J'aimerais d'abord remercier la Chambre de commerce du Canada au Mexique - et plus spécialement votre présidente, JoAnne Butler - de m'avoir invité à prendre la parole devant vous ce matin. Depuis quelques mois, j'ai parlé à divers auditoires d'affaires des changements spectaculaires que l'économie planétaire a entraînés dans la conduite des échanges commerciaux et des défis que les entreprises canadiennes devront relever pour rester concurrentielles et continuer à réussir à l'échelle internationale.
Un aspect essentiel de ce message est que le commerce bilatéral et les investissements à l'étranger sont un facteur de réussite tout aussi essentiel que les exportations. C'est un message que je n'ai pas à vous rappeler aujourd'hui. Vous n'avez pas besoin de l'entendre, vous le vivez déjà. Je vous parlerai donc de ce que nous pouvons faire à EDC pour vous aider dans cette tâche et de notre centre d'intérêt, ici au Mexique. J'aimerais que ce soit un dialogue et j'espère que nous aurons un excellent échange de questions et de réponses ainsi que d'observations, après mon allocution.
Le Mexique est important pour vos affaires. Vous avez pris des décisions d'affaires et vous vous êtes engagés sur le marché. Je veux que vous sachiez que le Mexique est important pour Exportation et développement Canada et que nous partageons aussi cet engagement. Nous avons des liens profonds et productifs avec les partenaires canadiens et mexicains. À bien des égards, ce que nous avons fait au Mexique est devenu notre modèle sur d'autres marchés clés. Nous avons développé des racines au Mexique et nous avons l'intention de les renforcer, mais avant de parler de l'avenir, permettez-moi de récapituler où nous en sommes actuellement.
Depuis l'entrée en vigueur de l'ALENA en 1994, le commerce entre le Canada et le Mexique a quadruplé, passant de 5,6 milliards de dollars à 22 milliards de dollars. Les exportations canadiennes ont quadruplé elles aussi et se situent actuellement à environ 7,5 milliards de dollars. EDC a participé d'une manière ou d'une autre à environ 30 % de ces activités - ce qui constitue un taux de pénétration très élevé pour un marché de cette taille et aussi diversifié que celui du Mexique.
Dans le cas des investissements, les chiffres sont encore plus révélateurs. Les investissements canadiens au Mexique s'établissaient à 332 millions de dollars en 1994. Aujourd'hui, ils se situent à 3,1 milliards de dollars - soit près de dix fois plus. Le Mexique compte désormais plus de 1 600 sociétés affiliées à des entreprises canadiennes, et nous prévoyons que leur nombre continuera de croître, en raison de la bonne cote de crédit du Mexique, de son intégration aux chaînes d'approvisionnement des fabricants américains et canadiens et de ses marchés financiers de plus en plus mûrs et profonds.
Les activités d'EDC au Mexique ont grandi et nos partenariats se sont intensifiés. Notre chiffre d'affaires moyen dépasse 2 milliards de dollars par année depuis cinq ans. Même si le total a un peu baissé en 2005, puisqu'il est descendu à 1,7 milliard de dollars, en août 2006, nous étions déjà rendus à 2,2 milliards de dollars, et nous sommes en bonne voie d'établir un nouveau record cette année.
La croissance de notre chiffre d'affaires au Mexique reflète la hausse importante du nombre d'entreprises canadiennes actives sur ce marché. Nous constatons le même intérêt sur les marchés émergents de la planète, car de plus en plus d'entreprises canadiennes comprennent l'importance de ces marchés en forte expansion et riches de débouchés pour leur réussite et leur santé futures.
Au Mexique, et sur d'autres marchés émergents stratégiques, l'attitude d'EDC a été simple : nous réaliserons notre mandat, qui consiste à faire tout ce que nous pouvons pour aider les entreprises canadiennes à accroître leurs activités dans le monde. De nos jours, le rythme accéléré du changement signifie que nous devons être aussi judicieux, souples et innovateurs que possible, non seulement pour réagir au changement, mais aussi pour l'anticiper.
La bonne nouvelle, c'est que, au moment où nos clients demandent à EDC d'en faire plus, notre solide situation financière nous permet de répondre à leurs attentes. Comme je viens de l'indiquer, nous avons connu une période prolongée de forte expansion. Pendant ce temps, notre portefeuille de prêts a décliné à mesure que les conditions de crédit dans le monde se sont améliorées. De meilleures conditions nous ont permis de réduire nos provisions pour pertes, comme en témoigne notre bilan. C'est un élément normal des cycles économiques et de crédit, mais maintenant que les perspectives mondiales évoluent davantage en dents de scie, EDC est disposée et prête à prendre plus de risques. Et nous en prenons plus.
