TORONTO – Le 22 avril 2008 – D'après les Prévisions à l'exportation trimestrielles publiées aujourd'hui par Exportation et développement Canada (EDC), la croissance des exportations devrait stagner jusqu'à la mi-2009, tandis que l'économie mondiale continue de ralentir. Les prévisions ont pour titre « Et maintenant? », référence à l'incertitude accrue dans laquelle l'évaluation du ralentissement économique mondial actuel laisse exportateurs et analystes.
« Comme dans une partie d'échecs difficile, l'économie canadienne fait de très bons coups dans une situation défavorable depuis deux ans et elle s'en sortait assez bien. Mais soudain, nous nous retrouvons en échec », explique Peter Hall, vice-président des Services économiques et économiste en chef adjoint. « Il a fallu plus longtemps que prévu pour que l'effondrement du secteur américain de l'habitation se propage, mais il ne fait guère de doute que nous sommes en plein net ralentissement. Ce qui reste incertain pour les exportateurs, c'est l'ampleur et la durée de ce ralentissement. »
EDC est d'avis que les exportateurs canadiens ressentiront cette année les effets de la détérioration des facteurs fondamentaux, à savoir la vigueur persistante du dollar canadien, le ralentissement économique aux É.-U. et la baisse des cours des produits de base. Globalement, EDC prévoit que le total des exportations baissera de 2 % en 2008, avec des pertes générales dans la plupart des secteurs, sauf pour les principaux produits de base associés au resserrement des marchés mondiaux de l'alimentation et de l'énergie. EDC table sur une croissance mitigée de 2 % en 2009, conforme au léger redressement de la croissance mondiale.
Le fléchissement de la demande mondiale, le dollar américain au plus bas et un repli des cours des produits de base aideront à faire redescendre le dollar canadien sur la période de référence. Des taux d'intérêt à court terme plus faibles au Canada soutiendront la dépréciation de la monnaie, mais EDC pense que l'effet sera probablement marginal, car les taux d'intérêt américains à court terme vont encore baisser. Donc, le dollar canadien s'échangera aux alentours de la parité pendant la majeure partie de la première moitié de 2008, avant de se déprécier dans la deuxième moitié. D'ici la fin de 2008, il devrait s'échanger entre 0,86 et 0,90 USD.
« La croissance sera très maigre au moins jusqu'à la mi-2009. Les excès sur le front de la consommation aux É.-U. sont tout simplement trop grands pour permettre un redressement dynamique, comme en 2001, poursuit M. Hall. Même des mesures d'encouragement importantes, prises au bon moment ne constitueront pas un antidote assez puissant. »
Après la consommation, le ralentissement américain est maintenant davantage généralisé dans d'autres secteurs de l'économie. La croissance dans la zone euro devrait aussi ralentir sur fond de positions de principe bellicistes de la Banque centrale européenne (BCE). Au Japon, les indicateurs prospectifs laissent toujours entrevoir une récession, tandis que les perspectives économiques se détériorent au R.-U. à cause de la faiblesse du marché de l'habitation et des excès des consommateurs. Le fléchissement de ces marchés, qui représentent près de la moitié du PIB mondial, ramènera la croissance mondiale à 3,8 % en 2008 et 2009.
Les marchés émergents ne sortiront pas indemnes du ralentissement mondial actuel. La croissance économique devrait retomber à 6,8 % en 2008, puis à 6,4 % en 2009, contre 7,6 % en 2007. En revanche, même si la croissance se tasse sur ces marchés, elle ne sera pas aussi faible que lors de ralentissements mondiaux précédents. Ils sont, en effet, plus en mesure aujourd'hui d'affronter la vague actuelle de turbulences financières que dans le passé.
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Quatre années de forte demande mondiale, la nette augmentation des cours des produits de base et des liquidités importantes ont permis à de nombreux pays d'alléger et d'améliorer le fardeau de leur dette publique, de renforcer leurs soldes budgétaires et d'accumuler des réserves en devises importantes. Ils ont également amélioré la crédibilité de leurs politiques et engagé des réformes pour renforcer la productivité.
La contraction des exportations par secteur cette année sera davantage généralisée. Neuf des treize principales catégories sectorielles connaîtront un recul. Si l'on ne tient pas compte des secteurs à succès de l'énergie et de l'agriculture, le portrait d'ensemble de la croissance est moins reluisant. La croissance des exportations par province variera d'une province à l'autre. Les gains seront les plus marqués en Saskatchewan, au Manitoba, en Alberta et au Nouveau-Brunswick, qui profiteront de la force des secteurs de l'agriculture et de l'énergie. Les provinces de l'Ontario et du Québec connaîtront des reculs significatifs cette année, en raison de la composition industrielle et de la dépendance sur l'économie américaine.
Les Prévisions à l'exportation semi-annuelles d'EDC portent sur la situation la plus récente en ce qui concerne les exportations mondiales, y compris les perspectives en matière de taux d'intérêt, les taux de change et des stratégies d'exportation pour aider les entreprises canadiennes à réduire les risques au minimum. Elles analysent aussi toute une série de risques de détérioration auxquels les exportateurs devraient être préparés. Les prévisions se trouvent sur le site Web d'EDC (http://www.edc.ca/gef).
EDC, organisme de crédit à l'exportation du Canada, offre des solutions commerciales novatrices pour aider les exportateurs et les investisseurs canadiens à réussir sur les marchés mondiaux. Chaque année, quelque 7 000 entreprises canadiennes et leurs clients étrangers tirent profit de ses connaissances et de ses partenariats pour faire des affaires sur environ 200 marchés. Société financièrement autonome, EDC est un chef de file reconnu dans l'établissement de rapports financiers et l'analyse économique. Elle figure parmi les 100 meilleurs employeurs du Canada pour la septième année consécutive.
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