Mise à jour : 24 juillet 2007
L'Agence de santé publique du Canada (ASPC) continue de surveiller une éclosion de paludisme en Jamaïque. À l’heure actuelle, le nombre de cas confirmés de paludisme en Jamaïque diminue de façon constante depuis que l’éclosion a atteint son point culminant, en décembre 2006. Toutefois, on déclare encore quelques cas chaque mois. Pour le moment, et jusqu'à nouvel ordre, l'ASPC continue de recommander la chimioprophylaxie et les mesures de protection personnelle pour prévenir le paludisme chez les personnes qui passent la nuit à Kingston (Jamaïque). Veuillez consulter la section Recommandations ci-dessous. [carte]
Au 30 juin 2007, le ministère de la Santé de la Jamaïque avait déclaré 370 cas confirmés de paludisme, en majorité à Kingston et St. Andrews (342 cas). Vingt et un cas ont été déclarés à St. Catherine et un petit nombre de cas a été déclaré dans des paroisses voisines. La date d'apparition de la maladie la plus récente parmi les cas confirmés est le 10 juin 2007.
Un seul cas a été déclaré chez un résident des États-Unis qui s’est rendu à Kingston en novembre 2006. Aucun cas n'a été signalé chez des voyageurs canadiens à ce jour. Tous les cas confirmés ont été causés par Plasmodium falciparum. Il n'y a eu aucun décès et il n’y a aucune preuve de résistance à la chloroquine chez les personnes traitées.
Le paludisme n'est pas endémique à la Jamaïque. À l'exception d'un petit nombre de cas importés chaque année, la Jamaïque a été exempte de paludisme depuis les 41 dernières années. Toutefois, la Jamaïque peut être sujette à la réintroduction et à la transmission locale de la maladie, compte tenu de son climat tropical, de la présence du moustique pouvant transmettre la maladie et de la proximité des pays où sévit le paludisme.
Un soutien technique est offert par l'Organisation panaméricaine de la santé (OPS) et le Caribbean Epidemiology Center (CAREC). Les Centers for Disease Control and Prevention (CDC) des États-Unis apporte leur soutien en renforçant la capacité diagnostique en laboratoire.
Source : Organisation panaméricaine de la santé, ministère de la Santé de la Jamaïque, Centers for Disease Control and Prevention des États-Unis.
Paludisme
Le paludisme est une affection pseudogrippale aiguë causée par une des quatre espèces de parasites du genre Plasmodium, soit Plasmodium falciparum, Plasmodium vivax, Plasmodium ovale et Plasmodium malariae. L'infection à P. falciparum peut être mortelle. La maladie est généralement transmise aux humains par la piqûre d'un moustique femelle infecté du genre Anopheles, une insecte qui pique pendant la soirée et la nuit. Les personnes atteintes font de la fièvre et présentent des symptômes semblables à ceux de la grippe, comme maux de tête, nausées, vomissement, douleurs musculaires et un sentiment de malaise. Les victimes souffrent aussi souvent de rigor (tremblements accusés ou spasmes musculaires) et de frissons.
Le paludisme est endémique (c.-à-d. toujours présent) dans presque toute l'Afrique subsaharienne, dans de nombreuses régions du Moyen-Orient, de l'Asie méridionale, de l'Asie du Sud-Est, de l'Océanie, d'Haïti, d'Amérique centrale et d'Amérique du Sud, ainsi que dans certaines régions du Mexique, de l'Afrique du Nord et de la République dominicaine.
Pour obtenir d’autres renseignements sur la prévention et le traitement du paludisme, consultez la page d’information sur le paludisme de l’Agence de la santé publique du Canada.
Recommandations
Compte tenu de l'activité localisée du paludisme qui sévit actuellement en Jamaïque et jusqu'à nouvel ordre, l'ASPC recommande aux Canadiens qui passent la nuit à Kingston (Jamaïque) de prendre une médication préventive (prophylaxie) contre le paludisme et des mesures de protection personnelle contre les piqûres de moustiques (de la tombée de la nuit à l'aube).
Comment prévenir le paludisme?
Deux mesures importantes peuvent vous aider à prévenir l'infection paludéenne : éviter les piqûres de moustique et utiliser une médication antipaludéenne efficace.
1. Mesures de protection personnelle contre les piqûres de moustique
Le document Déclaration relative aux mesures de protection individuelle pour prévenir les piqûres ou morsures d'arthropodes du Conseil consultatif de la médecine tropicale et de la médecine des voyages (CCMTMV) présente des renseignements complets sur la prévention des piqûres de moustique.
2. Médication antipaludéenne (prophylaxie)
La chloroquine est le médicament antipaludéen recommandé pour la Jamaïque. Cependant, l'atovaquone-proguanil (Malarone®), la doxycycline et la méfloquine sont également efficaces et facilement disponibles.
Les médicaments antipaludéens diminuent le risque de développer le paludisme symptomatique. Ils ne protègent toutefois pas à 100 % contre la maladie. Vous devez discuter de la nécessité d'une médication antipaludéenne avec votre médecin de famille ou un professionnel en santé-voyage plusieurs semaines avant votre départ.
Si votre médecin ou la clinique santé-voyage vous prescrit un médicament antipaludéen, il est important que vous le preniez comme on vous l'a demandé afin d'en maximiser l'effet protecteur. Chaque médicament a son propre schéma posologique qui doit être suivi à la lettre. À cause de la période d'incubation de la maladie, ces médicaments doivent être pris avant, pendant et après le voyage.
L'ASPC rappelle aux voyageurs qu'ils doivent terminer la médication prescrite à leur retour. À l'exception du médicament atovaquone-proguanil qui doit être pris la semaine suivant le retour d'une région où le paludisme est endémique, la chloroquine, la doxycycline et la méfloquine doivent se prendre pendant les quatre semaines suivant le retour d'une région où le paludisme est endémique.
Tout voyageur se rendant dans une région où le paludisme est présent ou dans un endroit où l'on a signalé une éclosion, peu importe s'il a pris ou non des médicaments antipaludéens, doit comprendre que toute manifestation de fièvre doit faire l'objet d'un suivi médical immédiat pour éliminer la possibilité qu'il s'agisse de paludisme.
À titre de rappel…
L'ASPC recommande habituellement aux Canadiens se rendant à l'étranger de consulter leur médecin de famille ou une clinique santé-voyage avant leur départ, peu importe vers quelle destination, pour obtenir une évaluation personnelle des risques encourus et pour déterminer leurs besoins en matière d'immunisation ainsi que les médicaments prophylactiques et les mesures de protection personnelle nécessaires.
En outre, l'ASPC recommande aux voyageurs qui deviendraient malades ou ne sentiraient pas bien à leur retour au Canada de consulter leur médecin et de l'informer, dès le début de l'entrevue, de leur voyage ou séjour à l'étranger, en précisant les endroits visités.
Pour obtenir d'autres renseignements auprès de l’Agence de la santé publique du Canada
Lisez les conseils de santé aux voyageurs précédents sur le paludisme du Programme de médecine des voyages à l’adresse suivante : http://www.phac-aspc.gc.ca/tmp-pmv/info/pal_mal_f.html.
Consultez le document du Programme de médecine des voyages Immunisation recommandée pour les voyages à l'étranger
Consultez l’énoncé du Comité consultatif de la médecine tropicale et de la médecine des voyages sur la prévention et le traitement du paludisme chez les voyageurs internationaux
Visitez la Foire aux questions sur le paludisme.
Renseignements additionnels d’autres sources
Pour obtenir de l’information sur le Global Malaria Programme (GMP), visitez le site Internet suivant : http://www.who.int/malaria/ .