Comment mettons-nous cela en pratique ici au Mexique? EDC a appris que, pour être une institution de financement et d'assurance compétente et crédible sur un marché, il est essentiel d'être présent sur ce marché. Une très grande part de la croissance à laquelle nous avons participé au Mexique découle de la décision que nous avons prise très tôt d'établir une représentation permanente ici. Notre crédibilité dépend en bout de ligne d'une bonne compréhension du marché et de nos clients sur ce marché, et la seule manière de démontrer que nous possédons cette compréhension consiste à être ici en permanence. Les relations se fondent peut-être sur les transactions, mais elles se construisent et s'entretiennent en collaborant et en élaborant des solutions d'affaires utiles. C'est quelque chose qui se fait mieux face à face, sur le terrain.
En 2000, nous avons pris la décision stratégique d'envoyer un représentant d'EDC à Mexico, et nous avons établi ses bureaux à l'ambassade du Canada. Nous pensions que cela accélérerait les contacts, nous rendrait plus visibles et nous brancherait rapidement avec tous ceux qui, dans le secteur privé et public, qu'ils soient Canadiens ou Mexicains, participent activement à l'expansion du commerce et de l'investissement entre nos deux pays.
Cela a permis à EDC de se lancer dans l'arène et, en 2002, nous avons renforcé ce premier engagement en établissant une deuxième représentation permanente à Monterrey. Le Canada avait ouvert un consulat dans cette ville et mis en place un important volet commercial dans ce grand centre industriel et commercial. Là aussi, nous avons installé notre représentant, Noé Elizondo, dans ce bureau canadien.
Ces représentants ont été parmi nos premiers directeurs de comptes affectés à des acheteurs, des emprunteurs et des investisseurs mexicains. Nous avons pu ainsi accroître nos connaissances, renforcer nos liens et élargir nos capacités. Nous avons pu mieux comprendre les débouchés qui existent sur le marché mexicain et élaborer des solutions financières adaptées aux besoins commerciaux de nos clients. Être sur place ne nous a pas seulement permis de faire plus, cela a changé toute notre vision et notre définition de qui étaient nos clients.
Pendant des années, à titre d'organisme de crédit à l'exportation du Canada, nous avons eu tendance à définir nos clients comme nos clients canadiens. L'acheteur étranger était important, mais il était davantage considéré comme un élément d'une transaction que comme une relation. C'était peu clairvoyant, peut-être même myope. Mais notre présence sur le marché a corrigé cette vision des choses. La perspective centrée sur le client qui nous a permis de collaborer étroitement avec les exportateurs et les investisseurs canadiens entre maintenant en jeu dans nos rapports avec les entreprises mexicaines, les partenaires financiers mexicains, les associations commerciales mexicaines et, de plus en plus, avec les partenaires mexicains et même les filiales des entreprises canadiennes.
En cinq brèves années, notre présence sur le terrain a approfondi notre expérience, élargi notre vision et étoffé de manière spectaculaire notre manière de faire des affaires. Nous avons appliqué à nos clients mexicains la même méthode de gestion par comptes que nous appliquons à nos clients canadiens. Et une grande partie de la valeur que nous apportons aux entreprises mexicaines et canadiennes tient justement au fait que nous avons des rapports avec ces deux groupes.
La Chine et le Mexique ont été les premiers marchés où nous avons établi une représentation permanente et, le Mexique en particulier nous a servi de modèle pour notre expansion ultérieure au Brésil, en Asie du Sud-Est, en Europe centrale, en Inde, et, au début de 2007, en Russie.
Nous avons accompli beaucoup de choses en peu de temps, et ce, en grande partie grâce à la qualité des représentants que nous avons choisis. Nous avons un nouveau représentant en chef à Mexico, M. Michel Villeneuve. Son expérience professionnelle reflète notre engagement d'accroître nos activités, mais surtout d'élargir l'éventail des activités où nous pouvons être un acteur pertinent et un fournisseur de solutions.
Michel a travaillé pendant plusieurs années dans le secteur des prêts commerciaux avant d'entrer à EDC en 1982, où il a été directeur du développement commercial au Québec. En 1994, il est parti dans le secteur privé, et a été représentant en chef de la CIBC au Mexique de 1994 à 1996 - une période capitale pour le Mexique, la dévaluation du peso suivant de près l'entrée en vigueur de l'ALENA. Michel a poursuivi sa carrière dans le domaine des prêts commerciaux et du financement du commerce international au sein de banques canadiennes et internationales, et est revenu à EDC comme directeur principal du développement des affaires en 2002. Son affectation à Mexico a débuté en septembre. En deux mots, Michel connaît EDC, il connaît les opérations bancaires, il connaît le commerce et il connaît le Mexique. Nous devrions donc pouvoir continuer à prendre de l'expansion, repousser nos frontières et aller encore plus loin sur ce marché.
