Bonjour. Merci de vous joindre à nous ici aujourd’hui. Je m’appelle Bill Sweeney. Je suis sous-commissaire à la GRC et occupe depuis juillet dernier le poste de conseiller supérieur au Commissaire. Auparavant, j’étais sous-commissaire de la Région du Nord-Ouest; à ce titre, j’étais responsable de la supervision des opérations de la GRC en Alberta, au Manitoba, en Saskatchewan, dans les Territoires du Nord-Ouest et au Nunavut.
Le but de la conférence de presse est de vous renseigner sur les démarches de la GRC relatives à l’élaboration d’une politique nationale sur les renforts et de vous fournir une certaine perspective à cet égard. La question des renforts a suscité beaucoup d’attention récemment, surtout en raison du décès tragique de membres de la GRC au Nunavut et dans les Territoires du Nord-Ouest récemment. J’espère pouvoir vous offrir, de même qu’aux Canadiens, des renseignements additionnels qui vous permettront de mieux comprendre la complexité que pose l’élaboration d’une politique nationale raisonnable et les défis inhérents à sa mise en oeuvre à l’échelle du pays.
Évidemment, la sécurité du public et celle des hommes et des femmes qui ont choisi de servir leur pays comme policiers est un principe fondamental dont on doit principalement tenir compte dans toutes les décisions opérationnelles. Ce principe devrait être respecté et observé, qu’importe si le policier doit prendre une décision prescrite par la politique opérationnelle ou en fonction de la nature immédiate de l’urgence opérationnelle à laquelle il est confronté.
Les réalités opérationnelles de la GRC sont très nombreuses et diverses. Le Parlement a autorisé le ministre fédéral responsable de la GRC à conclure des ententes avec les provinces, les territoires et les municipalités afin que la GRC y fournisse des services de police.
Par conséquent, la GRC fournit des services de police dont la prestation est similaire à ceux d’autres corps policiers municipaux, grands et petits, au pays. Des hommes et des femmes de la GRC sont en poste dans les régions rurales ainsi que dans huit provinces et trois territoires. Les membres de la GRC assurent des services de police fédérale au pays et à l’étranger. Ils sont appelés à travailler au sein de groupes composés de centaines de policiers dans les grands centres urbains, dans de très petits postes à des centaines de kilomètres du voisin le plus près, ou dans des conditions qui varient entre ces deux extrêmes.
Chaque jour, les hommes et les femmes de la GRC prennent d’innombrables décisions opérationnelles en s’appuyant sur leur formation et leur expérience afin d’exercer leurs fonctions avec bon sens et jugement.
Nous choisissons nos membres très soigneusement, comme le font tous les autres services de police au pays. Nous avons besoin de personnes ayant l’aptitude et l’intelligence nécessaires pour réagir rapidement aux différents défis du travail policier. Nous leur fournissons la meilleure formation de base qui soit à l’École de la GRC à Regina, en Saskatchewan. Dès leur arrivée à la Division Dépôt, les cadets de la GRC apprennent à examiner les facteurs de risque des situations auxquelles ils pourraient être confrontés et à utiliser les tactiques appropriées pour intervenir en toute sécurité, dont s’arrêter, se repositionner et attendre l’arrivée de renforts avant d’aller plus loin dans l’intervention.
Il ne s’agit pas là d’un concept nouveau découlant des événements récents. Ce concept fait partie depuis longtemps de la formation des cadets et constitue la norme des interventions policières opérationnelles depuis de nombreuses années.
Il importe de souligner qu’une politique nationale qui exige de demander des renforts au besoin constitue une affirmation des principes que nous enseignons à nos membres durant leur formation. Compte tenu des divers contextes policiers à la GRC, nous avons jusqu’à ce jour demandé aux chefs de service d’élaborer des plans de renforts et des procédures connexes qui tiennent compte de leurs réalités opérationnelles. Il importe également de souligner que nos niveaux de service sont déterminés en fonction des négociations entre la GRC et les provinces, les territoires et les municipalités, et que la réalité est que, comme tous les autres services de police et organismes gouvernementaux, nous n’avons tout simplement pas une réserve illimitée de ressources.
L’adoption d’une politique nationale sur les renforts a des répercussions sur les ressources. Le redéploiement des ressources actuelles ou le resserrement des critères de résidence sont des options. On ne peut pas prendre à la légère les changements possibles ou les imposer unilatéralement. Leur mise en oeuvre devra faire l’objet de discussions avec nos partenaires contractuels et nos employés.
Nous avons travaillé en étroite collaboration avec le Programme des représentants des relations fonctionnelles, si bien que nous sommes sur le point d’adopter une politique nationale sur les renforts. L’adoption de la politique prendra cependant un certain temps en raison des questions relatives aux ressources et aux critères de résidence. Dans l’intervalle, le Commissaire a réitéré que la sécurité des policiers ne peut être compromise. On ne s’attend pas à ce que les membres hésitent à demander des renforts s’ils le jugent nécessaire.
Par cette politique, nous voulons ancrer dans l’esprit des membres, afin d’éviter toute ambiguïté, que certains appels NÉCESSITENT une intervention par plusieurs membres. Nous voulons aussi leur exposer clairement les situations pour lesquelles ils doivent prendre une décision éclairée en fonction des circonstances immédiates.
Je tiens cependant à souligner que la politique, qu’importe son niveau prescriptif, n’éliminera pas les risques inhérents au travail policier. C’est là un aspect qui mérite de s’y attarder. Dans notre monde d’aujourd’hui, les risques sont omniprésents. Il y a danger dans nos rues et sur nos autoroutes. Le stress est source de négligence et de problèmes chez bien des gens. Certains individus se soucient peu de faire des victimes par leurs intentions criminelles, que ce soit obtenir de l’argent ou des drogues ou se venger. Les Canadiens s’attendent à ce que la police réponde à leurs appels 911 lorsqu’ils sont terrifiés, blessés ou en danger. Ils s’attendent à ce que la police intervienne SUR-LE-CHAMP.
Nous modifions et consolidons constamment nos politiques et nos modalités afin de s’assurer que les membres interviennent de la façon la plus sure dans les diverses situations.
Il est facile de remettre en question les décisions d’un policier lorsque l’incident est terminé et que la poussière est retombée. Il est facile de dire ce que l’on aurait fait dans de telles circonstances ou de critiquer ce que l’on a observé.
Il est cependant beaucoup plus difficile de s’avancer et de dire « J’y vais ». Les membres de la GRC ont tous dit « J’y vais ». J’espère que les Canadiens y penseront lorsqu’ils verront un policier sur la rue, en autopatrouille ou à l’extérieur d’un bar un vendredi soir. Dans les situations qui nécessitent l’aide de la police, les Canadiens veulent, ont besoin et s’attendent à une intervention immédiate. Nos membres sont dûment préparés. La GRC continuera à faire tout en son pouvoir pour les soutenir.
S.-Comm. Bill Sweeney