BG–09.002 - le 8 janvier 2009
Le personnel militaire représente la ressource militaire la plus importante des Forces canadiennes (FC), c’est pourquoi ses membres et leurs proches méritent les meilleurs soins et le meilleur soutien possibles. Au cours des 10 dernières années, le ministère de la Défense nationale (MDN) et les FC ont mis en place un éventail complet de programmes et d’initiatives qui favoriseront le dépistage, la prévention et le traitement des problèmes de santé mentale, tel que les traumatismes liés au stress opérationnel (TSO), qui comptent le syndrome de stress post-traumatique (SSPT).2
Aujourd’hui, le processus amélioré de dépistage suite aux déploiements, un sondage effectué auprès des militaires ayant participé à une opération internationale de 90 à 180 jours après leur retour au Canada, permet aux FC de faire le suivi des personnes ayant des problèmes de santé mentale liés au déploiement. Aux cinq centres de soutien pour trauma et stress opérationnels (CSTSO) créés à Halifax, Valcartier, Ottawa, Edmonton et Esquimalt en 1999 se sont ajouté six cliniques pour traumatismes liés au stress opérationnel d’Anciens combattants Canada (ACC) situées à Montréal, Fredericton, Québec, London, Winnipeg et Calgary, lesquelles cliniques traitent également les membres en service des FC. Le réseau de Soutien social aux victimes de stress opérationnel (SSVSO) offre un soutien aux pairs, des services de conseil familial et des services aux personnes en deuil partout au pays.
Sur le plan administratif, un conseiller spécial sur les questions de traumatismes liés au stress opérationnel coordonne la gestion des questions non cliniques liées aux TSO, telles que l’élaboration d’une campagne d’éducation visant à accroître la sensibilisation et à contrer la stigmatisation. Le Comité directeur des traumatismes liés au stress opérationnel, qui comprend des officiers supérieurs des FC, explore de nouveaux moyens de traiter les TSO, tandis que le Comité consultatif autonome sur les services de santé mentale (CCASSM), un organisme autonome du MDN et d’ACC, fait rapport sur diverses questions de santé mentale au Chef – Personnel militaire (CPM) et aux officiers supérieurs d’ACC.
Changer les attitudes
Les FC ont appris de leur expérience et devenu proactif. Les FC reconnaissent depuis un certain temps que la stigmatisation entourant la maladie mentale est une question de leadership, et elles examinent différentes façons d’instaurer une culture d’acceptation. Les données obtenues indiquent que les initiatives élaborées pour contrer la stigmatisation fonctionnent. Lors d’une réunion tenue dans le cadre du Forum États‑Unis‑Canada sur la santé mentale et la productivité, en novembre 2008, les FC ont été félicitées pour avoir réussi à réduire la stigmatisation entourant la maladie mentale, qui est devenue un problème grave qui touchant la main-d’œuvre et la productivité dans l’ensemble de l’Amérique du Nord. La hausse du financement de l’année dernière permettra entre autres de combattre la stigmatisation grâce à l’élaboration de présentations formelles et d’autres outils de communication. Un de ces exemples est la mise sur pied du Bureau des conférenciers des FC sur la santé mentale et les blessures liées au stress opérationnel, une collaboration entre le Conseiller spécial en matière de blessures liées au stress opérationnel et les Services de santé des FC, qui a élaboré une campagne nationale d’éducation visant à accroître les connaissances générales des militaires des FC, tous grades confondus, en matière de santé mentale, et à éliminer les obstacles sociaux au traitement. À ce jour, plus de 8 000 membres des FC ont obtenu de la formation et de l’éducation dans le cadre de cette campagne.
Soutenir les familles
Les FC reconnaissent les sacrifices que font les militaires et leurs familles, et s’efforcent continuellement d’être attentifs aux stress liés aux opérations militaires. Parmi les services et les programmes des FC et d’ACC auxquels les familles des militaires qui souffrent de problèmes de santé mentale ont accès, notons les services de conseil offerts dans le cadre du Programme d’aide aux membres et du programme SSVSO, diverses initiatives du Centre du MDN‑ACC pour le soutien des militaires blessés ou retraités et de leurs familles (« le Centre ») et du Centre national pour traumatismes liés au stress opérationnel, à Sainte‑Anne‑de‑Bellevue (Québec), les services d’intervention en situation de crise dans le cadre du Programme d’action pastorale à l’intention des anciens combattants et les services d’orientation offerts par plus de 40 centres de ressources pour les familles des militaires (CRFM) situés dans les installations des FC partout au pays, aux États-Unis et en Europe. Il y a des nouvelles initiatives à l’étude et visant l’amélioration du soutien aux familles et une meilleure harmonisation des services des FC et d’ACC.
