Le 20 janvier 2009
OTTAWA — Son Excellence la très honorable Michaëlle Jean, gouverneure générale du Canada, a souligné l’inauguration présidentielle américaine du 44e président des États-Unis Barack Obama par une déclaration à Rideau Hall ce matin (le texte en entier est présenté ci-bas). Une vidéo de cette déclaration est disponible. Vous pouvez vous procurer une copie en communiquant avec le Bureau de presse de Rideau Hall.
Plus tard aujourd’hui, suite au visionnement de la cérémonie d’inauguration, la gouverneure générale sera l’hôte d’un Dialogue jeunesse avec 125 jeunes au sujet de leur participation dans l’édification d’un monde meilleur. Les participantes et participants auront l’occasion d’explorer la signification historique de l’élection du premier président des États-Unis afro-américain et d’exprimer leur point de vue sur le thème de “La jeunesse et le pouvoir de l'espoir”.
Les membres du public peuvent contribuer aux forums et réagir aux blogues par l’entremise de www.ecoutedescitoyens.gg.ca.
La gouverneure générale a été l’hôte de plusieurs Dialogues jeunesse à travers le Canada et à l’étranger. Ces Dialogues offrent aux jeunes une plateforme pour débattre des questions qui les concernent. Au cours de chaque dialogue, des centaines de personnes prennent part à la discussion et la gouverneure générale y participe activement. Lors du premier, elle a discuté avec près de 300 étudiants universitaires, des sénateurs, des ministres fédéraux et des leaders communautaires de l’abolition de l’esclavage et de l’élimination du racisme. C'était le premier forum organisé sur ce thème par un gouverneur général canadien. De plus, Son Excellence se charge de faire écho, auprès des instances concernées, des idées et des perspectives exposées par les jeunes. (http://www.gg.ca/gg/youth/dialogue/index_f.asp).
« Chers amis,
Le 21 mars 2007, à l’occasion de la Journée internationale pour l’élimination de la discrimination raciale, en ces lieux mêmes, dans cette salle, à Rideau Hall, se tenait un forum pour marquer le bicentenaire de la Loi d’abolition de la traite des esclaves dans l’empire britannique.
J’ai entendu alors des jeunes commémorer ce jour salutaire du 25 mars 1807 où la traite des esclaves et l’esclavage sont proscrits formellement en terre canadienne.
J’ai entendu des jeunes dénoncer avec ferveur les inégalités encore répandues entre des êtres qui ont peut-être
« une histoire différente », mais qui partagent tous « les mêmes espoirs ».
J’ai entendu des jeunes militer pour que les chaînes de la ségrégation ne se substituent pas aux chaînes de la servitude. Et, dans leurs paroles d’indignation et d’espoir, j’ai entendu aussi les cris muets de toutes ces Africaines et de tous ces Africains enchaînés, passant la Porte du non-retour vers une Amérique qui les réduirait à l’esclavage.
J’ai entendu aussi les cris de joie de mes propres ancêtres haïtiens se libérant du joug de l’oppression pour créer en 1804 la première république noire au monde.
J’ai entendu aussi les cris de soulagement de milliers d’Afro-américains fuyant l’esclavage par le chemin de fer clandestin pour trouver ici refuge et émancipation.
Par-delà ces voix, où se mêlaient et se mêlent encore souffrance et libération, j’entendais celle du révérend Martin Luther King qui, dès 1963, nous invitait tous, frères et sœurs de ce continent, sœurs et frères de ce monde, à avoir l’audace d’un grand rêve.
Qui nous invitait toutes et tous à oser « nous asseoir ensemble à la table de la fraternité ». Or, ce rêve du révérend Martin Luther King préparait l’arrivée aujourd’hui d’un Afro-américain à la Maison-Blanche.
L’assermentation du 44e président des États-Unis d’Amérique, monsieur Barack Obama, est un moment historique que nous soulignons avec allégresse.
Car, si cet événement a lieu chez nos partenaires, voisins et amis du sud, il revêt une signification symbolique d’une amplitude planétaire.
C’est une nouvelle page de l’histoire des civilisations qui s’écrit sous nos yeux et qui répond aux vœux de tant de jeunes, de femmes et d’hommes, de tous les horizons et de toutes les allégeances, de voir notre monde devenir plus juste et plus humain.
En ces temps où les plus fragiles d’entre nous sont menacés par une économie qui vacille, par la folie guerrière et par la crispation des préjugés, saluons cette vague d’espoir qui nous atteint en plein cœur.
C’est l’espoir en un monde où l’être humain retrouve enfin sa place au centre de tous les systèmes qu’il invente pour faire de la vie la plus fabuleuse de toutes les aventures.
Au nom de la population canadienne, nous souhaitons les meilleures chances de succès au nouveau président américain et nous nous réjouissons de l’accueillir bientôt au Canada dans le cadre de son premier voyage officiel. »
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Renseignements aux médias :
Marie-Ève Létourneau
Bureau de presse de Rideau Hall
613-998-0287
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