Mais l'approche d'EDC au Mexique ne repose pas seulement sur les épaules de Michel et de sa collègue Noé Elizondo à Monterrey. Notre approche sur les marchés stratégiques ne commence pas avec eux et ne se termine pas avec eux non plus. Ils sont appuyés tout au long de l'année par une importante équipe d'experts sectoriels, de gestionnaires de comptes stratégiques et de cadres supérieurs qui apportent des connaissances et des compétences sur le marché, se renseignent sur les besoins des clients et travaillent avec les clients pour élaborer des solutions d'affaires. Ils sont aussi appuyés, il va sans dire, par les délégués commerciaux à l'ambassade et dans les consulats du Canada au Mexique et par des associations comme la Chambre de commerce du Canada au Mexique, afin de mieux se brancher sur les besoins des entreprises canadiennes et de leurs partenaires mexicains et de mieux comprendre ces besoins.
Permettez-moi de résumer quelques initiatives où cette approche a déjà pavé la voie à un éventail plus large de services au Mexique.
Nous avons renforcé nos liens avec les acheteurs et nous sommes maintenant mieux en mesure d'optimiser nos lignes de crédit avec eux afin de créer des débouchés à l'exportation pour les entreprises canadiennes. De cette façon, nous « consolidons la chaîne d'approvisionnement » des entreprises mexicaines en les exposant à des fournisseurs de qualité, déterminés pour leur part à s'établir sur le marché. Un bon exemple est notre prêt à Pemex - dont profitent de 60 à 70 entreprises canadiennes tous les ans.
Nous aidons les entreprises mexicaines à investir directement au Canada. Par exemple, nous avons aidé à financer l'acquisition, par le géant de l'automobile Nemak, d'une usine de coulage de pièces en aluminium appartenant à Ford Motor Company à Windsor, en Ontario. Les investissements directs étrangers dans des actifs canadiens qui accroissent la capacité d'exportation du Canada sont positifs pour EDC - et ils le sont pour le Canada, lorsqu'ils créent des emplois et ouvrent la porte à de nouveaux échanges commerciaux.
Nous explorons des programmes de garantie de partage des risques avec des banques mexicaines afin de permettre aux petits et moyens acheteurs mexicains d'avoir accès à du financement pour acheter de l'équipement, des technologies et des services auprès de petits et moyens fournisseurs canadiens.
Nous avons l'intention de rester aussi concentrés sur nos objectifs.
Nous renforçons nos liens avec les institutions financières afin de répondre aux besoins des entreprises canadiennes et de leurs sociétés affiliées. Ici, au Mexique, nous cherchons des moyens de travailler avec les banques locales pour offrir de l'assurance-comptes clients sur les ventes des sociétés affiliées canadiennes au Mexique. Nos clients canadiens actifs au Mexique nous ont signalé ce besoin. Nous savons que l'accès à ce type d'assurance aura des répercussions énormes sur leurs activités, car l'assurance crée du crédit.
Les principales ventes du Canada au Mexique sont des automobiles, de la machinerie et des appareils électriques, ainsi que du matériel électrique et des pièces. Nous resterons actifs dans ces secteurs, mais nous avons l'intention de lancer des campagnes axées sur d'autres secteurs où nous pensons qu'il existe de belles possibilités de partenariat au Mexique. Ces secteurs comprennent les technologies de l'information et des communications, les mines et l'énergie, et d'autres percées dans les secteurs de l'automobile et du transport terrestre.
Nous avons également repéré dix comptes stratégiques dans des entreprises mexicaines avec lesquelles nous voulons accroître les contacts et la collaboration. J'ai déjà mentionné Pemex. Cet été, nous avons annoncé une participation de 250 millions USD dans un mécanisme de crédit de 5,5 milliards USD avec ce géant pétrolier et gazier. EDC a été l'arrangeur principal mandaté pour ce mécanisme. Comme je l'ai déjà indiqué, approfondir nos liens avec les acheteurs ouvre des portes aux entreprises canadiennes. Nous l'avons constaté avec Pemex. Nous voulons que cela se répète avec d'autres.
Nous savons que nous pourrions jouer un plus grand rôle dans le financement de l'investissement et dans la facilitation de l'expansion des entreprises canadiennes dans le monde. Un grand moyen pour répondre à ce besoin consiste à offrir du financement en monnaie locale. Le Mexique a été notre banc d'essai dans cette nouvelle approche. En août, j'ai été fier d'annoncer le premier prêt d'EDC en pesos mexicains à DaimlerChrysler México Holdings (DCM). Ce prêt de 2,1 milliards de pesos vise à faciliter les ventes aux acheteurs mexicains de véhicules fabriqués par DaimlerChrysler Canada. Il servira à financer la filiale de services financiers de DCM, qui dessert les acheteurs grossistes et détaillants au Mexique. Cette transaction profitera directement à plus de 12 000 employés de Daimler Chrysler Canada et à des centaines de fournisseurs de pièces dans toutes les régions du Canada. Elle contribuera évidemment à la santé d'une multinationale qui a des intérêts importants au Mexique. Je peux vous assurer que ce ne sera pas un essai sans lendemain. EDC a donné le feu vert pour que le financement en monnaie locale devienne un service normal à nos clients.
