28 janvier 2008
Ottawa (Ontario)Le Premier ministre Stephen Harper a fait aujourd'hui la déclaration suivante :
« En octobre dernier, j'ai demandé à l'ancien vice-premier ministre John Manley de diriger un groupe d'experts indépendant formé d'éminents Canadiens qui aurait pour mandat d'examiner le rôle futur du Canada en Afghanistan. J'ai pris cette décision parce que je crois que notre mission en Afghanistan revêt une importance nationale telle que les Canadiennes et les Canadiens méritent un débat, un point de vue et une analyse qui déborde le cadre de la politique partisane. La semaine dernière, les membres du Groupe d'experts ont présenté leurs conclusions et recommandations au gouvernement. Ils ont produit un rapport équilibré, réfléchi et exhaustif à l'intention de la population canadienne.
« Tous les membres du Groupe d'experts doivent être félicités pour la qualité de leur travail et leur dévouement à la fonction publique. Dans leurs travaux, M. Manley et ses collègues ont réaffirmé que l'engagement du Canada en Afghanistan est important. Il est important parce qu'il concerne la sécurité mondiale, tout comme celle du Canada. Il est important parce qu'il concerne la réputation internationale de notre pays et les engagements que nous avons pris pour assurer le bien-être de certains des peuples les plus pauvres et les plus vulnérables du monde. Et il est important avant tout en raison du dévouement et des sacrifices de ces Canadiennes et de ces Canadiennes remarquables qui cherchent à protéger le monde et à redonner espoir à la population afghane.
« J'ai parlé avec M. Manley et je lui ai dit que notre gouvernement accepte, dans les grandes lignes, les recommandations du Groupe d'experts sur le rôle futur du Canada en Afghanistan. Plus précisément, le gouvernement accepte la recommandation de prolonger la mission du Canada en Afghanistan si – et j'insiste sur le si – certaines conditions sont respectées, soit avoir un ou des partenaires dans la province de Kandahar avec des troupes de combat additionnelles et un équipement adéquat.
En d'autres termes, bien qu'il soit évident que la mission en Afghanistan est nécessaire, si nous décidons de mettre nos jeunes hommes et jeunes femmes en uniforme en danger, nous avons la responsabilité de leur donner la meilleure chance de réussir.
« Les membres du Groupe d'experts ont clairement souligné qu'il ne peut y avoir d'échéance définitive sur le moment où l'OTAN aura terminé sa mission en Afghanistan, et où les Afghans pourront être responsables de leur propre sécurité, et nous sommes d'accord. Cependant, la contribution du Canada devrait être revue, à tout le moins, dans le contexte des progrès réalisés quant aux jalons proposés par le panel, et ce, d'ici deux à trois ans. Au cours des jours et des semaines à venir, nous commenterons plus en détail les recommandations du panel.
« Au cours de la même période – avant la rencontre des chefs d'État membres de l'OTAN prévue en avril à Bucarest –, je dirigerai un effort diplomatique avec nos alliés afin de déterminer les engagements précis requis pour veiller à ce que les prochaines mesures que nous prendrons respectent les recommandations du Groupe d'experts. Et comme je l'ai déjà dit, le gouvernement présentera une motion au Parlement ce printemps, demandant le maintien de l'engagement du Canada. J'ai parlé à M. Dion et j'invite les partis de l'opposition à bien réfléchir à la position qu'ils adopteront et à accorder au rapport l'attention qu'il mérite. Le panel de M. Manley a reconnu avec justesse l'importance de l'engagement du Canada en Afghanistan, de même que les conséquences d'un échec. Ne nous leurrons pas : le Canada, avec ses alliées, progresse en Afghanistan. Cependant, c'est une mission complexe et difficile. La responsabilité majeure que nous partageons en allant de l'avant est d'assurer que nos gains – et ceux de la population afghane – ne sont pas vains. »