Mise à jour : 24 mai 2007
L'Agence de santé publique du Canada (ASPC) a été informée récemment d'un autre cas confirmé en laboratoire de paludisme chez un voyageur canadien de retour de République dominicaine (RD). L'ASPC continue de recommander l’utilisation prophylactique d’antipaludéens (médication) et la prise de mesures de protection personnelle (comme les insectifuges) contre les piqûres de moustiques aux voyageurs qui se rendent dans les régions rurales de la province de La Altagracia [carte], y compris les complexes touristiques, et aussi à ceux qui se déplacent en zones rurales en République dominicaine. Veuillez consulter la section Recommandations du présent document pour de plus amples renseignements.
Le cas le plus récent a été signalé chez un Canadien qui a voyagé en autobus dans les régions rurales de la province de La Altagracia à la tombée du jour, la période de la journée où les moustiques qui transmettent le paludisme sont les plus actifs. Il a séjourné dans la province de La Romana, dans un centre de villégiature situé dans une région rurale. Le voyageur n'a utilisé aucun médicament antipaludéen et n'a pris aucune mesure de protection personnelle contre les piqures de moustiques. À son retour au Canada, il a présenté des symptômes apparentés à ceux de la grippe, y compris de la fièvre; lorsqu'il a demandé des soins médicaux, il a reçu un diagnostic de paludisme causé par Plasmodium falciparum.
L'ASPC surveille de près les déclarations de cas de paludisme chez les voyageurs canadiens de retour au pays et continue de collaborer avec la l’Organisation panaméricaine de la santé (OPS) pour surveiller et déclarer tout nouveau cas de paludisme chez des voyageurs revenant de République dominicaine.
Au sujet du paludisme
Le paludisme est une affection pseudo-grippale aiguë causée par une des quatre espèces de parasites du genre Plasmodium, soit Plasmodium falciparum, Plasmodium vivax, Plasmodium ovale et Plasmodium malariae. L’infection à Plasmodium falciparum peut être mortelle.
La maladie est généralement transmise aux humains par la piqûre d’un moustique infecté, tout particulièrement la femelle du moustique Anopheles, un insecte qui pique pendant la soirée et la nuit.
Le paludisme est aussi endémique dans presque toute l'Afrique subsaharienne, dans de nombreuses régions du Moyen-Orient, de l’Asie méridionale, de l’Asie du Sud-Est, de l’Océanie, de l’île d’Haïti, d’Amérique centrale et d’Amérique du Sud, dans certaines régions du Mexique, de l’Afrique du Nord et de la République dominicaine.
Pour des renseignements complets sur le paludisme, veuillez consulter la page d'information sur le paludisme de l'Agence de santé publique du Canada.
Recommandations
Le paludisme est présent tout au long de l'année en République dominicaine. Les régions où le risque de transmission est le plus élevé sont les provinces longeant Haïti, et la province de La Altagracia. Bien que les lieux de villégiatures ne soient généralement pas considérés comme des zones à risque, il est important de noter que des cas de transmission du paludisme ont parfois été signalés chez des voyageurs internationaux.
L'ASPC recommande l’utilisation d’antipaludéens en prophylaxie (médication) et de mesures de protection personnelle (comme les insectifuges) contre les piqûres de moustiques aux voyageurs qui se rendent dans les régions rurales de la province de La Altagracia, y compris les complexes touristiques, et aussi à ceux qui se déplacent en zones rurales en République dominicaine. (Les complexes touristiques de Punta Cana et de Bavaro sont situés dans la province de La Altagracia.)
Nota : La chloroquine est le médicament antipaludique de choix conseillé pour la République dominicaine. Toutefois, la combinaison d’atovaquone et de proguanil (Malarone®), la doxycycline et la méfloquine sont tout aussi efficaces que la chloroquine et sont disponibles sans problème.
Comment prévenir l'infection paludéenne
Deux mesures importantes peuvent vous aider à prévenir l'infection paludéenne : éviter les piqûres de moustique et utiliser des médicaments antipaludéens efficaces.
Mesures de protection personnelle contre les piqûres de moustiques
Le document Déclaration relative aux mesures de protection individuelle pour prévenir les piqûres ou morsures d'arthropodes du CCMTMV présente des renseignements complets sur la prévention des piqûres de moustique.
Médication antipaludéenne (prophylaxie)
Les médicaments antipaludéens diminuent le risque de développer le paludisme symptomatique. Ils ne protègent toutefois pas à 100 % contre la maladie. Vous devez discuter de la nécessité d'une médication antipaludéenne avec votre médecin de famille ou un professionnel en santé voyage plusieurs semaines avant votre départ.
Si votre médecin vous prescrit un médicament antipaludique, il est important que vous le preniez comme on vous l'a demandé afin d'en maximiser l'effet protecteur. Chaque médicament a son propre schéma posologique qui doit être suivi à la lettre. À cause de la période d'incubation de la maladie, ces médicaments doivent être pris avant le départ et après le retour de voyage.
L'ASPC rappelle aux voyageurs qu'ils doivent suivre le schéma posologique prescrit et prendre la médication dans son entier. À l'exception du médicament atovaquone-proguanil qui doit être pris la semaine suivant le retour d'une région où le paludisme est endémique, la chloroquine, la doxycycline et la méfloquine doivent se prendre pendant les quatre semaines suivant le retour d'une région où le paludisme est endémique.
Tout voyageur se rendant dans une région où le paludisme est présent ou dans un endroit où l'on a signalé une éclosion, peu importe s'il a pris ou non des médicaments antipaludéens, doit comprendre que toute manifestation de fièvre doit faire l'objet d'un suivi médical immédiat pour éliminer la possibilité qu'il s'agisse de paludisme.
À titre de rappel…
L'ASPC recommande fortement aux voyageurs d'inclure à leurs préparatifs de voyage une consultation dans une clinique santé-voyage ou chez leur médecin, de six à huit semaines avant leur départ. Selon l'évaluation des risques personnels encourus, le professionnel de la santé pourra déterminer les besoins en matière d'immunisation ou de médication préventive (prophylaxie) et donner des conseils quant aux précautions à prendre pour éviter les risques de maladie.
L'ASPC recommande également aux voyageurs qui deviendraient malades ou ne sentiraient pas bien à leur retour au Canada de consulter leur médecin et de l'informer, dès le début de l'entrevue, de leur voyage ou séjour à l'étranger, en précisant les endroits visités.
Pour d'autres renseignements sur le paludisme :
Consultez la page d'information sur le paludisme de l'Agence de santé publique du Canada
Le Comité consultatif de la médecine tropicale et de la médecine des voyages (CCMTMV) publie des directives et recommandations fondées sur les preuves. Pour obtenir les cartes des régions où le paludisme est endémique et d'autres renseignements au sujet de cette maladie, consultez les Recommandations canadiennes pour la prévention et le traitement du paludisme (malaria) chez les voyageurs internationaux du CCMTMV, publiées dans le supplément de juin 2004 (vol. 30) du Relevé des maladies transmissibles au Canada
Consultez la Foire aux questions sur le paludisme