La population est invitée à la plus grande prudence
MONTRÉAL, le mardi 18 décembre 2007 - L’escouade spécialisée du Centre opérationnel contre le télémarketing frauduleux (COLT) a saisi un peu plus de 50 000 lettres, et autant de faux chèques, dans un blitz, entre le 14 novembre et le 14 décembre. Ces fausses lettres visaient à arnaquer des citoyens américains mais aussi canadiens en leur soutirant de l’argent en échange d’un prétendu prix. Le COLT avise les citoyens de ne jamais envoyer d’argent pour réclamer un soi-disant prix. Au Canada, il est illégal d’exiger un paiement en retour d’un prix quelconque.
L’escouade spécialisée du COLT a amorcé l’enquête après que les Services de sécurité et d'enquêtes de Postes Canada eurent intercepté des enveloppes affranchies avec de faux tampons postaux en destination des États-Unis.
La GRC n’a pas le pouvoir d’inspecter le courrier. Toutefois, les Services de sécurité et d'enquêtes de Postes Canada ont constaté, lors de leur enquête relativement à une fraude d'affranchissement postale, que le courrier contenait de la sollicitation frauduleuse. C’est pour cette raison que les Services de sécurité et d'enquêtes de Postes Canada ont avisé la GRC.
Le COLT a alors entrepris une opération de surveillance, durant un mois, où il a découvert 50 065 lettres frauduleuses adressées à des Américains mais aussi à des Canadiens, dont des Montréalais, pour une tentative de fraude frisant les 195 millions $. Aucune arrestation n’a été effectuée et aucune accusation n’a été déposée pour le moment. L’enquête est toujours en cours.
Le COLT tient toutefois à faire connaître cette saisie afin de prévenir les consommateurs contre cette fraude mais aussi contre le marketing de masse frauduleux qui revêt plusieurs formes.
Le piège
Dans ce cas-ci, les fraudeurs expédient une lettre, accompagnée d’un faux chèque, variant entre 2 000 $ et 5 000 $. La lettre laisse croire au destinataire qu’il a remporté un prix, pouvant atteindre 50 000 $, dans le cadre d’une campagne promotionnelle internationale. Pour avoir le droit de réclamer le soi-disant prix, les arnaqueurs, par la lettre, demandent aux destinataires d’encaisser le chèque et de retourner le montant d’argent correspondant, ou une partie, pour acquitter certains frais administratifs en vertu d’une loi internationale qui protègerait les consommateurs. Les destinataires se voient imposer un délai très court qui ne laisse pas le temps à leur institution financière de certifier le prétendu chèque. Les consommateurs envoient tout de même l’argent et tombent ainsi dans le piège tendu par les arnaqueurs. Les adresses de retour sont la plupart du temps des cases postales. Parfois, on demande aux victimes d’acheminer l’argent par transfert électronique en utilisant un comptoir spécialisé. Les victimes peuvent se faire soutirer frauduleusement jusqu’à 5 000 $.
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Ne jamais envoyer d’argent
Il ne faut jamais envoyer d’argent à une compagnie ou à un concours pour réclamer un prétendu prix. La fraude par faux chèque repose sur un même scénario : les fraudeurs demandent à leurs victimes potentielles de déposer le chèque qu’ils leur adressent et d’acheminer par la suite une partie de l’argent avant que l’institution bancaire ne constate que le chèque est faux. Lorsqu’on dépose un chèque, la banque est tenue de débloquer les fonds, dans les jours qui suivent, pour que le client puisse avoir accès au montant. Toutefois, le délai entre le moment où le chèque est déposé dans le compte du client et celui où la banque réalise que le chèque est un faux est plus long. Ce qui permet de retirer le montant d’argent demandé et de l’acheminer au fraudeur avant de savoir que le chèque est faux.
Un crime sans frontière
La fraude par faux chèque est une forme de crime du marketing de masse frauduleux. Le marketing de masse en soi n’est pas illégal, mais lorsque le message véhiculé est faux, que l’information donnée au client est intentionnellement trompeuse ou que la compagnie n’a aucune intention de respecter sa part de l’engagement, il s’agit alors de marketing de masse frauduleux. A la base, toutes les arnaques par marketing de masse frauduleux exigent que les victimes envoient de l’argent sous forme de chèque certifié ou mandat-poste en échange d’un prix, d’un produit ou d’un service.
Ce type de crime est grandissant, car il n’a pas de frontière. La fraude par marketing de masse est commise par la poste, le courrier électronique, le téléphone et l’Internet. Pour aider les consommateurs à se prémunir contre ce type de crime, nous les invitons à consulter le site Internet de la GRC.
Une priorité pour la GRC
Le marketing de masse frauduleux représente un crime grave causé souvent par des opérations criminelles structurées. Les conséquences de cette forme de crime économique, contre des personnes ou des entreprises, sont catastrophiques pour les victimes et pour la confiance des consommateurs. La criminalité dite « en col blanc » constitue une des priorités de la GRC qui lutte contre cette forme de crime notamment au sein du COLT.
Le Centre opérationnel de lutte contre le télémarketing frauduleux, créé en 1998, est composé de la Gendarmerie royale du Canada, de la Sûreté du Québec, du Service de police de la Ville de Montréal, de l’Agence des services frontaliers du Canada, du Bureau de la concurrence du Canada (Région du Québec), du US Homeland Security (ICE), du US Postal Service, du US Federal Trade Commission et du Federal Bureau of Investigation. Le COLT travaille aussi avec plusieurs autres collaborateurs dont les Services de sécurité et d'enquêtes de Postes Canada. Le COLT constitue l’un des plus efficaces programmes de prévention et de perturbation du marketing de masse frauduleux mis en place.
Les partenaires de COLT souhaitent la participation des citoyens du Canada pour les informer sur l’existence d’un réseau de fraudeurs par marketing de masse frauduleux. Tout renseignement de nature criminelle pourra nous permettre de contrer les organisations criminelles impliquées dans ce type de délits. Nous invitons les victimes à communiquer avec le COLT au 514 939-8304 ou avec le Centre d’appel antifraude du Canada au 1 888 495-8501.
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Renseignements :
Bureau des communications
514 939-8308