à laquelle participent deux États dans un Israël sécuritaire, démocratique et prospère vivant côte à côte avec un État palestinien viable, démocratique et pacifique.
Nous croyons en la nécessité d’une paix juste et durable.
L’Égypte et la Jordanie ont pris des mesures courageuses il y a nombre d’années pour faire la paix avec Israël. Ils comprennent les avantages de la paix.
Nous croyons qu’il est plus que temps que les autres États de la région suivent leur exemple.
Au bout du compte, c’est la seule façon pour tout le monde de progresser.
Et j’ai besoin de croire que c’est ce que désirent vraiment la plupart des Palestiniennes et des Palestiniens ordinaires, tout comme la plupart des Israéliennes et des Israéliens et le reste de la population dans la région.
La mère veut la paix et la sécurité pour son nouveau-né. Le père souhaite un avenir heureux pour sa famille et sa collectivité.
Le jeune adulte cherche la liberté, les possibilités et la chance d’avancer.
Mis à part les terroristes, les extrémistes et les fanatiques, qui se réveille chaque matin en souhaitant que la vie publique de sa collectivité ou de son pays ne soit qu’un cycle interminable de haine, de violence, d’oppression et de corruption?
Cependant, au bout du compte, c’est tout ce que nous allons pouvoir jamais réaliser. C’est pourquoi nous devons faire preuve de vigilance en ce qui les concerne.
Je ne prétends pas être un expert en matière de politique israélienne, mais il me semble que le gouvernement israélien au pouvoir ne veut pas être où il se trouve en ce moment.
Il n’a pas été élu pour faire la guerre, mais bien la paix.
C’est là une grande tragédie puisque le premier ministre Olmert et le premier ministre Sharon avant lui ont cherché à obtenir un mandat pour changer les anciennes façons de faire et progresser et non pour se perdre une fois de plus dans le même litige pour le même territoire.
Ils ont tous les deux dit qu’Israël est prêt à faire les mêmes compromis douloureux pour la paix.
C’est de ce type de leadership, de vision et d’engagement dont nous avons besoin et que nous en sommes venu à attendre du grand État d’Israël.
Mes conversations avec le premier ministre m’ont convaincu qu’il aspire toujours à trouver une paix véritable pour son peuple et ses voisins.
Et je lui ai assuré que c’était aussi ce que voulait le Canada.
Et en tant qu’autre démocratie qui préfère la paix, comme toutes les vraies démocraties, Israël peut compter sur l’amitié, l’appui et l’encouragement inébranlables du Canada.
Mesdames et Messieurs, j’ai promis de ne pas parler longtemps ce soir.
Alors permettez-moi de vous dire que depuis les quelques mois que nous sommes au pouvoir, nous avons été guidés par nos valeurs et nos intérêts sans équivoque lorsque nous avons traité les questions de politique étrangère au Moyen-Orient et ailleurs.
Je l’ai fait, par exemple, au Sommet du G8. Dans l’allocution que j’ai prononcée devant l’Assemblée générale des Nations Unis. Et plus récemment au Sommet de la Francophonie.
Certains ont prétendu qu’il s’agissait d’un nouveau tournant radical au chapitre des affaires étrangères.
Ce n’est tout simplement pas le cas.
Au lieu de prendre un nouveau tournant, nous rétablissons le rôle traditionnel véritable du Canada : celui de chef de file de principe dans les affaires mondiales.
Un pays dont la position est ferme.
Un pays qui défend les justes causes.
Et un pays qui investit dans les outils de la diplomatie : l’aide internationale, les renseignements et les capacités militaires.
Mes amis, il s’agit d’un rôle que nous avons joué à maintes et maintes reprises au cours de notre histoire.
Un rôle dont nous devrions être fiers, en tant que Canadiennes et Canadiens.
Un rôle qui restera le nôtre.
Je vous remercie et vous souhaite une agréable fin de soirée.
Shalom et que Dieu bénisse le Canada.