Nous allons également accroître nos recherches sur les besoins du marché. Dans les semaines qui viennent, il se pourrait que nous communiquions avec un grand nombre d'entre vous dans le cadre d'une analyse du marché qui nous aidera à élaborer nos stratégies sectorielles et commerciales.
Pour accroître nos activités, au Mexique ou sur d'autres marchés stratégiques, nous devons pouvoir bien expliquer la valeur que nous proposons d'apporter aux clients à l'étranger. Nos clients actuels et potentiels doivent connaître les nouveaux produits et services que nous offrons, mais ils doivent aussi comprendre qu'EDC est un partenaire potentiel unique en son genre, qui peut les aider à accroître leur chiffre d'affaires. L'ampleur de notre réussite dans ce domaine se traduira finalement par notre participation accrue dans l'investissement direct canadien à l'étranger, les fusions et les acquisitions, notre collaboration avec les banques locales, la facilitation du crédit-bail, et l'élargissement de la protection des sociétés affiliées grâce à l'assurance-comptes clients, à l'assurance-contrats et au cautionnement.
Nous voulons faire savoir qu'EDC est souple, ce qui peut apporter une réelle valeur ajoutée à vos affaires.
Permettez-moi de vous décrire ce que nous dirons à nos clients et partenaires ici au Mexique et partout ailleurs dans le monde.
Nous sommes l'organisme de crédit à l'exportation du Canada, mais nous fonctionnons sur une base commerciale. Cela veut dire que nos partenaires étrangers obtiennent tous les avantages qui découlent de nos liens avec les ministères et organismes du gouvernement du Canada ayant une vocation commerciale, du respect des normes et des accords internationaux, de solides pratiques en matière d'éthique commerciale et de pratiques environnementales. Mais cela veut dire également que nous appliquons des principes commerciaux. Et nous nous efforçons de respecter les échéances commerciales.
Nous sommes uniques parce que nous sommes très capables de prendre des risques. Notre capacité est non seulement plus grande, mais aussi continue - nos antécédents montrent que nous restons actifs sur des marchés que d'autres fuient ou évitent.
À titre d'organisme public, nous ne cherchons pas seulement à faire un profit grâce au commerce. Nous ne cherchons pas non plus à vendre aux clients autre chose que le service dont ils ont besoin. Nous ne sommes pas une banque qui offre des services complets et nous n'avons pas l'intention de le devenir. Nous sommes là à cause de notre mandat - accroître la capacité des entreprises canadiennes de faire des ventes à l'étranger.
Essentiellement, nous sommes en affaires pour qu'un plus grand nombre d'entreprises canadiennes puissent accroître leurs activités dans le monde. Cela veut dire que nous sommes une porte d'entrée pour que les clients étrangers puissent trouver plus de 7 000 nouveaux fournisseurs ou partenaires au Canada. Autrefois, nous financions principalement les exportations canadiennes. Le monde a changé depuis et nous constatons maintenant que faciliter le commerce veut dire offrir des services à toutes les étapes du commerce et de l'investissement, et à les offrir aux investisseurs et exportateurs canadiens mais aussi aux emprunteurs, aux acheteurs et aux investisseurs mexicains. C'est notre capacité unique de faire le pont entre les deux groupes qui ajoute tellement de valeur pour les deux.
Ce mélange unique de mandat public et de principes commerciaux rend notre proposition de valeur aux entreprises différente des autres. Nous ne pensons pas que cela alourdit les bagages, nous pensons que cela ajoute des dimensions supplémentaires.
Comme je l'ai indiqué d'entrée de jeu, vous êtes tous engagés au Mexique. Je veux vous assurer que nous le sommes nous aussi. Nous considérons le Mexique comme un marché stratégique pour le Canada. Il a un potentiel énorme, et les forces et les capacités canadiennes répondent très bien aux besoins du marché.
Je vous ai décrit quelques ingrédients clés de la recette d'EDC pour le Mexique, mais la rencontre de ce matin a aussi pour but d'en savoir davantage sur les débouchés que vous entrevoyez, sur vos besoins et sur votre opinion au sujet de ce que pourrait faire EDC pour vous aider à faire grandir vos affaires.
J'ai hâte d'entendre vos questions et vos commentaires.
Merci. Thank you. Gracias.