(Reconnaître la présence des aînés, du chef du Grand conseil Beaucage, du chef Franklin Paibomsai, des autres chefs et d'autres personnes, selon le cas…)
Merci de votre chaleureux accueil et de votre généreuse hospitalité. Je suis très touché que vous m'ayez invité à participer à votre Assemblée annuelle, dans cette région magnifique. C'est un grand honneur pour moi de visiter Whitefish River, un lieu de vision et de rêves au cœur de la Nation anishinabek.
J'ai récemment appris que, dans cette région, habite l'une des plus anciennes collectivités d'Anishinaabe au pays : les résidents de Sheguindah ont des racines qui remontent à 9 000 ans. Quel meilleur endroit pour une réunion de la plus ancienne organisation politique en Ontario?
L'Union des Indiens de l'Ontario est non seulement l'une des plus anciennes organisations politiques autochtones, mais aussi l'une des plus productives, si j'en juge d'après votre programme ambitieux.
Je suis venu aujourd'hui pour trois raisons :
- d'abord, rendre hommage aux dirigeants exceptionnels que vous êtes et souligner le travail impressionnant que vous réalisez au nom de vos 42 Premières nations;
- puis, signaler les récentes initiatives du gouvernement du Canada qui améliorent la vie et la subsistance des Autochtones canadiens;
- et enfin, souligner l'importance des partenariats forts pour assurer des progrès constants.
Il faut souligner l'excellent travail de l'Union qui a beaucoup progressé vers son objectif d'autonomie en matière de gouvernance et d'éducation. La signature, en février 2007, de l'accord de principe concernant la gouvernance avec la Nation anishinabek a constitué un grand pas dans cette direction. Cet accord, qui représente les intérêts de 42 collectivités des Premières nations et d'environ 53 000 personnes, est l'un des accords les plus perfectionnés et l'un de ceux qui ont la plus vaste portée en matière d'autonomie gouvernementale au Canada.
Il jette les bases de nouvelles institutions et structures de gouvernance fondées sur vos cultures et vos valeurs, qui seront mieux adaptées à vos Premières nations et plus responsables à leur égard.
Un autre aspect prometteur des négociations actuelles est notre effort conjoint pour conclure un accord définitif sur l'exercice des pouvoirs en éducation. Ces dispositions vous permettront de donner à vos enfants et à vos jeunes à la fois de l'espoir et l'occasion de réaliser leurs rêves et d'atteindre leurs objectifs pour l'avenir.
Bien que ces accords définitifs soient encore en cours de négociation, je trouve très encourageante la détermination dont les deux parties font preuve pour s'entendre. Au cours des prochaines semaines et des prochains mois, grâce au leadership du chef du Grand conseil et des chefs de l'Assemblée, l'énorme potentiel de ces accords portera fruit dans vos collectivités.
Je dois d'ailleurs vous offrir mes félicitations les plus sincères pour l'approche stratégique réfléchie que vous avez adoptée pour planifier votre autonomie gouvernementale. Votre réussite est une inspiration pour les Premières nations de partout au Canada.
Notre gouvernement travaille fort avec les Premières nations comme les vôtres dans différents dossiers prioritaires communs. Nous travaillons fort pour assumer notre passé, honorer nos obligations, régler les différends et favoriser la guérison et la réconciliation.
Nulle part cette volonté n'est elle plus manifeste que dans les excuses historiques présentées récemment par le premier ministre Harper aux anciens élèves des pensionnats indiens. Elles sont une étape majeure sur la voie vers la guérison et la réconciliation.
Notre gouvernement reconnaît que les excuses ne feront pas disparaître la douleur engendrée par le système des pensionnats indiens, mais elles démontrent notre volonté d'en arriver à un moyen juste et durable de faire disparaître les séquelles de ce triste chapitre de notre histoire, et de marcher résolument vers l'avenir avec les Autochtones de tout le Canada.
La Commission de vérité et réconciliation joue un rôle clé à cet égard. Le travail du juge Harry Laforme donne une occasion exceptionnelle de parler aux Canadiens de ce qui s'est passé dans les pensionnats indiens. Je suis convaincu que ce sera un grand pas vers l'établissement d'une nouvelle relation entre les Autochtones et les autres Canadiens.
Ces innovations historiques montrent clairement que, de concert avec vous, notre gouvernement veut améliorer concrètement la vie des premiers peuples. Nous avons aussi clairement établi que la rhétorique ne nous intéresse pas : nous croyons à l'action. Ensemble, nous avons progressé dans de multiples domaines, rectifié des fautes passées et préparé un plus bel avenir.
Le meilleur souvenir laissé par notre gouvernement sera sans aucun doute d'avoir accéléré et rendu plus équitable le processus de règlement des revendications particulières, une initiative qui profitera à tous les Canadiens.
Le Plan d'action relatif aux revendications particulières, lancé par le premier ministre en juin 2007 avec le chef national de l'Assemblée des Premières Nations, illustre notre engagement mutuel à collaborer étroitement au travail soutenu entrepris dans ce domaine.
Nous en sommes maintenant à une étape clé du Plan d'action, c'est à dire l'adoption d'un projet de loi important qui créera un organisme indépendant, le Tribunal des revendications particulières. Les Premières nations ont dorénavant la possibilité de s'adresser à lui pour faire prendre une décision exécutoire si le gouvernement refuse de négocier leur revendication ou si les négociations échouent.
