29 mars 2007
Montreal (Québec)Membres de la table d'honneur, distingués invités, présidents d'honneur, Mesdames et Messieurs, dans le sport, comme en politique, la perfection n'existe pas. Mais il arrive parfois, rarement plus d'une fois par génération, qu'une personne incarne à elle seule, grâce à son talent naturel et à ses qualités personnelles, le sommet de sa profession et l'idéal de ses compatriotes.
Cette personne personnifie alors la fierté de tout un peuple. C'est ce qu'a fait Jean Béliveau pendant toute sa carrière de joueur de hockey, mais aussi après celle-ci, avec une dignité, une humilité et une sérénité exemplaires. Pour un amateur de hockey comme moi, c'est un privilège d'être ici ce soir.
C'est pour moi un honneur de me trouver parmi les légendes du hockey de ma jeunesse et de rendre hommage au plus grand capitaine de l'équipe la plus florissante de l'histoire du sport.
Il suffit d'entendre les plus grands joueurs des générations suivantes nous dire comment le « Gros Bill » les a inspirés pour comprendre la profondeur de sa contribution au hockey, ou encore de jeter un coup d'il sur la Coupe Stanley, où le nom de Jean Béliveau apparaît 17 fois, dont cinq en tant que capitaine.
Comme nous le savons tous, Jean Béliveau est l'un des joueurs de hockey les plus distingués à avoir mis les pieds sur la glace. Il est toujours resté un gentleman dans un sport des plus rudes et parfois des plus impitoyables. Il jouait avec puissance, prestance et finesse.
Les exploits du « Gros Bill » sur la glace sont bien connus et son uvre de philanthrope et de bénévole est tout aussi remarquable. Si quelqu'un compilait les statistiques concernant les joueurs qui répondent personnellement au courrier de leurs fans, Jean Béliveau trônerait au sommet.
Si l'on décernait des trophées à ceux qui se dévouent aux enfants que la vie n'a pas choyés, Jean Béliveau les aurait tous raflés. Si le livre des records du hockey comprenait un chapitre entier consacré aux exploits de dévouement, d'honnêteté et de patriotisme, c'est Jean Béliveau qui l'aurait écrit.
Ceux et celles qui ont le privilège de bien le connaître vous diront sans doute que le rôle dont il est le plus fier est celui d'époux, de père et de grand-père. Mesdames et Messieurs, ça fait déjà longtemps que je suis en politique, et la politique canadienne a donné lieu à l'essor de nombreuses personnalités et à des événements hors de l'ordinaire, mais je connais un seul cas où une personne a refusé de devenir sénateur et gouverneur général pour rester plus près de sa famille. C'est la personne que nous honorons ce soir.
Monsieur Béliveau, pendant plus d'un demi-siècle, vous avez été l'un des ambassadeurs les plus respectés de notre sport national, mais vous avez aussi été un ambassadeur auprès des Canadiens, un modèle des idéaux auxquels ils se dévouent et qu'ils souhaitent inculquer à leurs enfants.
Et vous n'avez pas besoin de distinctions honorifiques ou de titres pour incarner ce que le Canada représente à travers le monde. Félicitations, bonsoir et merci beaucoup.