Longueuil (Québec) le 13 décembre 2006 – Une expérience canadienne unique en son genre sur la coordination œil-main chez les astronautes en microgravité a été menée hier à bord de la navette spatiale Discovery. M. Barry Fowler, de l'Université York, a dirigé cette expérience financée par l'Agence spatiale canadienne (ASC).
Les pilotes de la navette spatiale et les spécialistes en charges utiles doivent posséder une excellente coordination œil-main pour manœuvrer des objets dans l'espace. Pour amarrer la navette spatiale en toute sécurité à la Station spatiale internationale, le pilote doit notamment faire preuve d'une précision de l'ordre du centimètre tandis que les deux véhicules spatiaux se déplacent dans l'espace à plus de 30 000 km/h. La manipulation d'un satellite de plusieurs dizaines ou centaines de milliers de dollars, au moyen du Canadarm, ou la manipulation d'une poutrelle pesant près de 20 tonnes à l'aide du Canadarm2, sont autant d'opérations délicates nécessitant une très grande coordination œil-main.
Or, les missions antérieures et les expériences scientifiques ont démontré que les astronautes avaient plus de difficulté à pointer et à atteindre des objets lorsqu'ils étaient en microgravité que lorsqu'ils étaient sur Terre. Cette situation pourrait revêtir une importance capitale en cas d'urgence. M. Fowler tente donc de trouver les causes de cette réduction de la coordination œil-main. Afin d'étudier les déficits de perception et de motricité dans l'espace (PMDIS), il a conçu une expérience semblable à un jeu vidéo.
« Lorsque nous aurons établi la raison pour laquelle il se produit un déficit de la perception et de la motricité dans l'espace, de dire M. Fowler, nous pourrons alors nous pencher sur des solutions à ce problème. Ces travaux de recherche menés dans l'espace pourraient déboucher sur de nouvelles connaissances médicales nous permettant de mieux comprendre comment le cerveau s'adapte aux maladies ou aux lésions qui entraînent un dérèglement de la coordinationœil-main ».
À bord de la navette spatiale Discovery (STS-116), l'astronaute Sunita Williams a été confrontée à diverses situations. Pour certaines épreuves, elle a utilisé une manette pour cliquer sur des cibles apparaissant sur un écran d'ordinateur. Dans le cadre d'autres épreuves, elle devait toucher directement l'écran au moyen d'un pointeur spécialement conçu pour cette expérience. La difficulté de la tâche variait selon la taille des cibles. Dans le cadre de tests simulant le traitement multitâche, on a demandé à l'astronaute d'appuyer sur un bouton en réaction à un signal sonore tout en touchant des cibles à l'écran.
La société Bristol Aerospace Ltd., de Winnipeg, a obtenu le marché de l'ASC visant la mise au point du matériel nécessaire pour l'expérience PMDIS.
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Veuillez prendre note qu'une bande vidéo d'images de l'échange entre la gestionnaire de programme de l'ASC, Louise Beauchamp, et l'astronaute est disponible. Communiquez avec l'ASC pour obtenir une copie ou consultez le site Internet de l'ASC au www.espace.gc.ca.
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