Une autre importante question qui nous tient à cœur est la protection des droits de la personne, ce que presque tous les autres Canadiens considèrent comme allant de soi en vertu de la Loi canadienne sur les droits de la personne.
Nous avons adopté une loi novatrice pour accorder, aux membres des Premières nations vivant dans les réserves, toute la protection liée aux droits de la personne, ce qui leur a été refusé durant 30 ans. Et nous avons présenté la Loi sur les foyers familiaux situés dans les réserves et les droits ou intérêts matrimoniaux, pour faire en sorte que les membres des Premières nations reçoivent un juste revenu lorsqu'une relation prend mauvaise tournure. Notre souci de renforcer l'autonomie des gens et de protéger les plus vulnérables se manifeste aussi par les nouveaux investissements dans les programmes et services de prévention de la violence familiale.
Nous estimons que la réussite individuelle et la prospérité économique passent d'abord et avant tout par l'éducation. C'est pourquoi, dans le budget de 2008, notre gouvernement a consacré 70 millions de dollars pour favoriser l'éducation chez les Premières nations en améliorant la responsabilisation et en encourageant les partenariats et la collaboration avec les réseaux provinciaux de l'éducation.
Pour stimuler la création d'emploi, nous mettons en œuvre des lois dans des domaines comme le développement commercial et industriel dans les réserves, ainsi que la gestion des terres et des ressources pétrolières et gazières, l'administration des fonds, de même que l'impôt et la gestion financière et statistique. Les Premières nations de tout le Canada s'en serviront pour mieux administrer et développer leur économie locale. De surcroît, les nouveaux membres du Conseil national de développement économique des Autochtones sont chargés d'examiner des moyens pour aller plus loin et intensifier nos programmes de développement économique. À ce sujet, j'aimerais signaler la nomination au Conseil de votre représentante, Dawn Madahbee. Dawn continuera d'accomplir du travail remarquable dans la création de possibilités de développement économique pour les peuples autochtones.
Notre gouvernement insiste tout autant pour améliorer les conditions de vie des Autochtones. Nous avons pris des mesures décisives pour que toutes les réserves aient accès à une eau potable salubre. Ces démarches ont suscité des progrès réels et des résultats tangibles. Par exemple, en 2006, 21 collectivités étaient jugées prioritaires. Aujourd'hui, seules six demeurent sur la liste. Et le nombre de Premières nations ayant des systèmes d'eau potable à risque élevé a diminué de plus de la moitié. Il reste certainement du travail à faire dans ce domaine et nous comptons sur notre plan d'action de 330 millions pour continuer les progrès.
Notre gouvernement comprend l'importance de la propriété foncière au Canada. Nous voulons que les personnes habitant dans les réserves aient également l'occasion de devenir propriétaires de leurs propres logements, adaptés à leurs besoins, à leur situation financière et à leur choix personnel. En effet, un bon logement est à la base de collectivités saines et autonomes.
Voilà pourquoi nous avons créé le Fonds d'aide au logement du marché pour les Premières nations, doté d'une enveloppe de 300 millions de dollars. Par cette mesure, nous voulons que les résidants des Premières nations puissent accéder à des prêts et ainsi acheter ou rénover une maison, ou encore créer de nouvelles unités de location sur le marché. Nous prévoyons que, dans dix ans, le Fonds aura contribué à faire construire jusqu'à 25 000 nouveaux logements.
Permettez moi de féliciter le chef du Grand conseil Beaucage pour sa contribution à l'établissement et au fonctionnement du Fonds d'aide au logement du marché pour les Premières nations. J'ai été ravi d'assister à l'inauguration de ce programme, le mois dernier, et je suis heureux d'ajouter qu'il est maintenant disponible.
Bien entendu, nous ne sommes pas les seuls artisans de ces progrès et je ne prétends pas non plus que le travail soit terminé. Nous savons tous qu'il ne faut pas s'endormir sur ses lauriers.
Toutes ces améliorations démontrent notre engagement sans réserve à travailler avec vous et d'autres gouvernements pour constituer des collectivités saines et durables. Nous sommes résolus à créer les conditions nécessaires pour assurer un plus haut niveau de vie et une meilleure qualité de vie à tous les peuples autochtones pour que vous puissiez jouir de la même prospérité que tous les autres Canadiens.
La liste de nos réalisations conjointes, dont je viens de vous faire part, montre que l'union de nos efforts permet de faire des progrès sans précédent.
Ces succès illustrent aussi la force de notre partenariat. Notre relation se fonde sur une compréhension et un respect mutuels et sur la protection des droits de tous les citoyens.
Cette relation solide et équitable donnera lieu à des collectivités des Premières nations plus fortes et à un pays où la vie sera plus agréable pour tous ses habitants.
Nous devons absolument planifier un nouveau cheminement commun marqué par le respect et mutuellement bénéfique. À en juger par notre feuille de route impressionnante et par votre chaleureux accueil d'aujourd'hui, je ne doute absolument pas du succès. J'ai hâte de collaborer de près avec vous dans ce but.
Merci.