Coordonner les soins
Les FC ressentent le besoin de s’assurer que tous les militaires actifs et retraités et leurs familles obtiennent un niveau de soin et de soutien acceptable, peu importe leur environnement ou leur emplacement, grâce à un commandement et à un contrôle centralisés. Dans cette optique, les FC unissent leurs efforts à ceux d’ACC pour créer une installation de soutien pour les malades et les blessés et leurs familles. Les officiers supérieurs reconnaissent que le système actuel de gestion des soins est complexe et que les militaires qui en ont besoin tireraient profit d’un système plus simple, alors qu’ils traversent les étapes de la récupération, de la réadaptation et de la réintégration dans la vie et dans l’emploi militaires ou civils.
Assurer un suivi
Les Services de santé des FC ont de nombreux moyens d’effectuer un suivi des militaires aux prises avec des problèmes de santé particuliers, comme des TSO. Tenant compte des dossiers médicaux, les FC mettent présentement au point un moyen d’assurer le suivi des militaires ayant reçu un diagnostic de TSO dans l’un des cinq CSTSO. Les Services de santé des FC entreprennent une étude qui permettra de rassembler les données provenant de la Croix‑Bleue, des dossiers des ressources humaines, du Questionnaire des recrues ainsi que d’autres sources dans le but de créer un entrepôt virtuel de données destiné à de multiples usages. Les Services de santé des FC compilent aussi actuellement les renseignements obtenus lors de l’examen médical périodique (EMP) obligatoire du personnel et du sondage de dépistage amélioré suite aux déploiements, qui comprennent tous deux un dépistage des problèmes liés à la santé mentale, à l’abus d’alcool et d’autres drogues, à la dépression et aux idées suicidaires. En outre, le Sondage sur la santé et le style de vie des membres des FC recueillit des renseignements sur la condition physique et la santé mentale. Le Système d’information sur la santé des Forces canadiennes (SISFC), dont le développement tire à sa fin, permettra une tenue de dossiers médicaux encore plus poussée.
Assurer la croissance des Forces
La pénurie actuelle de fournisseurs de soins de santé constitue un problème pour l’ensemble de la société canadienne. Quoi qu’il en soit, les FC ressentent une vive obligation de fournir des soins de santé et un soutien de qualité aux militaires malades ou blessés. Actuellement, les Services de santé des FC comptent plus de 5 600 membres de la Force régulière, de la Réserve et du domaine civil servant au Canada ou outre-mer et travaillant dans plus de 120 unités, détachements et centres de soins de santé. Les membres des Services de santé des FC entretiennent des liens professionnels étroits avec leurs homologues civils au pays et à l’étranger, s’assurant que les troupes obtiennent d’excellents soins des hôpitaux civils, des services d’urgence et de la communauté dans son ensemble. Le gouvernement fédéral a engagé 98 millions de dollars en vue de mettre en œuvre l’Initiative de santé mentale des FC qui permettra d’embaucher plus de 200 professionnels de la santé mentale supplémentaires. Entre-temps, les FC ont mis en œuvre un éventail de stratégies créatives de dotation intérimaire et de soins de santé. De plus, des fournisseurs de soins de santé militaires sont postés dans les installations aux prises avec des problèmes de personnel découlant de leur éloignement – telles que la BFC Petawawa – tandis que les bases et les centres urbains des environs prêtent main-forte au besoin.
Sur le plan de la prestation de soins et d’un soutien à ses militaires malades et blessés, les FC sont très en avance d’où elles étaient il y a dix ans. Les programmes ont été élargis et améliorés. Les officiers supérieurs se sentent davantage concernés. La culture militaire commence à changer. Nous savons que de plus en plus de commandants de tous les échelons considèrent la santé mentale comme un moyen important pour garder leurs troupes fortes face à l’adversité. Le système n’est pas parfait, et davantage de travail est nécessaire. Mais avec un engagement renouvelé de la part du gouvernement fédéral et avec les ressources nécessaires pour croître et se développer au-delà de leurs capacités actuelles, les FC garderont leur statut de chef de file dans le domaine de la santé mentale.
2 Le SSPT est un trouble anxieux qui découle d’une expérience au cours de laquelle une personne a reçu des menaces de dommages corporels graves ou de mort, a été témoin de dommages corporels graves ou d’un décès, ou a subi des dommages corporels graves. Le TSO est un trouble psychologique persistant découlant des tâches opérationnelles accomplies au cours du service militaire. Le traumatisme lié au stress opérationnel comprend un plus large éventail de problèmes que le syndrome de stress post-traumatique. Il s’agit en fait d’un terme générique qui englobe le syndrome de stress post-traumatique, d’autres troubles anxieux et la dépression.