OTTAWA – Le 30 octobre 2007 – D’après les Prévisions à l'exportation trimestrielles que publie aujourd’hui Exportation et développement Canada (EDC), la vigueur du dollar canadien et le ralentissement des dépenses de consommation aux É.-U. et dans le reste du monde rendront la situation encore plus difficile pour de nombreux exportateurs canadiens en 2008.
« Pour la troisième année consécutive, en 2008, les expéditions à l’exportation resteront pratiquement inchangées », a déclaré Stephen Poloz, premier vice-président, Affaires générales, et économiste en chef. « Mais même cela ne dit pas tout, à savoir que bien des exportateurs canadiens essaient de maintenir leurs ventes à l’exportation à un moment où la hausse du dollar réduit leurs marges bénéficiaires. »
Après la croissance par les prix de 3,7 % enregistrée en 2007, la valeur des ventes globales à l’exportation devrait augmenter de 1,5 % en 2008. La faiblesse américaine gagnant les grands marchés comme les marchés émergents, la croissance économique mondiale fléchira encore, retombant à 4,5 %, contre 4,9 % en 2007 et 5,4 % en 2006.
Les consommateurs américains subissent davantage le contrecoup sur l’ensemble de l’économie de la récession dans le secteur de l’habitation. Les turbulences sur les marchés financiers de la mi-2007, elles-mêmes symptômes d’une faiblesse dans le secteur de l'habitation aux É.-U., ajoutées au recul du dollar américain entraînent un ralentissement des dépenses de consommation en Europe et au Japon.
Malgré leur nette croissance des dernières années, les marchés émergents continuent de dépendre fortement des exportations de biens de consommation vers les grandes économies. L’incidence du ralentissement de la demande mondiale ne sera pas immédiate, mais elle sera de plus en plus évidente tout au long de 2008. Les turbulences sur les marchés mondiaux se ressentiront plus ou moins sur tous les marchés émergents, mais les marchés les plus risqués seront les plus touchés, car les créanciers réévalueront les risques et reverront leurs engagements en conséquence.
Les chiffres de l’économie canadienne restent solides pour l’instant et la forte demande mondiale de produits de base, de biens intermédiaires à base de matières premières et de produits agroalimentaires a fait augmenter les prix et la valeur des exportations canadiennes en 2007. L’économie mondiale s’essoufflant, les cours des produits de base reculeront et, avec eux, le dollar canadien tout au long de 2008. Les perspectives en ce qui concerne les cours pétroliers et, donc, le dollar canadien restent très incertaines, mais des cours pétroliers en baisse et des risques mondiaux en hausse devraient entraîner un raffermissement général du dollar américain et une baisse du dollar canadien, qui devrait repasser sous la barre des 90 cents d’ici la fin de 2008.
Les perspectives demeurent bonnes pour certains secteurs exportateurs canadiens. En 2008, la croissance des exportations se maintiendra, par exemple, dans le secteur agroalimentaire, le secteur des engrais, le secteur de l’énergie, le secteur de l’aéronautique et celui des machines. En revanche, elle devrait fléchir dans celui des biens de consommation, des minerais, des métaux, des produits chimiques, des plastiques, du matériel ferroviaire, du matériel de télécommunications et des produits automobiles. La diversification géographique croissante des exportations canadiennes devrait se poursuivre durant toute la période de référence. Les exportations vers les pays développés devraient augmenter de moins de 1 % en 2008, tandis qu’à destination des marchés émergents, elles augmenteront de 11 %, contre 24 % en 2007.
En 2007, la croissance des exportations variait considérablement d’une province à l’autre. Les provinces où l’énergie, l’exploitation minière ou l’agroalimentaire représentent une part importante des exportations affichent des résultats nettement supérieurs à la moyenne nationale. Dans celles qui dépendent plus des produits manufacturés, en particulier de l’automobile, du matériel de télécommunications et des biens de consommation, la croissance des exportations a sensiblement marqué le pas l’an dernier.
La croissance provinciale des exportations variera encore beaucoup en 2008. La Saskatchewan se classera en tête, avec une augmentation de 12 %. Des taux de croissance convenables sont prévus pour le Manitoba (7 %), le Nouveau-Brunswick (6 %) ainsi que pour Terre-Neuve-et-Labrador et l’Île-du-Prince-Édouard (5 %). Une augmentation de 4 % est prévue pour l’Alberta, et de 3 % pour la Nouvelle-Écosse. La Colombie-Britannique n’enregistrera un taux de croissance de 1,7 % seulement. Les exportations de l’Ontario devraient baisser de 1 % et celles du Québec, de 1,4 %.
« Il n’est jamais facile de se préparer à un ralentissement ou d’en prévoir la durée, a ajouté M. Poloz. Mais il existe fondamentalement de bonnes raisons de croire que l’économie mondiale évitera une récession. En fait, l’assise structurelle mondiale est bien plus solide que dans le passé, ce qui fait qu’il sera beaucoup plus facile de se redresser après une période de faiblesse et de redémarrer en 2009. Il reste à savoir, et c’est là la grande inconnue, si la consommation américaine va se stabiliser, car si elle ne se stabilise pas, les exportateurs canadiens risquent d’être confrontés à une situation plus difficile que nous ne le prévoyons. »
Les Prévisions à l'exportation semestrielles d’EDC portent sur la situation mondiale à l’exportation, y compris les perspectives en ce qui concerne les taux d’intérêt, les taux de change, ainsi que sur des stratégies d’exportation propres à aider les entreprises canadiennes à réduire les risques au minimum. Elles analysent aussi divers risques de détérioration auxquels les exportateurs devraient être préparés. Les Prévisions sont diffusées sur le site Web d’EDC, à http://www.edc.ca/gef_f.
EDC, organisme de crédit à l’exportation du Canada, offre des solutions commerciales novatrices pour aider les exportateurs et les investisseurs canadiens à réussir sur les marchés mondiaux. Chaque année, quelque 6 400 entreprises canadiennes et leurs clients étrangers tirent profit de ses connaissances et de ses partenariats pour faire des affaires sur environ 200 marchés. EDC, qui est financièrement autonome, est un chef de file reconnu dans l'établissement de rapports financiers et l’analyse économique et elle figure depuis sept ans parmi les 100 premiers employeurs canadiens.
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