OTTAWA Le 6 novembre 2006 Le ralentissement de la croissance économique mondiale accentuera la pression sur les exportateurs canadiens dans les mois à venir, d'après les Prévisions à l'exportation semestrielles publiées aujourd'hui par Exportation et développement Canada (EDC), qui s'attend cependant à un début d'amélioration dans la deuxième moitié de 2007.
L'économie américaine est au centre du fléchissement de la performance mondiale. Les retombées de l'éclatement de la bulle du marché américain du logement se font rapidement sentir dans d'autres économies. L'accélération de la mondialisation dans les dix dernières années s'est traduite par une plus grande intégration du commerce mondial, ce qui explique la propagation plus rapide du ralentissement américain.
« Les bulles économiques éclatent si vite qu'il est difficile d'en prévoir les effets », déclare Stephen Poloz, premier vice-président, Affaires générales et économiste en chef à EDC. « L'économie mondiale a plus de ressort aujourd'hui que dans le passé et elle est plus à même de survivre à une mauvaise conjoncture. Mais il ne faudrait pas sous-estimer les répercussions possibles du récent ralentissement.» La croissance américaine devrait retomber à 2,2 % en 2007, ce qui représente une baisse de plus de 1 % par rapport à cette année et la pire performance depuis 2001. EDC prévoit une croissance économique mondiale de 4 % en 2007, taux également nettement inférieur à celui de 2006. Quant à la croissance économique canadienne, elle devrait passer de 2,8 % en 2006 à 2,4 % en 2007.
Qui dit croissance mondiale ralentie dit baisse des cours des produits de base par rapport aux sommets enregistrés, mais ces cours resteront cependant relativement élevés. Il en ira de même du dollar canadien, qui redescendra dans une fourchette de 0,82 à 0,84 USD d'ici la fin de 2007. Parallèlement, face à des risques en hausse, les écarts obligataires se creuseront pour les obligations de sociétés et des marchés émergents, après leur resserrement extraordinaire de ces toutes dernières années, ce qui affectera d'abord les économies et les entreprises les plus à la merci des récents développements.
« L'année 2007 verra certes la plus faible croissance mondiale en quatre ans, mais le rythme sera malgré tout assez bon, poursuit M. Poloz. Toutefois, cette croissance restera déséquilibrée. Les marchés émergents continueront de se comporter beaucoup mieux que les grandes économies. Et le secteur manufacturier restera confronté à des obstacles bien plus importants que celui de l'énergie. »
Le déséquilibre de la croissance mondiale se fera ressentir dans la performance canadienne à court terme. Globalement, les exportations de biens et de services ne reculeront que légèrement, soit de 1 %, mais les résultats sectoriels varieront considérablement. Les exportations vers les économies développées diminueront de 2 %, tandis que les expéditions vers les marchés émergents progresseront de 7 %. En 2007, les secteurs de l'énergie et des métaux, qui enregistrent tous deux une croissance à deux chiffres cette année, connaîtront une légère baisse due aux cours, alors que leurs volumes d'activité augmenteront. Le recul sera plus marqué dans le secteur manufacturier, où les exportations d'automobiles devraient baisser de 6 % et celles des biens de consommation et des produits forestiers, de 7 %. Le fléchissement du dollar canadien, dû en grande partie à un tassement de la demande, apportera toutefois un léger répit à ce secteur.
La croissance des exportations provinciales se caractérisera aussi par un déséquilibre. En 2007, comme en 2006, les exportations énergétiques auront une influence considérable sur les performances des provinces, Terre-Neuve-et-Labrador se classant en tête avec une croissance de 11 %, suivie par la Nouvelle-Écosse, avec 6 %. C'est en Ontario, en Colombie-Britannique et au Nouveau-Brunswick que la croissance des exportations sera le plus mise à l'épreuve, avec un recul de 3 % prévu pour chacune de ces provinces.
Les Prévisions à l'exportation examinent les conditions les plus récentes touchant les exportations, y compris les perspectives pour les taux d'intérêt et les taux de change, ainsi que des stratégies d'exportation afin d'aider les entreprises canadiennes à minimiser les risques. Elles analysent également divers risques de détérioration auxquels les exportateurs devraient se préparer.
Les Prévisions à l'exportation d'EDC, qui sont semestrielles, sont diffusées sur le site Web de la Société à http://www.edc.ca/docs/ereports/gef/EFindex_f.htm
EDC, organisme de crédit à l'exportation du Canada, offre des solutions commerciales novatrices pour aider les exportateurs et les investisseurs canadiens à réussir sur les marchés mondiaux. Chaque année, quelque 7 000 entreprises canadiennes et leurs clients étrangers tirent profit de ses connaissances et de ses partenariats pour faire des affaires sur environ 200 marchés. Société financièrement autonome, EDC est un chef de file reconnu dans l'établissement de rapports financiers, l'analyse économique et la gestion des ressources humaines.
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