(OTTAWA) Le 17 avril 2007 Le ralentissement américain se répercute sur les économies du monde entier et continue d'exercer des pressions sur les exportateurs canadiens, d'après les Prévisions à l'exportation semestrielles publiées aujourd'hui par Exportation et développement Canada (EDC). Mais EDC ne s'attend pas à ce que le ralentissement mondial soit prononcé ou de longue durée.
« L'abondance de données allant en sens opposé pousse les économistes et les marchés à osciller entre l'optimisme et le pessimisme au sujet des perspectives économiques », déclare Stephen Poloz, premier vice-président, Affaires générales et économiste en chef à EDC. « Nous croyons que l'économie mondiale est à un point tournant et que la croissance se modérera jusqu'en 2008 par rapport à sa récente cadence rapide. L'inconnue est la possibilité continue d'un repli des consommateurs américains, qui jouent un rôle déterminant dans la croissance mondiale. »
EDC prévoit une croissance économique mondiale de 4,5 % en 2007 et une croissance de 4,6 % en 2008, en baisse par rapport à 5,1 % en 2006. L'expansion économique américaine devrait se modérer à 2,1 % en 2007, avant de s'accélérer à 2,8 % en 2008, en baisse comparativement à une expansion de 3,3 % en 2006. Au Canada, la croissance économique a été de 2,8 % en 2006, et elle devrait se ralentir à 2,3 % en 2007 avant de remonter à 2,9 % en 2008. La croissance des exportations canadiennes reflétera la performance mondiale, puisque EDC s'attend à un déclin des exportations de 1 % en 2007, puis à un léger redressement avec une croissance de 1 % en 2008.
« Même si la croissance mondiale est plus lente, elle demeurera assez vigoureuse jusqu'à la fin de 2008. L'ironie du sort, c'est que cette vigueur exerce des pressions sur la croissance des exportations canadiennes, car la robustesse persistante des secteurs de l'énergie et des mines continue de masquer la faiblesse d'autres grands secteurs clés de l'économie canadienne », poursuit M. Poloz. « Cela dit, les exportateurs canadiens réagissent en accroissant la productivité et en diversifiant leurs ventes et leurs approvisionnements, s'éloignant des États-Unis pour se rapprocher plutôt des marchés émergents en croissance rapide. »
Le cycle de croissance de l'économie mondiale a atteint son point culminant, et la politique monétaire progresse généralement vers un ton neutre. EDC s'attend à un déclin du dollar canadien, dont le cours devrait se situer entre 0,83 et 0,84 USD à la fin de 2007, avant de descendre encore plus et osciller entre 0,82 et 0,83 USD à la fin de 2008. Le repli du dollar canadien reflète le déclin du cours du pétrole projeté par EDC, qui s'attend à un cours de 55 USD le baril en 2007 et de 50 USD en 2008.
Les exportations canadiennes vers les marchés émergents ont augmenté de 13 % en 2006 pour atteindre un record de 40 G CAD. Les moteurs de la croissance en 2006 ont été la Russie (53,6 %), l'Inde (47,9 %), l'Europe centrale et orientale (28,8 %), le Mexique (25,2 %) et l'Afrique (23,9 %). EDC prévoit que la croissance des exportations vers les marchés émergents se poursuivra en 2007, avec une hausse de 7 %, avant de se modérer à un taux encore robuste de 4 % en 2008. À l'échelle provinciale, EDC s'attend à des résultats contrastés. Les taux de croissance des exportations les plus élevés en 2007 et en 2008 devraient être affichés en Saskatchewan (9 et 2 %), à l'Île-du-Prince-Édouard (2 et 4 %) et au Manitoba (3 et 1 %), en raison de la vigueur du secteur agroalimentaire national. Les taux de croissance des exportations les plus bas sont prévus au Nouveau-Brunswick (-6 et 0 %), ainsi qu'en Ontario (-3 et 0 %) et au Québec (-2 et 0 %), où se concentre l'activité manufacturière.
Les secteurs dont les exportations devraient continuer à augmenter en 2007 et en 2008 sont les engrais (20 et 14 %), les produits agroalimentaires (9 et 4 %), la machinerie et l'équipement (3 et 5 %), et les télécommunications (2 et 2 %). Certains secteurs, comme la machinerie, les télécommunications, les pièces d'aéronefs et d'autres produits de haute technologie exploitent le nouvel environnement commercial à leur avantage en utilisant plus d'intrants importés et en adoptant d'autres stratégies qui réduisent les coûts. Ces secteurs devraient obtenir de bons résultats au cours des prochaines années.
Les secteurs dont les exportations devraient diminuer en 2007 et en 2008 comprennent les biens de consommation (-6 et -4 %), les automobiles (-6 et 1 %) et les produits forestiers (-4 et 1 %), étant donné que ces secteurs affligés demeurent confrontés à des conditions difficiles. La baisse des prix réduira également les recettes à l'exportation des secteurs de l'énergie (-2 et 1 %) et des métaux (0 et -4 %).
« Le commerce est de moins en moins entravé par la géographie. À mesure que les frontières et les distances perdent de leur pertinence, la nouvelle proximité accroît l'influence des économies les unes sur les autres », ajoute M. Poloz. « Cette année, le ralentissement américain se répercute sur le reste du monde. La bonne nouvelle, c'est qu'il ne devrait pas être prononcé et qu'il ne devrait pas durer longtemps. »
Les Prévisions à l'exportation examinent les conditions les plus récentes touchant les exportations, y compris les perspectives pour les taux d'intérêt et les taux de change, ainsi que des stratégies d'exportation afin d'aider les entreprises canadiennes à minimiser les risques. Elles analysent également divers risques de détérioration auxquels les exportateurs devraient se préparer.
Les Prévisions à l'exportation d'EDC, qui sont semestrielles, sont diffusées sur le site Web de la Société à http://www.edc.ca/gef_fEDC, organisme de crédit à l'exportation du Canada, offre des solutions commerciales novatrices pour aider les exportateurs et les investisseurs canadiens à réussir sur les marchés mondiaux. Chaque année, quelque 7 000 entreprises canadiennes et leurs clients étrangers tirent profit de ses connaissances et de ses partenariats pour faire des affaires sur environ 200 marchés. Société financièrement autonome, EDC est un chef de file reconnu dans l'établissement de rapports financiers et l'analyse économique. Depuis les six dernières années, elle a été reconnue comme l'un des cent meilleurs employeurs du Canada.
-30 -
Contact Philippe TaylorAffaires publiquesExportation et développement Canada 613-598-2904ptaylor@edc.ca