(Le 25 avril 2007, Ottawa, Canada) – L'existence de la kryptonite, véritable némésis de Superman, ne relève plus uniquement de l'univers de la bande dessinée. Un nouveau minéral dont la composition chimique correspond étrangement à celle de la kryptonite – révélée dans le film Le Retour de Superman – a récemment été identifié par des chercheurs canadiens et britanniques.
La puissance dévastatrice de la kryptonite est le talon d'Achille du super-héros : l'exposition aux gros cristaux verts de ce minéral a un effet débilitant sur Superman. Toutefois, contrairement à sa contrepartie fictive, le minéral qui a été mis au jour est blanc, se présente sous forme de poudre et n'est pas radioactif. Et, plutôt que d'être issue du cosmos, la vraie kryptonite a été découverte en Serbie par la société minière Rio Tinto. Incapable d'identifier la composition inhabituelle de ce nouveau minéral, Rio Tinto a demandé l'aide du minéralogiste Chris Stanley, du Muséum d'histoire naturelle de Londres.
Avant qu'un minéral ne puisse être classé comme étant réellement nouveau et distinct, il doit d'abord subir une analyse rigoureuse pour déterminer ses propriétés chimiques et optiques, y compris sa structure cristalline. Normalement, les échantillons de minerai renferment des cristaux assez gros pour qu'on puisse en établir la structure et la composition par des techniques comme la diffraction des rayons X sur monocristaux. Mais dans ce cas-ci, les cristaux étaient beaucoup trop petits. Chris Stanley a donc dû faire appel aux installations d'analyse sophistiquées du Conseil national de recherches du Canada et à l'expertise de deux chercheurs du CNRC, Pamela Whitfield et Yvon Le Page, pour analyser et valider la structure cristalline du minéral.
« Connaître la structure cristalline d'un matériau permet aux scientifiques de caractériser ses autres propriétés physiques – comme son élasticité et ses propriétés thermochimiques, explique le spécialiste en cristallographie Yvon Le Page. L'analyse et la validation de toutes les propriétés d'un minéral, tant physiques que chimiques, nous permettent de confirmer si celui-ci est vraiment unique. Toutefois, découvrir que la composition chimique d'un matériau qui nous est soumis pour examen est identique à la formule inventée par un auteur de science-fiction pour décrire le minéral fictif, c'est là une coïncidence qui n'arrive qu'une fois dans une vie », conclut-il.
Chris Stanley, qui a contribué à identifier de nombreux nouveaux minéraux, a été l'un de ceux qui ont levé le voile sur la véritable identité du mystérieux minéral. « Vers la fin de mon analyse, j'ai fait une recherche sur le Web en utilisant la formule chimique du minéral – l'hydroxyde silicaté de sodium-lithium-bore – et j'ai été fort étonné de découvrir que le nom scientifique du minéral que j'avais identifié est aussi celui qui apparaît sur une caisse d'échantillons rocheux contenant de la kryptonite qui a été dérobée par l'ennemi juré de Superman, Lex Luthor, dans un musée de Metropolis dans le film Le Retour de Superman. Mis à part le fait que le nouveau minéral que nous avons analysé ne contient pas de fluor et qu'il est blanc plutôt que vert, sa composition chimique correspond en tous points à la roche contenant la kryptonite fictive. »
De 30 à 40 nouveaux minéraux sont découverts chaque année. Chacun de ces minéraux doit être enregistré auprès de la Commission des nouveaux minéraux et noms de minéraux de l'Association minéralogique internationale. Cette agence compare le nouveau matériau qui lui est soumis à une vaste base de données de tous les minéraux connus pour déterminer s'il s'agit véritablement d'un nouveau minéral.
En plus des analyses effectuées par le Muséum d'histoire naturelle de Londres et par le Conseil national de recherches du Canada, des chercheurs de Ressources naturelles Canada, de la Commission géologique du Canada et du Musée canadien de la nature ont aussi coopéré pour que le nouveau minéral soit reconnu par la communauté scientifique internationale. Ce minéral sera officiellement nommé lorsqu'il sera présenté et décrit dans l'European Journal of Mineralogy plus tard cette année.
Reconnu mondialement pour ses travaux de recherche et d'innovation, le Conseil national de recherches du Canada est un chef de file dans le développement d'une économie novatrice axée sur le savoir au Canada grâce à la science et à la technologie.
Le Muséum d'histoire naturelle est reconnu mondialement comme un centre d'expertise scientifique où des spécialistes procèdent à des identifications qui font autorité et colligent des données sur une multitude d'animaux, de végétaux, de minéraux et de fossiles de partout dans le monde. Le Muséum possède des collections très complètes de minéraux, de minerais et de roches caractérisées à des fins de référence et l'une des meilleures bibliothèques en sciences de la Terre du Royaume-Uni.
Pour obtenir des photos de la kryptonite :
http://www.nrc-cnrc.gc.ca/images/photos/news/kryptonite/kryptonite.jpg
Pour obtenir les photos des chercheurs du CNRC qui ont participé à ce projet :
http://www.nrc-cnrc.gc.ca/images/photos/news/kryptonite/nrc_pamela_whitfield.tif
http://www.nrc-cnrc.gc.ca/images/photos/news/kryptonite/nrc_yvon_Lepage.tif
Pour de plus amples renseignements, prière de visiter le site Web du CNRC http://www.nrc-cnrc.gc.ca ou de communiquer avec :
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Chloe KemberyAttachée de presse principaleMuséum d'histoire naturelle, R.‑U.Ligne directe : 020 7942 5881Courriel : c.kembery@nhm.ac.uk