MONTRÉAL, le vendredi 18 mai 2007 - Les enquêteurs de la
Section immigration et passeports de la Gendarmerie royale du Canada ont
procédé à l’arrestation de deux présumés
trafiquants d’êtres humains. Les présumés criminels
ont été accusés mercredi d’avoir exploité une Éthiopienne
de 29 ans en la contraignant à un travail forcé dans leur
résidence de Laval.
Nichan Manoukian et sa conjointe, Manoudshag Saryboyadjian, propriétaires
de la résidence où aurait été exploitée
la présumée victime, font face à des accusations de
traite des personnes, d’en avoir tiré un avantage matériel
et de rétention de documents de voyage ou d’identité.
Ces accusations en matière de traite des personnes sont une première
au Canada à l’échelle internationale.
L’enquête a débuté à la suite de renseignements
parvenus au Service de protection des citoyens de Laval voulant qu’une
jeune Éthiopienne travaillait comme aide familiale dans une résidence.
Cette jeune femme aurait par la suite confirmé, par l’entremise
d’une tierce personne, que ses employeurs l’obligeaient à travailler
sans arrêt, qu’elle n’avait pas accès à ses
papiers d’identité, qu’on ne la laissait pas quitter
la résidence seule et qu’il lui était interdit d’utiliser
le téléphone. Ses employeurs, qui auraient eu recours à la
menace pour l’intimider, lui auraient fait comprendre à plusieurs
reprises que si elle parlait de sa situation, les autorités canadiennes
la retourneraient dans son pays.
Les enquêteurs de la GRC, en collaboration avec la Section immigration
de la Division du renseignement de l’Agence des services frontaliers
du Canada (ASFC), ont démontré que Nichan Manoukian avait
effectué une demande de visa de résident temporaire à titre
de visiteur pour la jeune femme en 2004. Les demandes de prolongation du
visa avaient toutefois été refusées. La jeune femme
se trouvait donc dans une situation d’illégalité au
Canada. À la suite d’autres preuves recueillies, des accusations
ont pu être déposées contre les deux présumés
trafiquants d’êtres humains.
Une forme de criminalité croissante
Pour combattre ce type de crime, la GRC travaille étroitement avec
l’ASFC et les différents corps policiers. La traite des personnes
est une forme de criminalité qui connaît une croissance rapide.
Le crime organisé en matière d’immigration comporte
deux aspects : le passage d’illégaux et la traite des personnes
avec l’intention d’exploiter les victimes. Les migrants clandestins
sont généralement libres lorsqu’ils arrivent à destination,
tandis que les victimes de la traite des personnes deviennent captives
comme dans ce cas-ci.
Du recrutement à l’exploitation des victimes
La traite des personnes repose sur trois étapes : le recrutement,
le déplacement puis l’exploitation; elle revêt quatre
formes : l’exploitation sexuelle, le travail forcé, l’exploitation
des enfants et le prélèvement d’organes.
- Message
radiophonique -
Toute personne qui croit posséder des renseignements sur quiconque
impliqué dans des activités illicites d’immigration,
en l’occurrence la traite des personnes, est invitée à communiquer,
en toute confidentialité, avec la GRC au (514) 939-8306 ou en communiquant
sans frais au numéro 1 866 227-2124.
- 30-
Renseignements :
Caporale Élaine Lavergne
Bureau des communications
Montréal : (514) 939-8308