La Citadelle, le dimanche 19 octobre 2008
SOUS RÉSERVE DE MODIFICATIONS
J'ai su très tôt dans ma vie que la liberté, la parole et le respect de la dignité humaine pouvaient être bafoués sans vergogne.
Moi qui ai vécu sous la férule d'une dictature sans merci, je mesure bien le courage, voire la témérité, qu'il faut aux journalistes pour accomplir leur travail dans des régions du monde où sévissent la misère, les conflits, l'horreur.
Beaucoup l'ont payé de leur vie.
La liberté est à reconquérir, sans cesse et toujours.
Pour les journalistes que nous honorons aujourd'hui, la langue française est un espace de conquête, un lieu d'affranchissement.
C'est une langue qui leur sert à dire et à se dire, là où la propagande et la censure tiennent lieu de vérité, là où on voudrait trop souvent les réduire au silence.
Tout dans leur façon de travailler force l'admiration.
Les maigres moyens dont ils disposent en comparaison de ceux que nous avons ici et dans d'autres pays de la Francophonie.
La vigilance et l'audace qu'il leur faut pour défier la peur, témoigner, dénoncer à visage découvert et à haute voix des situations inacceptables.
La ferveur avec laquelle ils informent, rapportent et couvrent les événements, dans une langue à la fois précise et imagée qui rejoint et touche la population.
La conviction qu'ils ont que leurs efforts parviendront à éveiller les consciences et à transformer la société.
À vous qui participez au devoir de mémoire, au besoin de comprendre, au combat contre l'indifférence, contre le sentiment d'impuissance et contre l'ignorance, nous vous disons : « continuez. »
Continuez de faire jaillir du sens et des étincelles d'espoir pour vos concitoyens et concitoyennes qui ont soif de vérité et de liberté.
Continuez de leur donner une voix et de briser nos solitudes.
Et puissiez-vous trouver en la Francophonie l'expression d'une solidarité qui ne connaît aucune frontière.
Félicitations, et que tous nos vœux vous accompagnent.