(TORONTO) – Le 28 octobre 2008 – La croissance des exportations canadiennes déclinera davantage en 2009 et ne se redressera probablement pas avant le milieu de 2010, d'après les Prévisions à l'exportation publiées aujourd'hui par Exportation et développement Canada (EDC).
« Une reprise rapide après le ralentissement mondial est écartée. Les excès considérables dans certains secteurs dont ceux des prêts, de l'habitation et des produits de base au cours des dernières années de vaches grasses mettront beaucoup de temps à disparaître », a déclaré Peter Hall, économiste en chef d'EDC. « Les nouvelles financières mondiales qui dominent dans les manchettes partout dans le monde ont commencé avec le marché du logement américain, qui restera submergé vu les millions d'unités excédentaires sur le marché. Lorsque ces stocks auront été éliminés, une reprise pourra se développer, mais nous ne nous y attendons pas avant 2010, au plus tôt. »
Les exportations du Canada sont durement frappées par cette situation. Si l'on élimine l'effet des fortes fluctuations de prix des produits de base, le volume réel des exportations devrait avoir diminué de 5 % en 2008. Mais les hausses de prix ont été assez importantes durant l'année pour que la valeur des exportations augmente de 1 %. Le tassement des prix des produits de base devrait empêcher cet effet en 2009, lorsque les exportations ne devraient pas augmenter. Les exportateurs profiteront de la dépréciation du dollar canadien, qui devrait se stabiliser autour de 85 cents en 2009.
L'économie canadienne demeurera léthargique, en ligne avec la performance affaiblie des économies avancées en général. La croissance canadienne ne sera que de 0,9 % en 2008 et de 1,4 % en 2009. L'économie mondiale devrait aussi se ralentir par rapport à une progression de 3,8 % en 2008 pour se situer à un niveau quasi-récessionnaire de 3,3 % en 2009. La faiblesse sera également évidente sur les marchés émergents, qui devraient passer d'une croissance de 6,8 % en 2008 à seulement 6,0 % en 2009, soit bien en deçà des 7,6 % de 2004 à 2007.
« Normalement, une croissance aussi faible plomberait davantage les exportations canadiennes, mais un bon synchronisme et d'importants développements dans l'industrie maintiendront l'activité globale à des niveaux proches de ceux de 2008 », a poursuivi M. Hall. Malgré les fortes baisses de prix, les volumes des expéditions de produits énergétiques permettront de légères augmentations, ce qui stabilisera l'ensemble des exportations. EDC prévoit un cours du brut moyen de 75 USD le baril en 2009, ce qui représenterait un déclin de 26 % par rapport à la moyenne de 102 USD le baril projetée cette année, car les spéculateurs battent rapidement en retraite. La solide demande mondiale de produits agroalimentaires et d'engrais permettra à ces importants secteurs de grandir. Les exportations du secteur de l'aéronautique devraient s'accroître car la gamme de produits du Canada est très demandée. De nouveaux produits permettront au secteur mal en point de l'automobile de surnager en 2009.
La croissance du produit intérieur brut (PIB) aux É.-U. se ralentira à 1,7 % en 2008 et reculera davantage en 2009, pour se situer à 1,0 %. Même si un déclin a été évité au premier semestre de 2008, des consommateurs malmenés, des investisseurs appréhensifs et l'activité manufacturière qui bat de l'aile feront baisser les importations américaines pour une deuxième année consécutive en 2009. Vu que le sort des exportateurs canadiens est inextricablement lié au marché américain, EDC s'attend à ce que la valeur des exportations canadiennes à destination des É.-U. diminue pour une quatrième année d'affilée.
Confrontée aux pressions inflationnistes, à la monnaie et aux taux d'intérêt élevés du début de l'année, à la correction des marchés du logement et à la faiblesse de la consommation, la zone euro continue de voir la croissance de son PIB s'affaiblir. EDC a révisé à la baisse ses prévisions pour la zone euro et s'attend maintenant à une croissance de seulement 1,0 % en 2009, après une progression de 1,5 % en 2008. EDC prévoit qu'à la fin de 2009, quand l'inflation se sera modérée et que les taux d'intérêt auront continué de baisser, la croissance commencera à se redresser. Mais si d'autres marchés comme la Russie, la Chine ou l'Inde chancellent davantage que prévu, le ralentissement pourrait durer encore plus longtemps.
Les Prévisions à l'exportation semestrielles d'EDC présentent l'évolution récente des exportations et les perspectives des taux d'intérêt et des taux de change, ainsi que des stratégies d'exportation pour aider les entreprises canadiennes à atténuer les risques. Elles analysent également divers risques auxquels les exportateurs devraient se préparer. Les Prévisions sont affichées sur le site Internet d'EDC à www.edc.ca.
EDC, organisme de crédit à l'exportation du Canada, offre des solutions commerciales novatrices pour aider les exportateurs et les investisseurs canadiens à réussir sur les marchés mondiaux. Chaque année, quelque 7 000 entreprises canadiennes et leurs clients étrangers tirent profit de ses connaissances et de ses partenariats pour faire des affaires sur environ 200 marchés. Société financièrement autonome, EDC est un chef de file reconnu dans l'établissement de rapports financiers et l'analyse économique. Elle figure parmi les 100 meilleurs employeurs du Canada depuis huit ans.
-30-
Personne-ressource pour les médias :
Phil Taylor
Exportation et développement Canada
Téléphone : 613-598 2904
Courriel : ptaylor@edc.ca